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Je suis rare­ment aussi sévère dans mes juge­ments. Vous pour­rez trou­ver un lien vers deux sites où ce roman a été appré­cié. C’est simple, je déteste tout. Et surtout ce qui fait, sans doute, le charme de ce livre pour ceux et celles qui aiment, la présence de l’écrivain qui explique aux lectrices ou aux lecteurs la créa­tion de ses person­nages. C’est insup­por­table, comme cette manie d’annoncer que l’histoire conti­nue et que le pire vous attend au chapitre suivant. Et tout ça pour quoi ? Une histoire d’amour où un homme trompe une femme et lui fait croire qu’il veut un enfant. Alors qu’il est marié et que sa femme attend un enfant. C’est sordide, mais telle­ment peu inté­res­sant qu’il faut toutes les contor­sions de l’écrivaine pour un faire un roman. J’ai lu les critiques de Cunei­page et Cathulu mais je ne suis toujours pas convain­cue.

Citation

Mais l’histoire me pousse en avant, elle voudrait se préci­pi­ter et ne plus entendre parler de mes gloses et de mes digres­sions ; elle, ce qu’elle aime­rait, c’est prendre toute la place, s’étendre de tous les côtés, elle voit bien que je suis inquiète à l’idée de ce qui reste à racon­ter mais elle s’en balance, elle s’en fout des mauvais romans comme des bons, elle est comme le temps lui-même , comme l’année qui commence et qui ne dispose que d’un nombre finis de jours, tu vas y aller. Raconte !

On en parle

link et link.

5
Voici le livre respon­sable du long silence de Luocine. Deux semaines sans rajou­ter un livre sur mon blog ! Sans aucune hési­ta­tion, je mets Alias Cara­calla dans mes préfé­rences. Ce n’est pour­tant pas un roman. C’est parfai­te­ment écrit, cet essai nous permet de suivre, jour après jour, les efforts de Jean Moulin pour unifier la résis­tance. C’est peu de dire que tous les coups sont permis. J’ai lu ce livre en me docu­men­tant sur l’internet pour mieux comprendre ce qui s’était passé dans ces années là. Et comme dans le site que j’indique, j’ai perdu un ami lorsque dispa­raît Jean Moulin.En fili­grane du récit on voit l’évolution de Jean Cordier, son enga­ge­ment derrière Maur­ras son évolu­tion face aux trahi­sons de sa famille poli­tique, et sa prise de conscience des ravages de l’antisémitisme. Ce passage est souvent cité,tant il est sobre et en même temps très beau.J’ai passé trois semaines intenses loin du monde présent, mais j’ai mieux compris les consé­quences sur la poli­tique de notre pays. La page est aujourd’hui tour­née mais pour comprendre l’opposition de Mitter­rand au Géné­ral de Gaulle, je pense qu’il faut lire ce livre. Il n’en parle pas : Mitter­rand n’est pas encore dans la résis­tance quand le livre s’achève mais l’opposition de de Gaulle aux partis tradi­tion­nels est très bien décrite. Les hommes des partis de la IIIe répu­blique ont dû ressen­tir tout son mépris face à leur inac­tion et à leurs divisions.J’ai été égale­ment très sensible à l’effort de mémoire que fait cet homme de 90 ans aujourd’hui pour se souve­nir exac­te­ment de ce qui s’est passé. Pendant ces trois années sans aucun doute les plus impor­tantes de sa vie. On le sent taraudé par un souci de vérité à l’heure près. À travers son regard, la résis­tance semble bien fragile et le fait d’hommes autant isolés que déter­mi­nés à combattre.

Citations

Le secret de notre zèle tient dans la promesse de notre enga­ge­ment au combat dès que nous serions prêts. Cet objec­tif nous fouette. Partout et toujours, nous sommes volon­taires pour les mêmes taches rebu­tantes ? Notre seul objec­tif, depuis notre arri­vée en Grande-Bretagne, est la vengeance.

