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Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Bour­dier.

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La couver­ture du livre laisse rêveuse ! Le roman vaut mieux que la couver­ture, mais quand même ! Tout le temps de la lecture, j’ai pensé à la petite maison dans la prai­rie. La saga de la famille fondée par Matthew et Callie Soames se déroule dans le Missouri au début du 20° siècle. Le roman est divisé en six parties, la première est consa­crée à la famille puis, les cinq suivantes aux person­nages prin­ci­paux : le père, les trois filles aînées et la mère. C’est un procédé roma­nesque que j’aime bien, cela permet de chan­ger de point de vue sur les mêmes faits. Les cinq parties consa­crées aux person­nages permettent de suivre leurs amours. Il est vrai que c’est un peu plus complexe que je ne l’avais imaginé au début de la lecture et même le père, profes­seur rigou­reux et mora­li­sa­teur se laisse parfois aller à des idées d’adultère et d’amours illi­cites avec une élève !

La vie rurale semble très agréable, on y cueille des fruits en abon­dance, on fait beau­coup de confi­tures, on se baigne dans la fraî­cheur des rivières, on cite et on lit beau­coup la bible. Je cari­ca­ture un peu car le roman est plus inté­res­sant que ces premières impres­sions. IL y a bien ce côté idéal du monde rural, mais les person­na­li­tés sont minu­tieu­se­ment décrites et cachent des fêlures qui les inscrivent dans la réalité de la vie. La sœur aînée, par exemple Léonie, qui fait tout bien et qui risque de rater sa vie à force de dévoue­ment pour­rait être un person­nage passion­nant à la limite de la perver­sion, mais ce n’est pas le style de cette auteure : on reste dans la gentillesse un peu guimauve.

Ce livre avait été un best-seller et était retombé dans l’oubli, je serai surprise qu’il connaisse de nouveau un grand succès en France.

Citations

De plus on lui avait ensei­gné l’humilité. Dans l’étroite pers­pec­tive de son milieu, la simple conscience de soi ressor­tis­sait à la vanité. « Car qui veut s’élever sera abaissé et qui se veut humble sera loué »

Regar­dant autour d’elle, elle savoura toute la beauté de ce paysage fami­lier. Toute cette beauté ! Dieu aimait tant le monde …. Oh même si elle ne devait jamais aller au ciel, tout cela suffi­sait : cette merveilleuse terre, avec son soleil, ses matins glorieux et avec toujours quelque chose à attendre et espé­rer…
- Merci, dit-elle en regar­dant le ciel clair.
Puis elle rega­gna la maison pour aller prendre son petit déjeu­ner. (c’est la fin du livre !)

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Encore « un cadeau » de mon club de lecture de Dinard. Je ne connais­sais pas cet auteur et ce roman d’amour est un petit joyau. J’ai ri, toute seule en le lisant hier soir , il n’a pas comblé une insom­nie, il m’a empê­chée de dormir, il était hors de ques­tion que je ne le termine pas avant de dormir. Il est vrai qu’il se lit très vite, c’est comme une bouf­fée de plai­sir. Le style est origi­nal, les person­nages sont vivants et sympa­thiques, et l’histoire très touchante. Les notes en bas de page sont très drôles. Ce qui m’a complè­te­ment charmé, ce sont les petits tableaux de la vie quoti­dienne, moi qui ne sais jamais quoi boire dans un café, j’ai beau­coup ri, lorsque Fran­çois réflé­chit à ce que Natha­lie va choi­sir à leur première rencontre.
J’ai quand même une sérieuse réserve sur la promo de son livre, on dirait un clip pour un chan­teur : link.

Citations

Exemple de notes en bas de page

Les sièges sont si étroits au théâtre. Markus était fran­che­ment mal à l’aise. Il regret­tait d’avoir de grandes jambes, et c’était là un regret abso­lu­ment stérile

La loca­tion de petites jambes n’existent pas.

