J’aime cette auteure et je sais que je lirai toute sa série. Marie-Aude Murial possède ce talent de nous faire parta­ger la vie d’une grande partie des êtres humains de notre société à partir d’un point de vue précis. Un petit bémol, pour moi, on sent trop, dans ce récit, que l’on aura une saison 3, trop de choses sont en suspens, mais tant pis, je ne boude pas mon plai­sir. J’aime bien passer mes soirées avec Sauveur Saint-Yves et son fils, Lazare que l’on voit un peu moins dans ce tome . Ce méde­cin, psycho­logue ordi­naire donc extra­or­di­naire, quand il arrive à rendre moins malheu­reux les gens autour de lui, inau­gure un nouveau trai­te­ment « l’ham­ste­ro­thé­ra­pie ».

Citations

L’ado à problèmes

Gabin zonait parfois sur « Word offre Warcraft » pendant six ou sept heures d’af­fi­liés, de préfé­rence la nuit. D’où ses absences scolaires, surtout en début de mati­née. À partir de 11 heure, il se conten­tait de dormir en cours, la tête entre les bras. Les profs le lais­saient en paix, désar­més par sa bonne gueule un peu cabos­sée, à la Depar­dieu jeune, et son regard inex­pres­sif, qui le faisait passer pour plus crétin qu’il n’était.

L’horreur de Daesh

Racontée à la journaliste

Haddad avait 26 ans, elle était mariée à Yous­sef, profes­seur de violon. Peu après l’en­trée des djiha­distes, dans Mossoul le 10 juin, monsieur Haddad avait perdu son emploi, la musique étant inter­dite. Les hommes de Daesh avait marqué la maison des Haddad d’une lettre qui les dési­gnaient comme chré­tiens. Puis les nouveaux maîtres de la ville, circu­lant en pick-up dans les nouveaux quar­tiers chré­tiens, avaient diffu­sés ce message par haut-parleur : » Conver­tis­sez-vous, deve­nez sujets du Cali­fat. Sinon, partez sans rien empor­ter. » Refu­sant de se soumettre aux isla­mistes ;, les Haddad avaient bourré leur break. A la sortie de la ville quatre hommes les avaient fait ranger sur le bas-côté

Ils nous ont demandé de sortir du break. Ils ont pris tout ce qu’on avait dans la voiture . Puis on a pu partir.….

Racontée en toute confiance au psychologue

Elle lui raconta la terreur dans la ville, son frère Hilal, un adoles­cent d e 15 ans égorgé en pleine rue, la fuite dans le break, les hommes qui les avaient arrê­tés et sortis de force de la voiture, le violon de son mari qu’ils avaient fracassé contre une pierre, car la musique est impie, les bijoux qu’ils avaient arra­chés à ses mains, à son cou, la peur qu’elle avait eu d’être violée.…

La mère abusive pauvre Samuel !

Madame Cahen, qui,était aux aguets, avait flairé quelque chose. son fils se lavait, il cirait ses chaus­sures

- Tu te fais beau ce matin, rica­nait-elle ? « Elle » est de ta classe .

Samuel buvait son choco­lat le matin, il mettait son linge sale dans le panier ?. Sa doci­lité même était suspecte. Sa mère entrait encore plus souvent dans sa chambre sans crier gare. Elle soule­vait ses copies, ses cahiers, elle faisait du tri dans ses vête­ments, elle cher­chait elle ne savait quoi. Une lettre. Une adresse. Une photo. La trace d’une fille.

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Comme vous le voyez, je n’ai pas résisté long­temps au billet de Noukette pas plus qu’à celui de Jérôme. Ces deux là quand ils vous promettent un bon roman qui fait du bien, vous pouvez y aller, ils sont rare­ment à côté de la plaque ! J’ai tout simple­ment adoré ce roman , je l’ai avalé en quelques heures et déjà, je rêve de lire la suite. Un psycho­logue origi­naire des Antilles soigne des gens mal dans leur peau et dans leur vie. C’est un bel homme noir dont le charme ne laisse pas indif­fé­rent les femmes. Il a une clien­tèle d’en­fants et d’ados. Au retour de l’école, son fils, Lazare écoute les récits des patients. Cela permet à l’au­teur de multi­plier les points de vue sur le monde des gens qui vont mal aujourd’­hui en parti­cu­lier les adoles­cents. Nous avons le regard de Sauveur (beau prénom pour un psycho­logue) celui de Lazare son fils et aussi les propos des gens qui viennent le voir. C’est drôle, pétillant, triste souvent et tragique parfois.