Je suis le témoin de cette négo­cia­tion diffi­cile. Cela me permet de fran­chir une étape déci­sive dans mon évolu­tion poli­tique. Elle me révèle combien mes cama­rades et moi sommes privi­lé­giés d’être pris depuis deux ans par la France libre et à quel point la situa­tion des résis­tants métro­po­li­tains est misé­rable en compa­rai­son….. Une évidence me saute aux yeux : la gauche que j’ai tant combattu, incarne seule l’espoir de chan­ger leur condi­tion.

J’ai envie de l’embrasser pour le remer­cier de tout : son présent, son retour, l’homme qu’il est Mais *Rex n’est pas quelqu’un que l’on embrasse. En dépit de son sourire et de sa gentillesse, son regard creuse un abîme entre nous.

En appro­chant du café, je vois venir à moi, serrés l’un contre l’autre, un vieillard accom­pa­gné d’un jeune enfant. Leur pardes­sus est orné de l’étoile jaune. … Je finis par comprendre que si cette vision mati­nale m’est telle­ment insup­por­table c’est parce qu’elle fait de moi un bour­reau : elle trahit l’humanisme, la frater­nité entre les hommes que je me vante de prati­quer dans le chris­tia­nisme. Comment ai-je pu deve­nir anti­sé­mite ? … Dans cette bras­se­rie incon­nue, j’ai l’impression de m’être à jamais débar­rassé du fardeau de mon éduca­tion.

On en parle

Link.

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Si une certaine presse vit et vit bien des succès des stars, c’est qu’elles font vendre. Ce livre peut, donc plaire aux fans du cinéma améri­cains. Chaque photo est l’occasion de racon­ter, la vie d’un acteur ou actrice célèbre, d’un film connu dans le monde entier, d’une série vue et revue à la télé­vi­sion d’un enre­gis­tre­ment d’une chan­son que tout le monde peut reprendre en chœur. Dans ces condi­tions, c’est diffi­cile de rendre en photo le pour­quoi du succès d’un lieu, par exemple : pendant les quatre saisons –le dernier épisode datant du 21 mars 2005-, le hard rocker et sa tendre famille ont vécu dans un très beau manoir de Beverly Hills. Les fans conti­nuent de s’y rendre, comme s’il s’agissait de célé­brer un grand moment de la télévision.En regar­dant la photo du portail en bois et du mur rose caché par deux palmiers, je me suis dit que je n’irai sûre­ment pas faire comme-si… Pas plus que je n’irai à Viper-Room voir l’endroit où l’acteur River Phoe­nix est mort d’une over­dose d’héroïne et de cocaïne, le 31 octobre 1993. Alors, peut-être à Bihan (est-ce le breton qui a inspiré le nom de cette boutique ?) pour voir la boutique la plus chère du monde et l’allure d’une chemise à 15 000$ !Quand j’ai fermé le livre, j’ai lu que Sylvie Robic avait eu un coup de foudre pour Los Angeles, je ne peux pas dire qu’elle a su me le faire parta­ger, mais comme je le disais au début, si j’adore le cinéma et les séries, je n’ai rien d’une fan.
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Cette auteure a une place à part dans ma biblio­thèque, dans une période diffi­cile pour moi j’ai lu L’encre du poulpe, je m’y suis complè­te­ment retrou­vée et ce livre m’a aidée à ressor­tir du noir absolu. Depuis, je lis tout ce qu’elle écrit, à chaque fois j’ai des bons moments sans être convain­cue par l’ensemble du livre.Dans Chan­son des Mal-Aimants, j’aime bien certains moments de vie de Laudes-Marie mais pas le roman sans que je sache bien expli­quer pour­quoi. On suit la vie de cette enfant aban­don­née et albi­nos, ses drames et aussi ses moments de bonheur.

Citations

Le début est superbe

Ma soli­tude est un théâtre à ciel ouvert. La pièce a commencé voilà plus de soixante ans, en pleine nuit au coin d’une rue. Non seule­ment j’ignorais tout du texte, mais je suis entrée seule en scène, tous feux éteints, dans une indif­fé­rence univer­selle. Pas même un arbre ni un oiseau pour enjo­li­ver le décor.

Sitôt née, j’ai été confié au hasard. Certes, ce n’est pas la plus fiable des nour­rices, le hasard, mais ce n’est pas la pire. Père et mère, d’un commun désac­cord en temps décalé, n’ont pas voulu de moi.