Les idées de François, lors de la première rencontre au café

Un thé ce n’est guère mieux. À peine rencon­trés et déjà s’installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu’on va passer des dimanches après midi à regar­der la télé­vi­sion. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui ; le thé c’est incon­tes­ta­ble­ment une ambiance belle-famille.

Des phrases que j’aime

Il y a peut-être une dicta­ture du concret qui contra­rie en perma­nence les voca­tions.

Markus sortit du bureau aussi stupé­fait que le soleil pendant une éclipse.

Des formules que je retiendrai

Oui il était marié. Il nageait dans ce qu’il appe­lait la vie conju­calme.

L’auteur nous parle

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« Le dernier des justes » est certai­ne­ment un des livres qui m’a le plus marqué. Je ne l’ai pas relu depuis long­temps, mais je ne l’ai pas non plus oublié. On retrouve dans ce livre post­hume toute les douleurs des juifs polo­nais. Mais on y lit aussi celle du survi­vant qui « porte le deuil de tout un peuple ». J’apprécie beau­coup le style d’André Schwarz-Bart. Et même si ce livre n’est pas complè­te­ment abouti on y retrouve la saveur des villes juives-polo­naises d’avant, le poids de la reli­gion et des contes et l’horreur abso­lue quand l’Allemagne nazie s’abat sur la Pologne. On sent que les mots ne lui suffisent plus.

En lisant ce livre on sent l’émotion de l’écrivain, il sait nous la faire parta­ger :

« Est-ce que ça sert à quelque chose de racon­ter l’horreur abso­lue ?».

Citations

Elle savait aussi que la vie est un éter­nel­le­ment recom­men­ce­ment, ce pour­quoi tous les nouveau-nés portaient un pli à la lèvre infé­rieure : ce pli léger était la trace du doigt que l’Ange posait sur la bouche de tous les enfants du monde, afin d’effacer le souve­nir de leur vie anté­rieure.

Il pensa aux montagnes de chair partie en fumée et il crut que sa respi­ra­tion s’arrêtait. Il se planta devant le miroir et dit ; « Que fais-tu là, ta place n’est pas ici, tu sais bien où est ta place. Elle est avec les tiens ; tu es un juif mort. »

La seule simpli­cité de l’Holocauste était celle-ci ; les juifs étaient morts pour rien, stric­te­ment pour rien, une bouf­fée déli­rante dans le cerveau d’un homme quel­conque, Adolf Hitler… C’était l’impression fonda­men­tale qu’il conser­vait de cette époque ; les gens mouraient sans comprendre terras­sés par l’absurde.

4
Il y a vrai­ment de très bons moments dans ce livre. On est pris par la descrip­tion des deux person­nages : Annette, femme du nord de la France que la vie n’a pas beau­coup épar­gnée et Paul, paysan qui vit dans une ferme du Cantal, entouré de deux oncles et d’une sœur qui aura bien du mal à faire de la place à l’intruse. La descrip­tion du monde paysan m’a fait penser au film de Raymond Depar­don « profil paysans : le quoti­dien, et la Vie moderne.

Autant les person­nages sont bien décrits autant l’histoire est juste esquis­sée, c’est un peu dommage. La langue est éton­nante souvent plai­sante, le voca­bu­laire est parfois très (trop ?) recher­ché.

Citations

Exemples de mots qui m’ont étonnée

À l’automne, toute honte bue, ils vinrent à rési­pis­cence ( ?) devant des confi­tures de fruits rouges. 

Nicole brodait avec gour­man­dise sur telle ou telle gourle ( ?) notoire.

Belle phrase

…. des vieux garçons il est vrai pour la plupart ensau­va­gés de soli­tude et de bois­son, après la mort des parents.

Le roman débute par une très belle évocation de la nuit à la campagne

La nuit de Fridière ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suin­tait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effa­çait les chemins, gommait, broyait.

On en parle

link.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Renaud Morin.

