Traduit de l’al­le­mand par Olivier MANNONI

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Une énorme décep­tion, j’ai fini par lire complè­te­ment en diago­nal les derniers chapitres. Pour­quoi suis-je allée vers ce roman, parce que « Small World » du même auteur,est pour moi un excellent roman. Il y avait tout dans ce roman, l’in­ten­sité d’un polar, une réflexion sur la société et les diffi­cul­tés d’un être en prise avec un Alzhei­mer débu­tant. Et j’avais égale­ment beau­coup aimé « le cuisi­nier ». Et là rien, sauf une lenteur et une préten­tion à propos des réflexions sur le temps ! Le scéna­rio à peine digne d’un mauvais atelier d’écri­ture, un vieil homme obsédé par la mort de sa femme veut remon­ter le temps.

Comme le temps n’a pas de réalité, que seuls le vieillis­se­ment et les trans­for­ma­tions sont tangibles, il va embar­quer le narra­teur qui a, égale­ment, perdu sa femme (assas­si­née devant chez lui) dans une recons­ti­tu­tion à l’iden­tique de la jour­née d’avant la déci­sion qui a entraîné la mort de sa femme.

Et voilà , le roman, il faut retrou­ver dans les moindres détails la jour­née où le vieil homme va accep­ter d’al­ler au Tibet avec son épouse et non pas en Afrique où celle-ci attra­pera une mala­ria mortelle. Et là vrai­ment c’est d’un ennuie mortel : il leur faut mesu­rer chaque plante, chaque portion du paysage de leur rue… En même temps notre narra­teur recherche l’as­sas­sin de sa femme, et surprise, ce n’est pas la mauvaise piste sur laquelle nous étions au début, et puis surprise finale.

Non , je ne vous en dit pas plus lisez le, si vous voulez, et sachez que cet écri­vain mérite beau­coup mieux que ce roman.

On en parle

Sur Babe­lio avec plein de critiques posi­tives.

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Traduit de l’al­le­mand aléma­nique par Olivier Mannoni

5
Je ne sais pas s’il mérite ces cinq coquillages, mais je n’hésite pas à les donner , je m’explique. Ce livre m’a remis dans le même état que mes lectures d’enfant et d’adolescente, je ne voulais pas le lâcher. Je l’ai lu jusqu’à trois heures du matin, et ce matin je me suis réveillée unique­ment pour le finir. J’ai prati­que­ment pleuré à la descrip­tion de la mort de l’enfant soldat, j’ai été écœu­rée par les marchands d’armes. Il m’est arrivé de ralen­tir la lecture pour savou­rer les odeurs et les émotions !

Sans doute, en tant qu’œuvre litté­raire, il ne mérite pas autant d’éloges. Mais un livre ce n’est pas que le style, qui, par ailleurs, est bon si je peux en juger à travers la traduc­tion, mais sans inven­tion parti­cu­lière. C’est le récit qui est parfait, j’avais déjà beau­coup aimé « Small World ». Dans « Le cuisi­nier » le monde actuel est mis en scène : les réfu­giés en situa­tion presque régu­lière, la situa­tion des popu­la­tions vain­cues, ici les Tamouls, mais cela pour­rait être des Kurdes ou tout autre peuple victime à la fois d’une nation qui ne veut plus d’eux et d’une guerre de libé­ra­tion sanglante, (Les tigres Tamouls ne sont pas épar­gnés !), la crise finan­cière, les marchands d’armes , la restau­ra­tion de luxe et l’ambiance dans les cuisines étoi­lées… rien de ce qui fait les choux gras des jour­naux n’est absent de ce roman. Et tout cela mêlé à une intrigue passion­nante et une évolu­tion dans les senti­ments amou­reux peu banales. J’ai trouvé très bien la façon dont martin Suter a décrit l’opposition entre tradi­tion et mœurs occi­den­taux, rien n’est mani­chéen tout est traité avec beau­coup d’humanité.

Et je n’ai pas encore parlé du thème central : la cuisine… je pense que tout le monde aura envie d’essayer les recettes de la fin du livre, bien qu’elles semblent horri­ble­ment compli­quées à réus­sir, exemple dans le menu promo­tion :

  • Chap­pa­tis au caviar de cannelle et de calou­pilé
  • Tandoori de pous­sins fumés au bois de hêtre sur sa gelée de beurre de tomate
  • Kuffi à l’air de mangue
  • Les recettes du Love-menu, c’est encore plus compli­qué et surtout, il faut bien choi­sir le parte­naire avec lequel on les dégus­tera ….

Ce roman est traduit par Olivier Mannoni et il est si bien traduit qu’on oublie qu’il n’a pas été écrit en fran­çais !

Citations

Pour le reste, on trou­vait là un impor­ta­teur de voitures, le proprié­taire d’une agence de publi­cité et un président de banque dont la démis­sion récente n’avait pas été tout à fait volon­taire, tous avec leurs grandes, minces, blondes deuxième épouse.

- Je croyais que les castes avaient été abolies ?
- Exact. Tu dois faire partie de la bonne caste abolie.

- Mes parents ils sont morts en 1983,on a mis le feu à leur voiture.
- Pour­quoi ?
- Parce qu’ils étaient Tamouls

Oui. Mais pas du Sri Lanka que j’ai quitté. Juste celui du pays où j’aimerais reve­nir. Paci­fique et juste.

Et réuni­fié ?

..

Les trois à la fois ? Paci­fique, juste et réuni­fié ? Ce serait bien.

Et c’est ainsi que pour Mara­van, le Tamoul, prépara sans se douter de rien pour Razzaq, le Pakis­ta­nais, un repas au cours duquel se noue­rait une affaire qui, par quelques détour, permet­traient à l’armée sri-lankaise de se procu­rer des chars suisses d’occasion.

- Ce sont des gens comme Dalman qui ont ces enfants sur la conscience.
Mara­van balança la tête.
– Non. Ce sont ceux qui déclenchent ces guerres.

Eux, ce sont des idéo­logues. Bien sûr, ils sont épou­van­tables, eux aussi ; Mais pas autant que les four­nis­seurs. Ceux qui permettent les guerres en livrant les armes. Ceux qui gagnent de l’argent avec les guerres et qui les prolongent. des gens comme Dalman.

C’était un silence qui dévo­rait tout. Un silence plus puis­sant à chaque seconde qui s’écoulait. …. Et tout à coup, ce silence. Comme un bijou. Un article auquel des gens comme lui ne pouvaient pas prétendre.

Les jour­na­listes n’enquêtent pas sur les révé­la­tions de leurs collègues. Ils les reco­pient.

L’amour passe pour une marieuse peu fiable