Très beau passage

J’aimais les mots comme des confi­se­ries raffi­nées enve­lop­pées dans du papier glacé aux couleurs chatoyantes ou du papier cris­tal trans­lu­cide qui bruit sous les doigts quand on les déplie. Je les lais­sais fondre dans ma bouche, y répandre leur saveur. Mes préfé­rés étaient les mots qu’il fallait croquer ainsi que des nouga­tines ou des noix grillées et cara­mé­li­sées, et ceux qui déga­geaient un arrière-goût amer ou acidulé. Certains mots me ravis­saient, pour la trou­blante douceur de leur suffixe qui intro­dui­sait de l’inachevé et un sourd élan du désir dans leur sens : « flaves­cence, efflo­res­cence, opales­cence, rubes­cente, arbo­res­cence, lumi­nes­cence, déhis­cence … » Ils dési­gnaient un proces­sus en train de s’accomplir, très inti­me­ment, secrè­te­ment… et j’avais forgé un mot sur ce modèle : « amou­res­cence ». Dans l’espoir que par magie de ce vocable neuf un peu d’amour naîtrait dans le cœur évanoui de ma mère, et dans le mien, tout encroûté de larmes et de colère.

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5
J’ai rare­ment été aussi boule­ver­sée par un livre. J’en ai lu chaque page, chaque ligne, chaque mot avec une inten­sité de plus en plus forte au fur et à mesure des chapitres. La quatrième de couver­ture l’annonce, l’auteure cherche à cerner la folie de son père au fil des 26 lettres de l’alphabet.

Elle s’aide du jour­nal qu’a tenu son père et de ses souve­nirs d’enfance entiè­re­ment marqués par la mala­die de son père maniaco-dépres­sif. Pour moi, dans ce livre tout n’est que souf­france et comme aucune solu­tion ne semble possible, ni l’intelligence de son père, ni l’amour de ses filles, ni l’amour que les femmes lui ont porté, on se sent terrassé.

Il faut aussi souli­gner la beauté de l’écriture qui rend cette histoire lisible.

Citations

À la lettre « D » Disparu

Quand je disais « mon père » cette année-là, les mots tenaient bon, je ne sais pas comment le dire autre­ment, j’avais l’impression de parler la même langue que les autres, d’habiter un monde commun (alors que d’ordinaire, pronon­çant ces deux mots, je voyais s’ouvrir un écart infran­chis­sable …… « mon père » c’est-à-dire mon délire, ma détresse, mon dément, mon deuil, mon disparu).

À la lettre « M » Mouton noir

… comme si, après toutes ces années, au seuil de sa nuit, il avait appris à jouer avec l’ombre en lui, renoncé à « faire comme tout le monde », à faire comme si, accepté cette figure impo­sée, ce portrait de lui en brebis galeuse, en bouc émis­saire, en mouton à cinq pattes, que sais-je encore, accueilli sa folie et trouvé par là le désir et l’espoir de ne plus en souf­frir, seul, toujours, diffé­rent, encore, mais apaisé.

Dans le journal de son père

J’avais pour­tant été un bon marin, mais la mala­die avait fait de moi un danger public.

L’auteure parle

link.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valé­rie Le Plou­hi­nec.
3
Les filles doivent adorer, les garçons je suis moins sûre. J’ai trouvé cet avis sur un blog :

C’est le livre que j’ai le moins aimé… et de très loin ! ! Cette histoire est étrange, certains éléments n’ont ni queue ni tête, la plupart des person­nages sont moyen­ne­ment réus­sis et l’héroïne est vrai­ment nunuche. De plus comment peut-on être amné­sique et oublier quatre ans de sa vie en tombant dans des esca­liers ? Il faut vrai­ment ne pas être dégourdi ! ! Ce livre est plus pour les filles.

Person­nel­le­ment, j’ai trouvé ce livre agréable à lire, mais je suis une fille ! À la suite d’un trauma crânien Noémie est partiel­le­ment amné­sique et quatre années de sa vie se sont effa­cées. Elle est confron­tée à sa vie de lycéennes. Ses amours vont s’en trou­ver quelque peu pertur­bées ! Aucun person­nage n’est cari­ca­tu­ral et si tout finit bien, la complexité de la vie réelle est bien racon­tée.