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Au programme de mon club de lecture, je ne l’ai pas terminé. Je suis toujours un peu ennuyée quand je dois dire que je n’ai pas trop appré­cié un livre. Encore plus cette fois, car j’ai vrai­ment aimé le début, j’ai appré­cié l’humour, le person­nage « cafouilleux » et puis peu à peu je me suis lassée de cette histoire trop compli­quée. Je pense aussi, que les réfé­rences litté­raires qui sont le véri­table inté­rêt du livre m’échappent car je connais mal les écri­vains clas­siques améri­cains.

4
Ce roman date de 1999 (et visi­ble­ment il a été beau­coup lu étant donné l’état du livre). Il traite de façon claire de la sexua­lité et de la néces­sité abso­lue de se servir des préser­va­tifs. Il raconte aussi très bien, comment une jeune fille de quinze ans peut tomber amou­reuse d’un adulte, du moins en être persua­dée. Les jeunes doivent retrou­ver leur façon de réagir dans le jour­nal de Delphine. Il faut le conseiller à tous les adoles­cents car il est agréable à lire et dit des choses essen­tielles sur l’amour et la sexua­lité.

Traduit de l’anglais (Austra­lie) par Marie-France Girod.

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La lecture des blogs m’a conduite à ce livre. Je dois avouer que je n’ai pas du tout été sensible à la construc­tion roma­nesque : c’est la mort qui sert de narra­teur et évidem­ment de 1939 à 1943 elle a du travail, la mort ! J’ai parti­cu­liè­re­ment été agacée par les effets d’annonce qui se répètent à chaque début de chapitre :

La jongle­rie se termine, mais la lutte se pour­suit. J’ai dans une main Liesel Memin­ger, dans l’autre Max Vanden­burg. Bien­tôt je les réuni­rai dans une même scène, lais­sez moi encore quelques pages.

Je ne sais pas si cela aide les adoles­cents à lire plus faci­le­ment, si oui, tant mieux. À la moitié du livre, quand la famille vivant dans une toute petite ville alle­mande , cache un juif, j’ai été prise par l’histoire. Le roman décrit de façon origi­nale le nazisme, la peur, la faim, la pénu­rie, les bombar­de­ments la guerre, les jeunesses hitlé­riennes. Une fois de plus on comprend que si l’horreur de la guerre n’avait pas atteint les alle­mands dans leurs villes et si leurs propres enfants n’avaient pas été tués à Stalin­grad où ailleurs, peu d’entres eux auraient douté de leur Führer. J’ai souri en lisant le passage où Max le juif caché dans la cave, peint les pages de « Mein Kampf » en blanc pour écrire son propre livre dessus.

Citations

Le temps était long pour Max Vander­burg dans son envi­ron­ne­ment de ciment.

Les minutes étaient cruelles.

Les heures étaient des puni­tions.

Quand il était éveillé, le sablier du temps se déver­sait au-dessus de lui et mena­çait de l’étouffer. On peut faire beau­coup de mal à quelqu’un en le lais­sant vivre.

Visi­ble­ment la guerre brouillait la fron­tière entre la logique et la super­sti­tion.

On en parle

link.

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Je ne pense pas qu’il faille attendre de cet auteur une vérité histo­rique, mais il sait si bien embar­quer son lecteur dans le grand siècle qu’on prend un réel plai­sir à lire ce livre. et comme lui, on prend parti pour Fouquet (avec La Fontaine et Madame de Sévi­gné) contre Louis XIV et surtout Colbert. L’image de mon livre d’histoire d’école primaire de Colbert se frot­tant les mains avant de se mettre au travail pour le bien de la France et de son roi, en a pris un sérieux coup. Pour Paul Morand, si Colbert se frot­tait les mains, c’etait surtout pour amas­ser une fortune person­nelle, pour lui et ses enfants.L’écrivain saura émer­veiller son lecteur par la descrip­tion de la fête donnée à Vaux pour le Roi, le passion­ner par le récit du procès qui tint en haleine la France des lettres de ce temps, et enfin l’émouvoir en lui racon­tant le sort de celui qui fut pour­suivi par l’injustice royale.

