{"id":10334,"date":"2019-04-23T07:16:09","date_gmt":"2019-04-23T05:16:09","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=10334"},"modified":"2019-03-21T08:47:06","modified_gmt":"2019-03-21T07:47:06","slug":"le-grand-jeu-celine-minard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=10334","title":{"rendered":"le Grand Jeu       &#8211; C\u00e9line MINARD"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/le-grand-jeu.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10335\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/le-grand-jeu.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/le-grand-jeu.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/le-grand-jeu-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/le-grand-jeu-768x576.jpg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/le-grand-jeu-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Lu dans le cadre du club de lecture de\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lourse.fr\/\">la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Sans mon club, je ne serai certainement pas all\u00e9e vers ce livre, et je ne suis certainement pas la personne qui convient au projet de ce roman. Plusieurs choses me sont totalement \u00e9trang\u00e8res, le manque de r\u00e9alisme dans le projet de vie en autarcie&#160;: les bambous qui poussent en une semaine, la femme qui abat vingt pins dans sa journ\u00e9e, le potager qui pousse en quinze jours &#8230; et puis cette communion avec la nature \u00e0 laquelle je n&rsquo;adh\u00e8re pas non plus, et la po\u00e9sie qui n&rsquo;est pas celle qui me touche&#160;! Il reste quoi&#160;? des textes sur l&rsquo;escalades assez r\u00e9p\u00e9titifs qui au d\u00e9but m&rsquo;ont enchant\u00e9e et puis lass\u00e9e. Est-ce que je rejette tout&#160;? Non, et surtout pas les r\u00e9flexions de cette auteure sur le sens de la vie que je trouve tr\u00e8s pertinentes, elle poss\u00e8de aussi un sens de la tension romanesque&#160;: on se demande qui est cette nonne qui vit en recluse, elle aussi, dans cette montagne. J&rsquo;ai, \u00e9galement, \u00e9t\u00e9 s\u00e9duite par certaines \u00e9vocations de la nature, par exemple, quand celle-ci devint apocalyptique, comme cet orage qui \u00ab&#160;d\u00e9place les montagnes&#160;\u00bb. Bref je ne sais ni classer ni d\u00e9finir ce roman qui certainement doit autant s\u00e9duire que d\u00e9plaire. Je me situe \u00e0 mi chemin&#160;: j&rsquo;ai aim\u00e9 certaines descriptions et certaines r\u00e9flexions, mais pas accroch\u00e9 au r\u00e9cit lui-m\u00eame .<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>But de l&rsquo;exp\u00e9rience<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548758969526\"><em>Je dois savoir si la d\u00e9tresse est une situation, un \u00e9tat du corps ou un \u00e9tat d&rsquo;esprit.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759108024\"><em>\u00a0On peut \u00eatre accroch\u00e9 \u00e0 une paroi \u00e0 trois mille quatre cents m\u00e8tres d&rsquo;altitude en plein orage nocturne sans \u00eatre en d\u00e9tresse. On peut aussi sous le m\u00eame orage nocturne se sentir au chaud au fond de son lit au c\u0153ur de la d\u00e9tresse. On peut avoir soif, \u00eatre fatigu\u00e9, bless\u00e9 sans \u00eatre en d\u00e9tresse.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759145875\"><em>\u00a0Il suffit de savoir que la boisson, la nourriture, le repos, le secours sont \u00e0 port\u00e9e de main. Qu&rsquo;on peut les atteint. Plut\u00f4t facilement.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759158537\"><em>L&rsquo;effort n&rsquo;est pas la d\u00e9tresse mais il est souvent li\u00e9.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759164809\"><em>\u00a0Il suffit d&rsquo;alimenter un alpiniste coinc\u00e9 depuis deux jours sur une vire sans eau ni nourriture \u00e0 la limite de l&rsquo;hypothermie pour que disparaisse la d\u00e9tresse.