Citation

Même si nous n’avions jamais été ensemble comme des amou­reux, je l’aimais. Je l’aimais. Je l’avais toujours aimé, je crois bien. Pour tout vous dire, c’était un peu un fardeau de le savoir.

Je me souviens des porcs-épics que j’avais regar­dés avec papa le soir où j’avais cru que Will allait peut-être mourir. Pas la partie sur l’aspersion d’urine. Le moment où ils se regar­daient dans les yeux. Nous n’en étions pas encore là, Will et moi.(Personnellement, j’espérais ne jamais arri­ver au stade du pipi)

On en parle

Link.

Dans une autre vie, j’enseignais le fran­çais aux étudiants étran­gers. En 2003 une jeune Chinoise a écrit ce texte. J’ai respecté son ortho­graphe , car je trouve que cela rajoute du charme au texte.

Je vrai­ment rien vais dire .… c’est un jour ennyeux . Quelque ques­tions inutiles appa­raît dans ma tête…

Pour­quoi.

Pour­quoi tu peux avoir une pizza chez toi plus vite qu’une ambu­lance ?

Pour­quoi des gens commandent un double chee­se­bur­ger, des grandes frites et coke light ?

Pour­quoi le mot abri­via­tion est si long ?

Quand la nouri­ri­ture de chien est nouvelle avec un goût amélioré , qui l’a testé ?

Si voler est sécu­ri­taire, pour­quoi l’aéroport s’appelle le « termi­nal » peut-être je ne peux pas dire ça… je vais prendre l’avion bien­tôt … c’est mon termi­nal… ? mon dieux …

C’est mieux si j’arrêt ici .. je pense que c’est un bon moment pour termi­ner ma texte stupide.

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Traduit de l’anglais par Karine Reignier.

3
Owen Matthews, jour­na­liste corres­pon­dant de guerre part à la recherche du passé de ses parents. Sa mère, fille de digni­taire sovié­tique exécuté lors des purges de 1937 a été élevée en orphe­li­nat. Son père épris de culture Russe, tombera amou­reux de sa mère en 1963, lors d’un séjour dans un pays qui le fascine. Ils se marie­ront fina­le­ment en 1969 après un combat qu’ils ont cru l’un et l’autre souvent perdu tant les obstacles étaient impor­tants. Plusieurs récits se mêlent donc :

  • celui du fils, narra­teur, qui vit dans la Russie contem­po­raine, il connaî­tra l’horreur de la guerre en Tchét­ché­nie et tous les excès de ce pays aujourd’hui
  • Celui de sa mère qui a connu les tragé­dies de la guerre , les orphe­li­nats russes, la famine…
  • Celle de son père, cet intel­lec­tuel typi­que­ment britan­nique qui a dû lutter contre le KGB pour épou­ser celle qu’il aimait au péril de sa carrière univer­si­taire.

Sans être passion­née par ce livre, je l’ai trouvé inté­res­sant et sûre­ment proche des person­nages réels, parfois les situa­tions sont telle­ment incroyables que j’aurais aimé un souffle plus roma­nesque. Je trouve que Makine, et bien sûr, Solje­nit­syne savent mieux racon­ter la Russie sovié­tique. Au milieu des horreurs que les enfants ont connues, j’ai bien aimé que sa mère lui dise « Il faudra que tu parles des gens bien » comme ce direc­teur d’orphelinat qui a accepté qu’on ne sépare pas les deux sœurs. Et j’ai alors pensé au livre de Makine : La vie d’un homme inconnu.

Citations

La sentence a été exécu­tée dès le lende­main, soit le 14 octobre 1937. Le bour­reau y a apposé un vague gribouillis. Les bureau­crates méti­cu­leux qui se sont char­gés de l’instruction ayant négligé d’indiquer l’endroit où Boris Bibi­kov fut enterré, ce tas de papier lui tient lieu de sépul­ture.

Pour­tant, lorsqu’ils se sont enfin retrou­vés, mes parents ont constaté que leur amour s’était presque tari. Mué en encre, il s’était figé sur les milliers de feuilles qui s’empilent main­te­nant au fond d’une malle, dans le grenier d’un petit pavillon londo­nien.

