{"id":11519,"date":"2020-08-17T06:49:15","date_gmt":"2020-08-17T04:49:15","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=11519"},"modified":"2020-08-17T12:09:33","modified_gmt":"2020-08-17T10:09:33","slug":"ghetto-interieur-santiago-h-amigorena","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=11519","title":{"rendered":"Ghetto Int\u00e9rieur   &#8211; Santiago H. AMIGORENA"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/ghetto.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11520\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/ghetto.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/ghetto.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/ghetto-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/ghetto-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/ghetto-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>\u00c9dition P.O.L.Lu dans le cadre du club de lecture de <a href=\"http:\/\/www.lourse.fr\/\">la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/a><\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/5-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11491 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/5-1.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Ce roman d\u00e9marre dans la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9&#160;: Vicente et ses amis, des juifs parfaitement assimil\u00e9es \u00e0 la vie en Argentine, regardent de loin ce qui se passe en Europe. Leurs conversations sont marqu\u00e9es par l&rsquo;humour juif qui leur donnent tant de saveur. Vicente est beau gar\u00e7on , un peu h\u00e2bleur et propri\u00e9taire d&rsquo;un magasin de meubles que son beau-p\u00e8re fabrique. Il est heureux en m\u00e9nage, et a des enfants qu&rsquo;il aime beaucoup. Sa m\u00e8re, son fr\u00e8re m\u00e9decin et sa s\u0153ur sont rest\u00e9s \u00e0 Varsovie. En 1938, il leur conseille sans trop insister de venir \u00e0 Buenos Aires. Il est content de son exil et des distances qu&rsquo;il a mises entre sa m\u00e8re qu&rsquo;il juge envahissante et lui qui se trouve bien dans sa nouvelle vie. Et, les ann\u00e9es passent, l&rsquo;angoisse s&rsquo;installe, il va recevoir trois lettres de sa m\u00e8re et il prend conscience de l&rsquo;horreur qui s&rsquo;est abattue sur les juifs europ\u00e9ens. Il se sent coupable de n&rsquo;avoir pas su insister pour que sa famille le rejoigne, il va s&rsquo;installer dans un mutisme presque complet. Sa femme comprend le drame de son mari et fait tout ce qu&rsquo;elle peut pour le ramener vers la vie, mais sans grand succ\u00e8s. Vicente est dans son \u00ab&#160;ghetto int\u00e9rieur&#160;\u00bb , comme son cauchemar r\u00e9current qui l&rsquo;angoisse tant. Il r\u00eave d&rsquo;un mur qui l&rsquo;enserre peu \u00e0 peu jusqu&rsquo;\u00e0 l\u2019\u00e9touffer, il se r\u00e9veille en prenant conscience que ces murs c&rsquo;est sa peau&#160;: il est emmur\u00e9 vivant en lui-m\u00eame. (D&rsquo;o\u00f9 le titre)<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur est le petit fils de ce grand p\u00e8re qui n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 parler. Santiago Amigorena comprend d&rsquo;autant mieux son grand-p\u00e8re que sa famille a d\u00fb quitter l&rsquo;Argentine en 1973, l&rsquo;exil et l&rsquo;adaptation \u00e0 un nouveau pays, il conna\u00eet bien. Cela nous vaut de tr\u00e8s belles pages sur l&rsquo;identit\u00e9 et une r\u00e9flexion approfondie sur l&rsquo;identit\u00e9 juive. Le th\u00e8me principal de ce roman, c&rsquo;est&#160;: la Shoah, qu&rsquo;en savait-on&#160;? Comment s&rsquo;en remettre et que transmettre aujourd&rsquo;hui&#160;?. Rien que nommer ce crime contre l&rsquo;humanit\u00e9 fait d\u00e9bat , ne pas oublier que pendant des ann\u00e9es on ne pouvait pas nommer autrement que \u00ab&#160;Solution finale&#160;\u00bb avec les mots que les Allemands avaient eux-m\u00eames donn\u00e9s \u00e0 leurs crimes monstrueux. Crime&#160;? mais ce mot suffit-il quand il s&rsquo;agit de six millions de personnes&#160;? G\u00e9nocide&#160;? certes&#160;; mais il y en a eu plusieurs en quoi celui-ci est-il particulier&#160;? Holocauste&#160;? mais ne pas oublier qu&rsquo;alors il s&rsquo;agissait d&rsquo;offrir des victimes