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759181880\"><em>\u00a0Le corps recouvre ses forces, l&rsquo;esprit reprend courage, l&rsquo;environnement n&rsquo;est plus un obstacle. Ni un cercueil, ni une menace.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759199695\"><em>De la m\u00eame fa\u00e7on, il suffirait de le d\u00e9placer (le descente de la vire en h\u00e9licopt\u00e8re) pour que disparaisse la d\u00e9tresse. Bien avant qu&rsquo;il soit r\u00e9hydrat\u00e9 et nourri.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759260053\"><em>Comme il suffira d&rsquo;une parole capable de changer ses repr\u00e9sentations mentales -du pass\u00e9, du pr\u00e9sent, de l&rsquo;avenir imm\u00e9diat, de sa place dans le monde- pour que disparaisse la d\u00e9tresse.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2576551398yMail_cursorElementTracker_1548759092509\"><em>La seule limite est la mort.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>De l&rsquo;utilit\u00e9 de la grammaire<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8155138878yMail_cursorElementTracker_1548759387960\"><em>Le regret engendre la d\u00e9tresse. &#160;\u00bb Je n&rsquo;aurais pas d\u00fb&#160;\u00bb est le d\u00e9but et le fond de la d\u00e9tresse. Le conditionnel tout entier, ce temps r\u00e9volu qui n&rsquo;est m\u00eame pas le pass\u00e9 est le fondement et peut-\u00eatre le cr\u00e9ateur de la d\u00e9tresse. L&rsquo;occasion qu&rsquo;elle s&rsquo;installe.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8155138878yMail_cursorElementTracker_1548759522867\"><em>\u00a0Faudrait voir ce que cette forme grammaticale entretient comme relation avec la culpabilit\u00e9 et comment. Un mode verbal peut affecter la production de glucocortico\u00efdes. Et jouer sur notre humeur.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8155138878yMail_cursorElementTracker_1548759542128\"><em>Le conditionnel introduit une illusion d&rsquo;avenir \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pass\u00e9. Il ouvre une br\u00e8che, un \u00e9ventail de fant\u00f4mes dans la n\u00e9cessit\u00e9 des faits irr\u00e9versibles, qui ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu. Il n&rsquo;y aurait pas de d\u00e9tresse sans le conditionnel. La fin, l&rsquo;\u00e9puisement, la douleur et la mort si \u00e7a se trouve, mais pas de d\u00e9tresse.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv8155138878yMail_cursorElementTracker_1548759584145\"><em>\u00a0Ou je me trompe&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les bambous<\/h3>\n<h5>(pourquoi sans \u00ab&#160;s&#160;\u00bb dans son texte)<\/h5>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv7944428472yMail_cursorElementTracker_1548760320365\"><em>Un bosquet de bambou est une arm\u00e9e invasive. Immobile, un bosquet de bambou ne fait que strier l&rsquo;espace, diffracter la lumi\u00e8re et les moindre souffles du vent. C&rsquo;est une arm\u00e9e calme, obstin\u00e9e, une assembl\u00e9e d&rsquo;esth\u00e8tes dont la pr\u00e9sence change la lune en lanterne et l&rsquo;envoie flotter parmi les cailloux. On est chez soi dans un bosquet de bambou, sous protection, camoufl\u00e9, accueilli. Le chant des oiseaux dans un bosquet de bambou remplace les musique \u00e0 corde. Assis pr\u00e8s de l&rsquo;eau dans un bosquet de bambou, buvant et fumant, on c\u00e9l\u00e8bre les trois arts avec les sept sages, po\u00e9sie, calligraphie, et musique. C&rsquo;est une bonne compagnie.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Des d\u00e9tails qui m&rsquo;\u00e9nervent comment abattre 20 arbres en quelques heures&#160;?