20160131_130735_021Traduit de l’amé­ri­cain par Béatrice Vierne. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard dans le thème décou­verte de l’Ouest améri­cain.

J’adore la dédi­cace de ce livre :

Le livre que voici est dédié à Margue­rite Cole Moomaw qui combat­tit à mes côtés dans la guerre des Gaules. Épaule contre épaule, nous avons lutté contre Jules César et les légions romaines à l’école de White­fish, tout au long de l’an­née scolaire 1919 – 1920.

4Dans une préface très agréable à lire, car elle rend très présente Doro­thy John­son, Michel Le Bris m’a appris que cette écri­vaine était, non seule­ment une jour­na­liste respec­tée, une profes­seure admi­rée mais aussi l’au­teure des nouvelles dont ont été tirés de très bons Western : « la colline des potences » et « L’homme qui tua Liberty Valance ».

À travers de courts chapitres, l’au­teure égrène ses souve­nirs et peu à peu tous les aspects de la vie de ce village s’animent. Les temps sont rudes, et les distrac­tions assez rares, mais cela n’empêche pas un vrai bonheur de trans­pa­raître à travers diffé­rentes anec­dotes. Les enfants sont livrés à eux mêmes et trouvent dans la nature de quoi satis­faire leurs envies d’aventures.

Pour gagner quelques subsides, ils mène­ront une chasse achar­née aux boites de conserves qui servi­ront à rebou­cher les trous dans les routes défon­cées du village. Ils suivent avec passion le poli­cier qui est aussi l’homme qui manie la dyna­mite pour enle­ver les souches. Ils apprennent à nager tout seuls dans des lacs superbes mais glacés. Ils courent le long des voies ferrées. Ils chassent et mangent le produit de leur chasse. Ils se méfient des étran­gers surtout quand ils parlent mal l’an­glais (comme ces Fran­çais qui ne savent pas pronon­cer le nom de leur capi­tale qu’ils appellent « Paree »). Cette auteure sait mettre de l’hu­mour dans ses récits, son dialogue avec les poules est inou­bliable, ainsi que ses diffé­rentes expé­di­tions de camping. C’est un livre revi­go­rant d’une époque révo­lue qu’elle sait ne pas trop regret­ter mais qui lui a forgé un satané carac­tère. Celui dont elle a eu besoin pour se battre dans la vie.

Citations

L’argent de poche

Il n’y avait aucune source fiable de reve­nus pour le jeunesse, voilà tout. Les commis­sions (les gens n’avaient pas besoin de télé­phone – ils avaient des gosses) se faisaient gratis pour la famille et moyen­ne­ment finances, à l’ex­trême rigueur pour les voisins, – à raison de cinq cents s’ils étaient économes et dix s’ils étaient prodigues.

Les distractions

À l’époque où je gran­dis­sais , les distrac­tions de plein air avaient deux avan­tages : on les avait sous la main et elles ne coûtaient pas cher. On manquait de tas de choses à White­fish, mais du grand air, on en avait autant qu’on voulait, et à deux pas de chez soi.

Les airelles

La raison d’être de ce petit voyage, selon les souve­nirs d’Ella, était la cueillette des airelles. ce qui paraît logique. Il y en avait à foison, elles ne coutaient rien et elles faisaient de déli­cieux desserts. D’ailleurs, il fallait avoir une bonne raison de se lancer dans une pareille expé­di­tion ; à cette époque, les gens n’ai­maient guère recon­naître qu’ils faisaient quelque chose unique­ment pour s’amu­ser.

La période P.P

On pour­rait appe­ler cette période P;P. – pré- plas­tique. Il n » y avait pas de ces petits sacs ou pots trans­pa­rents si commode pour empa­que­ter vos affaires. Pas de sachets en plas­tique pour ranger vos maillots de bain mouillés , vos torchons mouillés, vos tout ce que vous voulez mouillés. Pas de déter­gents. Ce n’était pas seule­ment avant le plas­tique ; c’était avant le Nylon, les postes à tran­sis­tors, les briquets, les bombes aéro­sols, le papier collant, les stylos à bille et les livres de poche. Quand vous vouliez rembal­ler vos affaires après un repas, les usten­siles étaient trop gras, trop noirs de fumée et trop chauds.

Jouir du confort

Il va sans dire qu’en tant que campeuse, je n’avais pas le feu sacré, autre­ment je ne repen­se­rais pas à toutes mes expé­riences dans ce domaine avec un si profond soula­ge­ment à l’idée qu’elles sont défi­ni­ti­ve­ment révo­lues. D’un autre côté, si je n’avais pas de tels souve­nirs, je ne pour­rais pas à l’heure actuelle, jouir aussi volup­tueu­se­ment des hôtels de luxe. Comment appré­cier véri­ta­ble­ment l’élé­gance des cock­tails ou des escar­gots au beurre d’ail si l’on n’a jamais été au bord de la nausée en essayant de faire descendre un déjeu­ner de lard et de crêpes froides.

L’adolescence

D’ailleurs dans les années 1920, les adoles­cents n’avaient pas encore été inven­tés. Il y avait seule­ment, des grands enfants, des petits enfants et des bébés.

La belle mère

Ce n’était pas que ma mère eût une passion pour sa belle mère, une vieille dame dépour­vue de tact, qui l’avait un jour remer­ciée de lui avoir envoyé une photo­gra­phie de moi en écri­vant : » Elle vous ressemble, mais elle est néan­moins très mignonne ».