innocentes \u00e0 un dieu. Qui \u00e9tait le Dieu des Nazis&#160;? Et finalement Shoah qui ne s&rsquo;applique qu&rsquo;au g\u00e9nocide des juifs par les nazis. C&rsquo;est si important d&rsquo;avoir trouv\u00e9 un mot exact. Un livre tr\u00e8s \u00e9mouvant qui fait revivre l&rsquo;Argentine dans des ann\u00e9es ou ce pays allait bien et qui apporte une pierre indispensable \u00e0 la construction de la m\u00e9moire de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Le genre de dialogue qui me font sourire<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8573492244yMail_cursorElementTracker_1579099054291\"><em>&#8211; Les Juifs me font chier. Ils m&rsquo;ont toujours fait chier. C&rsquo;est lorsque j&rsquo;ai compris que ma m\u00e8re allait devenir aussi juive et chiante que la sienne que j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de partir.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8573492244yMail_cursorElementTracker_1579099159176\"><em>-Compar\u00e9e \u00e0 la mienne, ta m\u00e8re n&rsquo;est pas si chiante, lui avez r\u00e9pondu Sammy, un \u0153il toujours riv\u00e9s sur les tables de billard. (&#8230;)<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8573492244yMail_cursorElementTracker_1579099228740\"><em>\u00a0&#8211; Le pire, c&rsquo;est que quand elle avait 20 ans, elle r\u00eavait d&rsquo;une seule chose, quitter le shtetl pour aller vivre en ville. Elle trouvait ma grand-m\u00e8re chiante pour les m\u00eames raisons que moi, je la trouve chiante aujourd&rsquo;hui&#8230;<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8573492244yMail_cursorElementTracker_1579099274186\"><em>-Et pourtant, chiante ou pas chiante, tu lui as fait traverser l&rsquo;Atlantique pour l&rsquo;avoir \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8573492244yMail_cursorElementTracker_1579099319937\"><em>&#8211; Oui&#8230; m\u00eame les pires choses nous manquent.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le\u00e7on de vie<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2943914503yMail_cursorElementTracker_1579099388446\">&#8211;<em>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on fait depuis la nuit des temps, non&#160;?<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2943914503yMail_cursorElementTracker_1579099423183\"><em>&#8211; On aime nos parents, puis on les trouve chiants, puis on part ailleurs&#8230; C&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a \u00eatre juif&#8230;<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2943914503yMail_cursorElementTracker_1579099430089\"><em>&#8211; Oui&#8230; Ou \u00eatre humain.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La culpabilit\u00e9<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv1652873049yMail_cursorElementTracker_1579112433303\"><em>Mais Vicente n&rsquo;avait rien fait . Il avait m\u00eame avou\u00e9 que depuis qu&rsquo;il \u00e9tait arriv\u00e9 en Argentine, il avait compris que l&rsquo;exil lui avait permis , aussi , de devenir ind\u00e9pendant, et qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas s\u00fbre de vouloir vivre de nouveau avec elle. S&rsquo;\u00e9loigner de sa m\u00e8re, en 1928, l&rsquo;avait tellement soulag\u00e9-\u00eatre loin d&rsquo;elle, aujourd&rsquo;hui, le torturait tellement.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>\u00catre juif<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv6434452360yMail_cursorElementTracker_1579159541754\"><em>Une des choses les plus terribles de l&rsquo;antis\u00e9mitisme est de ne pas permettre \u00e0 certains hommes et \u00e0 certaines femmes de cesser de se penser comme juif, c&rsquo;est de les confiner dans cette identit\u00e9 au-del\u00e0 de leur volont\u00e9 -c&rsquo;est de d\u00e9cider, d\u00e9finitivement qui ils sont.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition P.O.L.Lu dans le cadre du club de lecture de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. Ce roman d\u00e9marre dans la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9&#160;: Vicente et ses amis, des juifs parfaitement assimil\u00e9es \u00e0 la vie en Argentine, regardent de loin ce qui se passe en Europe. 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