La classe de CE2 de madame Dumayet fréquen­tée par Lazare vaut celle du célèbre petit Nico­las. Les cas suivis par Sauveur (et son fils) permettent à Marie-Aude Murail de mettre en scène des petits instan­ta­nés de notre monde contem­po­rain. J’ai bien aimé aussi les maladresses de Sauveur avec son fils, lui qui sait si bien comprendre les souf­frances des autres, a un peu plus de mal à voir celles de son enfant dans lesquelles il est impli­qué, évidem­ment. Cela donne un sens à l’in­trigue et au retour vers le drame de leur vie d’avant quand ils vivaient à la Marti­nique ce n’est pas la meilleure partie du roman . Autant les enfants et les ado sont passion­nants autant certains adultes sont à la limite de la cari­ca­ture.

C’est la raison pour laquelle je n’ai pas mis 5 coquillages. La raciste de service me semble sorti d’un roman de 4 sous, et le prof d’his­toire dragueur et bedon­nant (le père d’Océane) peu crédible. Le sel de ce roman ce sont les enfants et les ados qui nous le donnent et eux, pour peu que les adultes ne les écra­bouillent pas complè­te­ment, sont prêts à vivre de toutes leurs forces. Je ne sais pas si cette auteure s’adresse à des ado ou à des adultes, ce que je sais, moi qui suis loin de cet âge là, c’est que j’ai eu l’im­pres­sion de parta­ger un moment la vie de gens plus jeunes et que Marie-Aude Murail me donnait, à travers les yeux compa­tis­sants de Sauveur et de son fils, des clés pour mieux les comprendre.

Citations

Les ambiances de classe comme si on y était

L « histoire inti­tu­lée « le loup était si bête » leur avait plu. Malheu­reu­se­ment, il s’agis­sait de faire main­te­nant l’exer­cice de compré­hen­sion numéro 3 page 42.

1/​Que nous apprend le titre du texte ?

2/​Ce conte fait-il peur ?

3/​Connais-tu des contes de Loup qui font peur ?

Paul dont l’es­prit de conci­sion faisait la charme répon­dit :

1/​Le loup il est bête 2/​non 3/​oui

Problème d’orthographe

Le mardi c’était le jour d’Ella, la phobique scolaire. Lazare avait eu quelques diffi­cul­tés à obte­nir des infor­ma­tions sur ce mal étrange car il avait d’abord tapé « fobic solaire » sur Google.

le sommeil des ados (je ne savais pas ça !)

Dans tous les cerveaux il y a de la méla­to­nine qui fait dormir, mais le cerveau des adoles­cents fabrique la méla­to­nine pas à la même heure que le cerveau des adultes. Alors le soir, ils n’ont pas envie de dormir. Mais le matin, si.

J’ai un petit faible pour Océane

Pour le proverbe du jour Madame Dumayet avait choisi. :« Après la pluie , le beau temps » . Qui sait ce que veut dire ? Oui, Océane.

Il faut pas oublier son para­pluie.

Les enfants et leurs secrets

Les poule noire étran­glée et le cercueil en boîte de chaus­sures étaient allés rejoindre le monde inter­dit aux enfants, dont les secrets s’échappent par une porte entre­bâillée

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Contrai­re­ment à Marie-Aude Murail, je ne suis pas une grande lectrice de Dickens, j’avais lu un article élogieux sur cette biogra­phie. Je l’ai lue avec grand inté­rêt. Il s’agit d’un livre pour la jeunesse , il se lit donc très vite . Il a le grand avan­tage de donner envie de relire Dickens. Je savais que cet auteur avait puisé son œuvre dans ce qu’il avait vécu. On sent dans ce livre l’angoisse de Charles Dickens à l’idée de connaître à nouveau la misère de son enfance. Toute sa vie, il s’intéressera à la grande pauvreté à Londres et cher­chera à aider les autres, la clé de son oeuvre est peut être dans le sous-titre de cet ouvrage « Ouvrier à douze ans, célèbre à vingt-quatre ».

Citations

On envoie parfois Charles chez « mon oncle » parent peu recom­man­dable comme l’est « ma tante » en France

Il vient d’être arrêté. John Dickens doit la somme consi­dé­rable de quarante livres au boulan­ger. Il a été emmené dans la maison de déten­tion provi­soire qu’on appelle la « presse-éponge » … avant d’être incar­céré à la Maré­chaus­sée, la prison pour dettes.

Urania Cottage n’est pas la seule entre­prise philan­thro­pique à laquelle Charles se consacre.

On en parle

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