Ma mère a passé une grande partie de sa vie à attendre des jours meilleurs. Ses parents ont été arrê­tés lorsqu’elle avait trois ans. Dès cet instant, le régime sovié­tique s’est chargé de son éduca­tion, mode­lant ses pensées, sinon son âme. L’avenir radieux était à portée de main, expli­quait-on à sa géné­ra­tion, mais, tel un dieu aztèque, il ne saurait être atteint sans sacri­fices : il faudrait faire couler le sang et subor­don­ner la volonté de chacun au bien de tous.

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Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie-lise Marlière.

2
Je n’ai pas du tout été sensible au charme celto-irlan­dais de ce roman. Tout se passe dans la brume ou sous la pluie, les person­nages sont tous pour le moins bizarres. Et pour couron­ner le tout, l’héroïne tombera amou­reuse de son père dont elle aura un enfant. On découvre les tinkers (gitans irlan­dais) qui sont évidem­ment reje­tés de la popu­la­tion séden­taire.

J’ai, évidem­ment, quelques diffi­cul­tés à accep­ter la passion amou­reuse entre un père et une fille, mais ce n’est pas la seule raison de mon peu d’intérêt pour ce livre. L’ambiance géné­rale ou rien n’est clair ni logique, doit être néces­saire pour faire accep­ter l’inceste, mais cela ne donne pas beau­coup d’intérêt à cette histoire ; par exemple savoir si sa mère est ou n’est pas une selkie (sirène) ne m’a pas beau­coup passion­née.

Citations

Les reli­gieuses char­gées des travaux domes­tiques …. lavaient le linge avec du vinaigre blanc. De cette façon, les élèves s’endormaient en se rappe­lant qu’on avait donné du vinaigre à boire au Christ avant qu’il ne fût cruci­fié

- Finvarra… Oui ça lui va bien. C’est le nom du roi des fées de l’Ulster.

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Traduit de l’anglais par France Camus-Pichon

4
Voici mon premier thril­ler, je n’ai réussi à le finir que, parce que j’ai lu le dernier chapitre avant la fin : le suspens étant presqu’intolérable pour moi.

L’idée du roman­cier est géniale : imagi­ner un « Sérial killer » commet­tant ses crimes en Russie sovié­tique en 1953. La date est impor­tante, pour ce roman là aussi, la mort du « petit père des peuples », permet une fin plus heureuse que celle à laquelle le person­nage prin­ci­pal s’attendait. Par un curieux hasard, j’avais lu très peu de temps aupa­ra­vant, un livre témoi­gnage : les enfants de Staline se passant à la même période, j’ai eu une impres­sion étrange : comme si j’avais gardé en mémoire le cadre, l’arrière plan dans lequel l’imaginaire morbide de celui-ci pouvait se déployer.

Si ce roman reste une pure fiction, il n’empêche que la pein­ture de l’Union Sovié­tique sous Staline, de la famine en Ukraine en 1933, des méthodes de la police secrète, des inter­ro­ga­toires des suspects si vite coupables, des orphe­li­nats… en fait tout l’intérêt. L’enquête elle-même est passion­nante, la réalité du pays y est inti­me­ment liée. Comme dans toute enquête, le héros devra lutter contre tout le monde ou presque pour que la vérité appa­raisse dans un pays où le meurtre n’existe plus, contrai­re­ment aux pays capi­ta­listes.

On ne peut pas conseiller Enfant 44 aux âmes sensibles car le meur­trier y est parti­cu­liè­re­ment abomi­nable, mais tous les amateurs de thril­ler doivent (vont) adorer. Si ce livre n’est pas dans mes Préfé­rence, c’est unique­ment à cause de la violence des crimes. J’ai mis quelques temps à m’en remettre !

Citations

Ces rumeurs de meurtre proli­fè­re­raient comme du chien­dent au sein de la commu­nauté désta­bi­li­se­raient ses membres, les inci­te­raient à douter d’un des prin­cipes fonda­men­taux sur lesquels repo­sait leur nouvelle société : La délin­quance n’existe plus.

On en parle

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