Citations

Louis XIV, avec amer­tume, pense à Versailles qui n’a pas d’eau ; il n’a jamais vu pareil surgis­se­ment, cette féerie de sources captées, ces nymphes obéis­sant à d’invisibles machines. Il se fait expli­quer comment la rivière d’Anqueil a été domes­ti­quée, resser­rée dans des lieux de tuyaux d’un plomb précieux. Fouquet ne lui dit peut être pas que ce plomb appar­tient à l’Etat, vient d’Angleterre sans payer de douane, mais Colbert le dira au roi. Car Colbert est là, dégui­sant sa haineuse passion, qui observe tout, envie tout.

Vaux, énorme échec pétri­fié ; mais ce n’est pas l’échec d’un fou, ce fut le décor d’une réus­site parfaite, qui n’a duré qu’une seule soirée, celle du 17 aout 1661.

Si même il fut malhon­nête et damnable, Fouquet, du moins, était géné­reux et bon, tandis que Maza­rin, Colbert, Séguier, la Montes­pan, bien d’autres héros de ce temps, furent à la fois malhon­nête et méchants.

Fouquet est l’homme le plus vif, le plus natu­rel, le plus tolé­rant, le plus brillant, le mieux doué pour l’art de vivre, le plus fran­çais. Il va être pris dans un étau, entre deux orgueilleux, secs, prudents, dissi­mu­lés, épura­teurs impi­toyables.

2
Je comprends bien pour­quoi ce livre a été proposé au club de lecture : beau­coup d’entre nous sommes des grand-mères. J’adore être grand-mère et je raconte (trop sans-doute) les bons mots de mes petits enfants, mais de là à en faire un livre … bref je vais bien vite oublier ce livre sans grand inté­rêt.

Citation

Les pleurs d’un nour­ris­son ne ressemblent à aucune sorte de pleurs. Ils défient la raison par leur dispro­por­tion.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laura Dera­jinski.
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Connais­sez- vous beau­coup de libraires qui vous promettent de vous rembour­ser le livre s’il ne vous plaît pas ? Mon libraire l’a fait, mais il ne me le rembour­sera pas , car le trajet Paris Saint-Malo m’a semblé si court, la campagne bien petite et les vaches trop paisibles grâce à ce livre.
J’ai pensé à Une année à la campagne – Sue HUBELL. Cette fois c’est un homme qui se retrouve seul et au lieu d’élever des abeilles, ils se lancent dans l’élevage des bisons, c’est plus mascu­lin ! J’ai beau­coup appris sur les grandes plaines améri­caines et les grands espaces font toujours un peu rêver.
L’élevage de bovins sur ces terres semble une bien mauvaise solu­tion, pour les paysans qui ne s’en sortent jamais, et pour les sols détruits par l’élevage. Les bisons sauvages vivaient sur ces terres et sont adap­tés à ce milieu.J’ai souri aux réflexions de son voisin Indien (40 kilo­mètres plus loin !), et à ses diffi­cul­tés devant deux adoles­cents qui préfèrent la télé­vi­sion à l’effort physique.

Citations

Depuis que les vaches ont été implan­tées dans les Grandes Plaines du Nord, elles ont consommé le patu­rage de façon anor​male​.Et là j’ai compris ce qui clochait avec les vaches. Ce n’est pas qu’elle aient un problème. C’est juste qu’ici, sur les Grandes Plaines, elles ont l’air d’ëtre peintes sur le paysage, ne pour­ront jamais en faire partie. Elles sont comme une sorte de touriste ongulé et, à les élever, je me sentais comme un guide qui passe­rait son temps à traduire les menus et à indi­quer les toilettes.

La nour­ri­ture et l’industrie c’est un peu une alliance contre nature.

Les Indiens ont attendu long­temps pour voir les bisons de l’homme blanc sur leurs terres…

À mon grand éton­ne­ment, ils arri­vaient à regar­der les mêmes films indé­fi­ni­ment. frus­tré, je me suis tourné vers Jill, qui avait élevé un ado et survécu à l’épreuve.

On en parle

Site pour en savoir plus sur les bisons de Dan O’Brien et ache­ter de la viande : link.