{"id":10881,"date":"2019-12-23T06:45:30","date_gmt":"2019-12-23T05:45:30","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=10881"},"modified":"2019-10-11T12:43:36","modified_gmt":"2019-10-11T10:43:36","slug":"les-invisibles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=10881","title":{"rendered":"les invisibles  &#8211; Roy JACOBSEN"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/les-invisibles.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10882\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/les-invisibles.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/les-invisibles.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/les-invisibles-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/les-invisibles-768x576.jpg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/les-invisibles-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Traduit du norv\u00e9gien par Alain Gnaedig<\/em><\/p>\n<p><em>\u00c9dition Folio<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/>C&rsquo;<\/a>est \u00e0 propos de \u00ab&#160;Mer Blanche&#160;\u00bb chez <a href=\"http:\/\/litterature-a-blog.blogspot.com\/2019\/08\/mer-blanche-roy-jacobsen.html\">J\u00e9r\u00f4m<\/a>e que j&rsquo;ai eu tr\u00e8s envie de d\u00e9couvrir Roy Jacobsen. Merci \u00e0 lui et \u00e0 toutes celle et ceux qui ont dit tant de bien de ce roman qui m&rsquo;a permis de d\u00e9couvrir la Norv\u00e8ge du d\u00e9but du XX\u00b0 si\u00e8cle. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 un peu \u00e9tonn\u00e9e que ce roman plaise tant \u00e0 J\u00e9r\u00f4me que j&rsquo;imagine plus tent\u00e9 par des lectures du monde urbain dur et violent. Mais je suppose que ce qui lui a plu, comme \u00e0 tout ceux qui aiment et aimeront ce roman, c&rsquo;est son \u00e9criture sans aucun pathos pour d\u00e9crire un monde d&rsquo;une duret\u00e9 incroyable. La nature d&rsquo;abord aussi grandiose que cruelle, elle ne laisse aucun r\u00e9pit aux habitants d&rsquo;une petite \u00eele du nord de la Norv\u00e8ge au sud des \u00eeles Lofoten. Les temp\u00eates d\u00e9truiront plusieurs fois le hangar que la famille essaie de dresser pour faire s\u00e9cher le poisson. Les hivers si longs que b\u00eates et hommes risquent de mourir de faim puisque la principale ressource est constitu\u00e9e par le poisson qu\u2019il faut aller p\u00eacher loin plus au nord quand le climat le permet. Sur l\u2019\u00eele voisine, plus grande et plus riche une usine ach\u00e8te le poisson pour le transformer. Et sur cette \u00eele aussi vit un pasteur au c\u0153ur sec, en tout cas trop sec pour prendre en charge deux petits qui viennent de perdre leur p\u00e8re, le directeur d\u2019usine et dont leur m\u00e8re sombre dans la folie. C\u2019est donc l\u2019h\u00e9ro\u00efne de ce roman, Ingrid qui les prendra en charge et les ram\u00e8nera sur sa petite \u00eele Barroy. Pourtant elle aussi doit faire face \u00e0 la mort de son p\u00e8re et la grave d\u00e9pression de sa m\u00e8re. Trag\u00e9dies successives mais racont\u00e9es avec une telle pudeur que le lecteur souffre en silence et respect pour le courage de ses enfants que les difficult\u00e9s forcent \u00e0 devenir adultes si vite. On suit avec angoisse les efforts de son fr\u00e8re Lars pour am\u00e9liorer le quotidien d\u2019une petite famille qui est souvent plus proche de l\u2019an\u00e9antissement que de la survie.<\/p>\n<p>Un grand moment de lecture et qui en dit long sur la duret\u00e9 des temps anciens en Norv\u00e8ge.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Je suppose que cela d\u00e9crit la crise de 29<\/h3>\n<div id=\"yiv0308545415yMail_cursorElementTracker_1567437373733\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv0308545415yMail_cursorElementTracker_1567437373904\"><em>Quel soulagement de voir un homme rentrer sain et sauf chez lui, m\u00eame s&rsquo;il arrive \u00e0 l&rsquo;improviste. Il y a la crise dans le pays et dans le monde, des faillites et des budget r\u00e9duit, des gens doivent quitter leurs ferme, d&rsquo;autres perdent leur travail, et les gars de l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;artificier dans laquelle il \u00e9tait le contrema\u00eetre a \u00e9t\u00e9 renvoyer chez eux avec mon salaire \u00e0 peine de quoi couvrir ce qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pens\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les chaises<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv4862393335yMail_cursorElementTracker_1567259454419\">Q<em>uand Barbro a grandi sur Barroy, les filles n&rsquo;avaient pas de chaises. Elle mangeait debout&#8230;..