{"id":12270,"date":"2021-06-28T06:24:18","date_gmt":"2021-06-28T04:24:18","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=12270"},"modified":"2021-06-28T06:57:47","modified_gmt":"2021-06-28T04:57:47","slug":"vue-sur-le-port-elizabeth-taylor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=12270","title":{"rendered":"Vue sur le port   &#8211; Elizabeth TAYLOR"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/port.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12271\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/port.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/port.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/port-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/port-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/port-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00c9dition Payot et Rivages . Traduit de l&rsquo;anglais par Genevi\u00e8ve Doze<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Comme <a href=\"http:\/\/sourisjaune.over-blog.com\/2020\/06\/mrs-palfrey-hotel-claremont.html\">la Souris Jaune<\/a> , je ne sais plus qui a gliss\u00e9 ce roman d&rsquo;Elizabeth Taylor dans ma biblioth\u00e8que, ni quelle impulsion j&rsquo;ai suivie pour l&rsquo;acheter , ni m\u00eame si je l&rsquo;ai vraiment achet\u00e9. Mais ce roman \u00e9tait l\u00e0, et, j&rsquo;ai pris bien du plaisir \u00e0 le lire. Ce n&rsquo;est pas une lecture tr\u00e8s facile, on se perd beaucoup parmi des personnages et j&rsquo;ai d\u00fb me faire une fiche pour m&rsquo;y retrouver. Le roman se situe en 1947 dans un petit port du sud de l&rsquo;Angleterre. Le tourisme n&rsquo;a pas encore repris et la station autrefois anim\u00e9e l&rsquo;\u00e9t\u00e9 a bien du mal \u00e0 retrouver ses touristes. Nous suivons les d\u00e9ambulations d&rsquo;un sous-officier de marine \u00e0 la retraite, Bertram, qui veut se mettre \u00e0 la peinture sans en avoir les capacit\u00e9s. En revanche, il a la capacit\u00e9 de rentrer en relation avec les habitants de la petite ville et avec lui, nous faisons la connaissance de Beth, l&rsquo;\u00e9crivaine que l&rsquo;auteure comprend certainement mieux que quiconque. Un peu absorb\u00e9e par l&rsquo;\u00e9criture de ses romans, voit-elle que sa meilleure amie Tory divorc\u00e9e et m\u00e8re d&rsquo;un petit Edward qui est pensionnaire, a une relation amoureuse avec son mari Robert, m\u00e9decin du village. Leur fille Prudence le sait et en est malheureuse, ainsi que Madame Bracey la comm\u00e8re qui tient une friperie avec ses deux filles qu&rsquo;elle tyrannise. Mais plus que ces intrigues, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des petites histoires, la galerie des personnages dont aucun n&rsquo;est caricatural et les r\u00e9flexions sur la vie qui rendent ce livre tr\u00e8s riche. Ce n&rsquo;est pas une lecture passionnante, mais on se dit souvent \u00ab&#160;c&rsquo;est si vrai&#160;!&#160;\u00bb. Une fois que l&rsquo;on a une cartographie pr\u00e9cise des lieux&#160;: le phare, le pub, la friperie, la maison de Tory et la maison du Docteur, que l&rsquo;on sait quel personnage nous parle, alors on est tr\u00e8s bien dans ce roman. Le difficult\u00e9 vient du style&#160;: c&rsquo;est un livre avec beaucoup de dialogues et on passe d&rsquo;un personnage \u00e0 un autre sans savoir tr\u00e8s bien pourquoi. \u00c0 la fin, Beth mettra un point final \u00e0 son roman, et Bertram aura fini sa toile qui est loin d&rsquo;\u00eatre un chef d&rsquo;oeuvre. Gageons que le roman d&rsquo;Elizabeth Taylor aura une meilleure post\u00e9rit\u00e9 que la tableau de Bertram. La derni\u00e8re phrase de \u00ab&#160;Vue sur Port&#160;\u00bb me semble une petite vengeance de l&rsquo;\u00e9crivaine, mais \u00e0 vous de me dire si vous l&rsquo;avez comprise comme moi&#160;!