{"id":11381,"date":"2020-06-20T06:31:31","date_gmt":"2020-06-20T04:31:31","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=11381"},"modified":"2020-06-15T10:24:56","modified_gmt":"2020-06-15T08:24:56","slug":"pourquoi-tu-danses-quand-tu-marches-abdourahman-a-waberi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=11381","title":{"rendered":"Pourquoi tu danses quand tu marches &#8211; Abdourahman A. WABERI"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/tu-danses.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11386\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/tu-danses.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/tu-danses.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/tu-danses-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/tu-danses-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/tu-danses-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>\u00c9dition JC Latt\u00e8s. Lu dans le cadre du club de lecture de\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lourse.fr\/\">la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;ai d\u00e9couvert avec ce roman cet \u00e9crivain franco-djiboutien d&rsquo;expression fran\u00e7aise qui vit entre la France et les \u00c9tats-Unis o\u00f9 il est professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Washington. Il est l&rsquo;auteur de r\u00e9cit qu&rsquo;il dit lui-m\u00eame largement inspir\u00e9 de son enfance. Dans une conversation avec sa fille, B\u00e9a, celle-ci lui demande&#160;: \u00ab&#160;Pourquoi tu danses quand tu marches&#160;?&#160;\u00bb . Cette question de sa petite fille de quatre ans fait remonter en lui une enfance \u00e0 Djibouti alors colonie fran\u00e7aise. Elle s&rsquo;appelait alors TFAI (Territoire fran\u00e7ais des Afars et des Issas). L\u2019auteur retrouve son \u00e2me d&rsquo;enfant pour raconter \u00e0 sa fille ses peurs et sa vision du monde enrichie de celle de sa grand-m\u00e8re qu&rsquo;il appelle Cochise car elle semble habiter par toute la m\u00e9moire de son peuple et d&rsquo;une sagesse qui l\u2019aidera \u00e0 surmonter diff\u00e9rentes \u00e9preuves de son enfance<\/p>\n<p>Petit gar\u00e7on, il est ch\u00e9tif et souvent souffre douleur de garnements plus pr\u00eats que lui \u00e0 se d\u00e9fendre dans un monde o\u00f9 tout n&rsquo;est que mis\u00e8re et duret\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9 sa chance est d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 ch\u00e9tif et peu capable de se d\u00e9fendre dans ce monde impitoyable. Il va s&#8217;emparer des mots et de la lecture et faire des \u00e9tudes litt\u00e9raires qui le conduiront \u00e0 sa v\u00e9ritable destin\u00e9e&#160;: celle d&rsquo;\u00eatre un \u00e9crivain francophone au charme, \u00e0 la po\u00e9sie et \u00e0 l&rsquo;humour inoubliables. Comment ne pas \u00eatre \u00e9mu et en m\u00eame temps sourire aux remerciements que l&rsquo;on trouve \u00e0 la fin de son roman qui raconte si bien combien la poliomy\u00e9lite a boulevers\u00e9 son enfance .<\/p>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv7386535512yMail_cursorElementTracker_1578311483494\"><em>\u00a0J&rsquo;adresse mes affectueuses remerciements aux femmes qui ont su me choyer pendant les jours sombres ou lumineux de l&rsquo;enfance.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv7386535512yMail_cursorElementTracker_1578311492428\"><em>Et j&rsquo;adresse mes vifs remerciements aux rampes et d&rsquo;escalier d&rsquo;immeuble, du m\u00e9tro et d&rsquo;ailleurs.\u00a0<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv7386535512yMail_cursorElementTracker_1578311580819\"><em>Sans oublier les escalators.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv7386535512yMail_cursorElementTracker_1578311582985\"><em>\u00a0Et les ascenseurs.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>Il \u00e9voque aussi la colonisation, qui semble loin de l&rsquo;enfant. Il en a accept\u00e9 les valeurs au point de croire qu&rsquo;\u00eatre fran\u00e7ais de France \u00e9tait bien sup\u00e9rieur \u00e0 \u00eatre fran\u00e7ais du TFAI&#160;! Mais cela ne l\u2019emp\u00eache pas de poser des questions et d&rsquo;entendre une autre fa\u00e7on de pr\u00e9senter la soi-disant post\u00e9riorit\u00e9 des colonisateurs. Leurs bienfaits, comme le creusement du canal de Suez a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 uniquement aux Anglais et Fran\u00e7ais pas du tout aux habitants de la r\u00e9gion. Cet aspect de ses souvenirs sont comme une toile de fond au r\u00e9cit, qui met en valeur le r\u00e9cit de cet homme