<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4862393335yMail_cursorElementTracker_1567259550476\"><em>Mais Barbro se souvenait ce que c&rsquo;\u00e9tait de ne pas avoir de chaise si bien que, le jour o\u00f9 elle eut la sienne, elle emporta partout avec elle, au hangar \u00e0 bateaux, \u00e0 la remise, et m\u00eame dans les pr\u00e9s&#160;; elle s&rsquo;asseyait dessus et observait les animaux, le ciel, les pies hu\u00eetri\u00e8res sur la rive. Un meuble \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. C&rsquo;est faire du ciel un toit et de l&rsquo;horizon le mur d&rsquo;une maison qui s&rsquo;appelle le monde. Personne n&rsquo;avait jamais fait cela. Ils ne parvinrent jamais \u00e0 s&rsquo;y habituer.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Vivre sur une \u00eele<\/h3>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Un \u00eelien n&rsquo;a pas peur sinon il ne peut pas vivre dans un endroit pareil, il lui faut prendre ses cliques et ses claques, d\u00e9m\u00e9nager et s&rsquo;installer dans un bois ou dans une vall\u00e9e, comme tout le monde. Ce serait une catastrophe, un \u00eelien a l&rsquo;esprit sombre, il n&rsquo;est pas raide de peur, mais de s\u00e9rieux.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Les temp\u00eates<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Mais, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les temp\u00eates sont br\u00e8ves, et c&rsquo;est durant l&rsquo;une d&rsquo;elles que les feuilles disparaissent. Il n&rsquo;y a pas beaucoup d&rsquo;arbres sur l&rsquo;\u00eele, mais il y a assez d&rsquo; arbustes \u00e0 baies, de bouleaux nains et de saules qui, \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, ont des feuilles jaunes qui virent au marron et au rouge \u00e0 des vitesses vari\u00e9es, si bien que l&rsquo;\u00eele ressemble \u00e0 un arc-en-ciel sur terre pendant quelques jours de septembre. Elle garde cette allure jusqu&rsquo;\u00e0 ce que cette petite temp\u00eate attaque les feuilles par surprise et les emporte dans la mer, et m\u00e9tamorphose Barroy en un animal loqueteux \u00e0 fourrure marron. Elle va rester ainsi jusqu&rsquo;au printemps, si elle ne ressemble pas alors \u00e0 un cadavre aux cheveux blancs sous les rafales et la gr\u00eale, quand la neige violente arrive , dispara\u00eet, revient encore et forme des cong\u00e8res comme si elle tentait d&rsquo;imiter la mer sur terre.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Le m\u00e9pris<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Gertha Sabina Tommesen r\u00e9ussi \u00e0 appeler Barbro \u00ab&#160;l&rsquo;idiote&#160;\u00bb trois fois pendant qu&rsquo;elle lui montre la chambre o\u00f9 elle va dormir avec l&rsquo;autre bonne, qui vient des \u00eeles elle aussi, mais qui est bien plus jeune que Barbro. Elle explique que l&rsquo;idiote doit s&rsquo;attendre \u00e0 \u00eatre appel\u00e9e \u00e0 l&rsquo;usine quand il y a des arriv\u00e9es de harengs, m\u00eame au milieu de la nuit, comme les autres femmes de la maison.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit du norv\u00e9gien par Alain Gnaedig \u00c9dition Folio C&rsquo;est \u00e0 propos de \u00ab&#160;Mer Blanche&#160;\u00bb chez J\u00e9r\u00f4me que j&rsquo;ai eu tr\u00e8s envie de d\u00e9couvrir Roy Jacobsen. Merci \u00e0 lui et \u00e0 toutes celle et ceux qui ont dit tant de bien de ce roman qui m&rsquo;a permis de d\u00e9couvrir la Norv\u00e8ge du d\u00e9but du XX\u00b0 si\u00e8cle. <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=10881\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46,133,191,167,157,4,116,76,198,49],"tags":[],"class_list":["post-10881","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-5-coquillages","category-amour-et-couple","category-civilisation-traditionnelle","category-condition-de-la-femme","category-la-mer","category-mes-preferences","category-nature","category-norvege","category-rapport-familaux","category-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10881","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10881"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10881\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10881"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10881"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10881"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}