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Erreur \u00e0 propos de la vieillesse<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5520309030yMail_cursorElementTracker_1594900822513\"><em>La vie est la plus forte, songea-t-il. Elle est source de souffrance tout au long de l&rsquo;existence, et maintenant, le grand \u00e2ge venant &#8211; dans son esprit, il allait toujours venir, jamais l&rsquo;atteindre &#8211; on s&rsquo;attend \u00e0 trouver la paix, \u00e0 ce que la curiosit\u00e9 une fois \u00e9cart\u00e9e, sa place soit prise par la contemplation, les abstraction facile, le travail. Coup\u00e9 de tout ce qui m&rsquo;\u00e9tait familier, dans un endroit inconnu, je pensais pouvoir r\u00e9aliser tout ce dont j&rsquo;avais r\u00eav\u00e9 et que j&rsquo;avais voulu faire depuis ma jeunesse, lorsque j&rsquo;\u00e9tais aux prises \u00e0 chaque instant avec l&rsquo;amour, la haine, le monde, perp\u00e9tuellement impliqu\u00e9, engag\u00e9, enserr\u00e9 r\u00e9pare la vie. Alors je serai lib\u00e9r\u00e9, pensai-je. Mais \u00e0 cet instant m\u00eame, tandis que je suis ici depuis deux jours, voil\u00e0 que la mar\u00e9e monte sournoisement, commence \u00e0 me rejoindre, et je prends obscur\u00e9ment conscience que la vie ne conna\u00eet pas la paix, pas tant qu&rsquo;elle n&rsquo;en n&rsquo;aura pas fini avec moi.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Un biblioth\u00e9caire haut en couleurs<\/h3>\n<div id=\"yiv2254516379yMail_cursorElementTracker_1595002590037\"><\/div>\n<div id=\"yiv2254516379yMail_cursorElementTracker_1595002590037\"><\/div>\n<div id=\"yiv2254516379yMail_cursorElementTracker_1595002590037\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2254516379yMail_cursorElementTracker_1595002594982\"><em>Derri\u00e8re le comptoir de la biblioth\u00e8que se trouvait un vieil homme, muni d&rsquo;un tampon encreur et d&rsquo;un grand timbre ovale, au moyen desquels il menait une campagne passionn\u00e9e et bizarre contre la d\u00e9gradation des m\u0153urs. La censure qu&rsquo;il pratiquait \u00e9tait toute personnelle.(&#8230;) Le biblioth\u00e9caire qui rendait des services inestimable au lecteur avait en t\u00eate certains crit\u00e8res bien \u00e9tablis tandis qu&rsquo;install\u00e9 l\u00e0 il parcourait les pages, tripotant le timbre d&rsquo;une main. Il admettait l&rsquo;assassinat, mais pas la fornication. L&rsquo;accouchement (surtout si l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9e en mourait), mais pas la grossesse. L&rsquo;on \u00e9tait autoris\u00e9 \u00e0 supposer qu&rsquo;un amour \u00e9tait consomm\u00e9 pourvu que personne n&rsquo;y prenne plaisir. Certains mots \u00e0 eux seuls suscitaient imm\u00e9diatement le recours au timbre. Les personnages \u00e9tait autoris\u00e9 \u00e0 crier \u00ab&#160;\u00d4 Seigneur&#160;\u00bb \u00e0 la derni\u00e8re extr\u00e9mit\u00e9, mais pas \u00ab&#160;Oh, bon Dieu&#160;!&#160;\u00bb \u00ab&#160;Sein&#160;\u00bb.ne devait pas \u00eatre au pluriel. \u00ab&#160;Viol&#160;\u00bb plongeait le timbre en convulsions dans l&rsquo;encre violette.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Une remarque \u00e9tonnante au cours d&rsquo;une conversation<\/h3>\n<div id=\"yiv5807264741yMail_cursorElementTracker_1595058779242\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5807264741yMail_cursorElementTracker_1595058779425\"><em>&#8211; C&rsquo;\u00e9tait notre maison de vacances.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5807264741yMail_cursorElementTracker_1595058824877\"><em>-Mon mari aimait faire de la voile. Il avait tendance \u00e0 \u00eatre riche.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5807264741yMail_cursorElementTracker_1595058841076\"><em>&#8211; Est-ce que cela continue, o\u00f9 est-ce termin\u00e9 en ce qui vous concerne&#160;?<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5807264741yMail_cursorElementTracker_1595058867865\"><em>-Il me donne de l&rsquo;argent, comme il le devrait et le doit. On ne peut pas permettre \u00e0 un homme de garder la beaut\u00e9 d&rsquo;une femme pour lui jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle soit fan\u00e9e et remettre ensuite sa compagne sur le march\u00e9 sans qu&rsquo;elle ait rien \u00e0 vendre.