qui explique \u00e0 sa petite fille combien sa vie \u00e9tait compliqu\u00e9e. Ses seules joies, il les doit \u00e0 une grand-m\u00e8re extraordinaire et \u00e0 la lecture. Rien ne l\u2019emp\u00eachait d&rsquo;aller vers la lecture. Il affrontait m\u00eame le terrible Johnny et sa bande pour qu\u00e9mander aux filles \u00ab&#160;Paris Match&#160;\u00bb ou m\u00eame \u00ab&#160;Nous Deux&#160;\u00bb pour satisfaire ce besoin d&rsquo;\u00e9vasion. Sa jalousie par rapport \u00e0 son petit fr\u00e8re qui se porte bien et qui fait de si beaux cacas est tr\u00e8s dr\u00f4le. Je suis certaine que sa petite fille compl\u00e8tement occidentalis\u00e9e a beaucoup aim\u00e9 apprendre \u00e0 conna\u00eetre son p\u00e8re de cette fa\u00e7on. Et je pense aussi que l&rsquo;on peut faire lire ce roman \u00e0 tous les jeunes fran\u00e7ais qui ont, sans doute, une vie si facile qu&rsquo;ils n&rsquo;ont aucune id\u00e9e de la chance qu&rsquo;ils ont de pouvoir r\u00e9ussir gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. L&rsquo;auteur ne cherche absolument \u00e0 faire la morale ni \u00e0 se donner en exemple mais il raconte si bien que l&rsquo;on comprend parfaitement ce qu&rsquo;il a v\u00e9cu et on part avec lui dans les environs de Djiboutis dans les ann\u00e9es soixante-dix.<\/div>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Un style que j&rsquo;aime&#160;:<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv0868616260yMail_cursorElementTracker_1578157145115\"><em>Apr\u00e8s un soupir un peu l\u00e0, d&rsquo;un \u0153il inquisiteur Maman ausculta mon visage. Elle avait senti que quelque chose ne tournait pas rond mais elle n&rsquo;en \u00e9tait pas absolument certaine. Je ne fis rien pour l&rsquo;aider. Persistant dans le mensonge, je me mis \u00e0 siffloter un petit air de mon invention. Sans le savoir, j&rsquo;imitais les grandes personnes qui se donnent un air important en traversant la nuit les ruelles de notre quartier du Ch\u00e2teau-D&rsquo;eau. Je souriais \u00e0 maman. Pour une fois. Pour la tromper. Pour garder ma douleur aussi. Ma douleur est une \u00eele d\u00e9serte, pensais-je au plus profond de moi, elle m&rsquo;appartient. Elle ne saurait se partager. Je ne m&rsquo;explique pas aujourd&rsquo;hui Pourquoi j&rsquo;ai persist\u00e9 \u00e0 mentir \u00e0 maman. Ces mots m&rsquo;auraient recousu le c\u0153ur lorsque Johnny m&rsquo;avait fait injustement souffrir, encore fallait-il que je lui confie ma peine.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Un long passage qui peut faire comprendre tout le charme de ce roman-souvenirs<\/h3>\n<div id=\"yiv6057006002yMail_cursorElementTracker_1578307063173\">\n<div class=\"jb_0 X_6MGW N_6Fd5\">\n<div>\n<div id=\"yiv4496573594\">\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv4496573594yMail_cursorElementTracker_1578307069406\"><em>Pas de doute, Ladane \u00e9tait innocente. Elle venait de la brousse, ses parents ne pouvaient plus la garder aupr\u00e8s d&rsquo;eux parce qu&rsquo;ils \u00e9taient pauvres ou morts. Je ne comprenais pas comment des adultes pouvaient faire des dizaines d&rsquo;enfants et apr\u00e8s les laisser partir o\u00f9 les d\u00e9poser ici ou l\u00e0 comme s&rsquo;ils \u00e9taient une valise encombrante. J&rsquo;\u00e9tais enrag\u00e9 par des adultes et j&rsquo;imaginais que plus jeunes, les parents de Ladane \u00e9tait de l&rsquo;esp\u00e8ce terroriste de Johnny et sa bande qui ne semaient que la violence sur leur chemin. D\u00e8s que j&rsquo;\u00e9voquais ses parents, la bonne Ladane me regardait avec des yeux de chiot apeur\u00e9 . Pourtant elle n&rsquo;\u00e9tait plus une gamine. C&rsquo;\u00e9tait une jeune femme d\u00e9sirable qui allait sur ses dix-sept ans. Enfin c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle disait \u00e0 tout le monde car elle venait de la brousse et l\u00e0-bas, dans les djebels, personne ne connaissait sa vraie date de naissance. Personne n&rsquo;avait pouss\u00e9 de chanson le jour de sa naissance. Personne n&rsquo;avait pr\u00e9par\u00e9 un g\u00e2teau comme Madame Annick pour ses enfants. Personne n&rsquo;avait pr\u00e9venu l&rsquo;imam ou l&rsquo;officier de l&rsquo;\u00e9tat-civil. Mais o\u00f9 est-ce que j&rsquo;avais la t\u00eate B\u00e9a, il n&rsquo;y avait pas de mosqu\u00e9e dans le djebel. Les ouailles devaient se d\u00e9brouiller toutes seules dans les gourbis, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans des trous dans la montagne qui n&rsquo;avait ni \u00e9lectricit\u00e9 ni vaisselle. Elles ne profitaient pas de la science religieuse pour les aider \u00e0 grandir. Je