<\/h3>\n<div id=\"yiv0252269286yMail_cursorElementTracker_1548780002485\">\n<blockquote>\n<div id=\"yiv0252269286yMail_cursorElementTracker_1548779903891\"><em>C&rsquo;est alors que j&rsquo;ai abattu les 20 pins dont j&rsquo;avais besoin, et que mon protocole de coupe est devenu si coulant \u00e0 mesure que j&rsquo;abattais que j&rsquo;inspirais , que j&rsquo; expirais, qu&rsquo;il fallut le cri de sorci\u00e8re d&rsquo;une effraie pour me sortir de l&rsquo;action. Avec un bon frisson. La nuit n&rsquo;\u00e9tait pas tout \u00e0 fait tomb\u00e9e , ce qui me parut insolite. Sans le vouloir, j&rsquo;ai repens\u00e9 \u00e0 la main de rapace que j&rsquo;avais vu sortir d&rsquo;un tas de laine sombre, et j&rsquo;ai eu un second frisson. J&rsquo;ai rassembl\u00e9 mes troncs et j&rsquo;ai commenc\u00e9 de les tirer vers le jardin. Les deux derniers, je les ai laiss\u00e9 retomber avec un vrai soulagement. Je suis all\u00e9 ranger la hache dans le module du jardinage avant de remonter, et lorsque j&rsquo;ai vu la couverture qui avait servi \u00e0 prot\u00e9ger mes semis je me suis rendu compte que j&rsquo;\u00e9tais debout depuis plus de 34 heures et je me suis ravis\u00e9e. <\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>L humeur et le mauvais temps<\/h3>\n<div id=\"yiv9158224351yMail_cursorElementTracker_1548857571103\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv9158224351yMail_cursorElementTracker_1548857571205\"><em>Je dois sortir de l&rsquo;influence du climat. Le moindre rayon de soleil est une joie pour tout, l&rsquo;esprit, la peau, les cheveux, les boyaux, les v\u00eatements, les casseroles. D\u00e8s que remonte ou retombe le brouillard, mon humeur s&rsquo;alourdit. Ce n&rsquo;est pas souhaitable. Je le subit. Je n&rsquo;arrive pas \u00e0 admettre ce rapport entre les nu\u00e9es, les m\u00e9t\u00e9ores, le ciel bas et bouch\u00e9 et le niveau de mon \u00e9nergie. Mon plafond interne se r\u00e8gle de lui-m\u00eame sur la hauteur, la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 de l&rsquo;atmosph\u00e8re ext\u00e9rieur. Je le supporte mal.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Une r\u00e9flexion int\u00e9ressante<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5610277940yMail_cursorElementTracker_1548931343361\"><em>Les pompiers, les secouriste, les m\u00e9decins, les chamans qui nous portent secours sont et doivent \u00eatre des \u00e9trangers. Cela figure dans le serment d&rsquo;Hippocrate&#160;: ne pas soigner ses proches. Parce que c&rsquo;est dangereux pour les deux parties (&#8230;)<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5354826654yMail_cursorElementTracker_1548931434053\"><em>\u00a0le type absolument \u00e0 bout de force , bless\u00e9 , d\u00e9shydrat\u00e9 , exsangue , choqu\u00e9 , au bord du d\u00e9lire d&rsquo;\u00e9puisement ne peut \u00eatre secouru que par un \u00e9tranger. Son ami, son second de cord\u00e9e, devient dans ces circonstances un \u00e9tranger , le seul lien qui l&rsquo;on est alors celui du soutien. Le plus archa\u00efque, le plus ancien, le plus involontaire des liens&#160;? Le plus neutre. Aussi neutre et aussi opaque que les mouvements des organes et la formation du f\u0153tus.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5354826654yMail_cursorElementTracker_1548931801764\"><em>Si l&rsquo;ami ne s&rsquo;oublie pas comme tel, ne s\u2019abstrait pas de sa relation envers le bless\u00e9, son soutien sera brouill\u00e9, vraisemblablement inefficace. Si le bless\u00e9 rappelle son amiti\u00e9 \u00e0 celui qui le secourt, il l&#8217;emp\u00eache. La technique du soin, quelle qu&rsquo;elle soit, interdit toute relation personnelle. Elle permet aux deux personnes de s&rsquo;en garder, de passer sur un autre plan, indiff\u00e9rent, d\u00e9saffect\u00e9, urgent. La vie ne peut \u00eatre sauvegarder que par une volont\u00e9 et un encha\u00eenement de faits aussi impersonnels que ceux qui l&rsquo;ont fait appara\u00eetre<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lu dans le cadre du club de lecture de\u00a0la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. &nbsp; Sans mon club, je ne serai certainement pas all\u00e9e vers ce livre, et je ne suis certainement pas la personne qui convient au projet de ce roman. 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