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>R\u00e9flexions d&rsquo;\u00e9crivain<\/h3>\n<div id=\"yiv6709793194yMail_cursorElementTracker_1595059340957\"><\/div>\n<div id=\"yiv6709793194yMail_cursorElementTracker_1595059341126\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv6709793194yMail_cursorElementTracker_1595059344224\"><em>Je ne suis pas un grand \u00e9crivain, ce que je fais \u00e0 toujours \u00e9t\u00e9 fait auparavant, et mieux, songea-t-elle tristement. D&rsquo;ici dix ans, personne ne se souviendra de ce livre, les biblioth\u00e8ques auront vendu d&rsquo;occasion tous leurs exemplaires crasseux et les autres seront disloqu\u00e9, tomb\u00e9s en poussi\u00e8re. Et puis, en admettant que je fasse partie des grands, qui attache de l&rsquo;importance \u00e0 la longue&#160;? Quelle diff\u00e9rence cela ferait t-il aux gens qui d\u00e9ambulent dans les rues, si les romans de Henry James n&rsquo;avaient jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9crits&#160;? Ce serait le cadet de leurs soucis. Personne ne nous demande d&rsquo;\u00e9crire&#160;: si nous arr\u00eatons, qui nous implora de continuer&#160;? Le seul bienfait qui en sortira, c&rsquo;est assur\u00e9ment l&rsquo;instant pr\u00e9sent ou je me demande si \u00ab&#160;vague&#160;\u00bb vaut mieux que \u00ab&#160;faible&#160;\u00bb ou \u00ab&#160;faible&#160;\u00bb que \u00ab&#160;vague&#160;\u00bb, et ce qui doit suivre, en alignant un mot apr\u00e8s l&rsquo;autre comme on assortit des soies de couleur, un genre de jeu.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>But du mariage<\/h3>\n<div id=\"yiv8754863534yMail_cursorElementTracker_1595097302726\"><\/div>\n<div id=\"yiv8754863534yMail_cursorElementTracker_1595097302875\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8754863534yMail_cursorElementTracker_1595097311815\"><em>Je suis arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion que le vrai but du mariage, c&rsquo;est la conversation. C&rsquo;est ce qui le distingue des autres formes de relations entre relations entre hommes et femmes, ce qui vous manque le plus, bizarrement, \u00e0 la longue&#160;: le d\u00e9versement de petits riens jour apr\u00e8s jour. Je pense que c&rsquo;est le besoin foncier de l&rsquo;humanit\u00e9, beaucoup plus important que&#8230;la passion violente, par exemple.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Je suis d&rsquo;accord<\/h3>\n<div id=\"yiv3695495578yMail_cursorElementTracker_1595155868625\"><\/div>\n<div id=\"yiv3695495578yMail_cursorElementTracker_1595155868804\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv3695495578yMail_cursorElementTracker_1595155877253\">&#8211;<em> Oh, balivernes. C&rsquo;est une comm\u00e8re fouineuse avec une langue tr\u00e8s m\u00e9disante.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv3695495578yMail_cursorElementTracker_1595155915538\"><em>&#8211; Aucun \u00eatre humain n&rsquo;est jamais aussi simple que \u00e7a. Il y a toujours autre chose en plus&#8230; sa curiosit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 brid\u00e9e par les circonstances et s&rsquo;est orient\u00e9e dans des voies indignes&#8230;<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9dition Payot et Rivages . Traduit de l&rsquo;anglais par Genevi\u00e8ve Doze Comme la Souris Jaune , je ne sais plus qui a gliss\u00e9 ce roman d&rsquo;Elizabeth Taylor dans ma biblioth\u00e8que, ni quelle impulsion j&rsquo;ai suivie pour l&rsquo;acheter , ni m\u00eame si je l&rsquo;ai vraiment achet\u00e9. Mais ce roman \u00e9tait l\u00e0, et, j&rsquo;ai pris bien <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=12270\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45,133,18,49],"tags":[],"class_list":["post-12270","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-4-coquillages","category-amour-et-couple","category-litterature-britannique","category-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12270","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12270"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12270\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13604,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12270\/revisions\/13604"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12270"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12270"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}