savais par grand-m\u00e8re Cochise que ces gens-l\u00e0 avaient tous les yeux un peu rapproch\u00e9s, les sourcil en accent circonflexe. Ils avaient l&rsquo;air idiot car toutes les nuits, les enfants cherchaient la lumi\u00e8re dans leur gourbi plus sombre que le cul de Satan. M\u00eame que certains n&rsquo;essuyaient pas la bave qui leur pendait aux l\u00e8vres, on les appelait les cr\u00e9tins du djebel. Ils finissaient bouchers ou assassins. Heureusement que Ladane avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la s\u00e9cheresse et \u00e0 la famine du djebel. M\u00eame si chez nous, elle devait travailler du chant du coq au coucher du soleil. M\u00eame si elle courait dans le coin de la cour qui servait de cuisine pour faire tinter les casseroles et remettre \u00e0 maman le plat de haricots blancs ou la soupe de pois chiches que mon paternel adorait. D\u00e8s qu&rsquo;elle entendait le boucan d&rsquo;enfer de la Solex de mon p\u00e8re, Ladane bondissait comme un fauve. Elle restait en faction jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du d\u00eener. Ensuite, elle devait laver les ustensiles et ranger la cuisine. Si papa la Tige laissait quelque chose au fond de son assiette, il fallait le remettre \u00e0 la matrone. Grand-m\u00e8re rappelait \u00e0 Ladane qu&rsquo;il ne fallait pas se gaver de nourriture dans la nuit car ce n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s bon pour la digestion sauf pour les enfants comme Ossobleht qui devaient se goinfrer \u00e0 toute heure et laisser comme preuves des cacas bien souples et bien malodorants. Grand-m\u00e8re adorait les humer avec joie et \u00e9motion. Elle pr\u00e9f\u00e9rait les cacas verts et jaunes d&rsquo;Ossobleh qui allait vers ses cinq ans \u00e0 mes crottes de bique. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas de ma faute si je n&rsquo;aimais pas manger, si ma jambe me faisait toujours mal, si la visite au m\u00e9decin n&rsquo;avait rien donn\u00e9 ou six cette guibole me remplissait de honte. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas de ma faute si Ladane avait atterri chez nous et si j&rsquo;aimais les yeux ch\u00e2taigne de cette fille du djebel qui \u00e9tait beaucoup plus \u00e2g\u00e9e que moi. Dans un an ou deux, grand-m\u00e8re lui trouverait un mari, un boucher du djebel peut-\u00eatre. Et moi je devais trouver un mur contre lequel j&rsquo;irai me cacher, sangloter et pousser mais lamentations \u00e0 l&rsquo;abri de la matrone.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<h3>Dialogue avec sa tante<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308466554\">\u00a0<em>\u00c0 mi-chemin de notre trajet, un ballet de gros camions b\u00e2ch\u00e9s, remplis de l\u00e9gionnaires fran\u00e7ais, est arriv\u00e9 dans le sens inverse. J&rsquo;avais le sentiment qu&rsquo;il nous d\u00e9visageaient. Mon c\u0153ur battait la chamade mais ma tante ne donnait pas l&rsquo;impression de ralentir sa course, ni de se soucier du trafic. Essouffl\u00e9, je me suis arr\u00eat\u00e9. Ma tante a fait de m\u00eame, pas contente du tout.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308618584\"><em>&#8211; Avance, nous n&rsquo;allons pas rester au milieu du trottoir.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308625145\"><em>J&rsquo;ai eu la bonne id\u00e9e de lui poser une question juste pour reprendre mon souffle. C&rsquo;\u00e9tait toujours comme \u00e7a, je devais compter sur mon cerveau quand mes jambes me faisaient d\u00e9faut.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308638058\"><em>-Pourquoi sont-ils chez nous&#160;?<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308641813\"><em>-Comment \u00e7a&#160;?<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308645501\"><em>-Mais pourquoi sont-ils arriv\u00e9s chez nous&#160;? &#8211; Parce qu&rsquo;ils sont nos colonisateurs.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308658634\"><em>&#8211; Nos co&#8230;.&#160;?<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8396665035yMail_cursorElementTracker_1578308671358\"><em>&#8211; Parce qu&rsquo;ils sont plus fort que nous.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"jb_0 X_6MGW N_6Fd5\">\n<div class=\"\">\n<div>\n<blockquote>\n<div class=\"qtd-body\"><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"yiv6057006002yMail_cursorElementTracker_1578307063173\"><\/div>\n<div id=\"yiv6057006002yMail_cursorElementTracker_1578307063173\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition JC Latt\u00e8s. 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