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Je lis peu de roman poli­cier mais je me laisse parfois tenter par mes amies blogueuses. J’ai lu celui-ci après avoir l « article Aifelle et d’autres que je n’ai pas hélas eus le temps de noter. J » étais, égale­ment dans le grand nord avec Paolo Rumiz quand j’ai lu vos billets. Je commen­çais donc à être impré­gnée par la culture « Sami ». Je me souviens aussi des écrits de Paul Emile Victor : les lapons qu ils décri­vaient me fasci­naient, et je suis contente que cette icône soit décrite posi­ti­ve­ment dans ce roman.

J ai quelques réserves sur le côté roman poli­cier. Je m’explique : les méchants sont vrai­ment des horreurs : fascistes, pervers , pédo­phile et violeur pour l’un. Alors que les person­nages posi­tifs sont plus dans la nuance. Et du coup plus inté­res­sants.

Et puis comme toujours dans un poli­cier il faut que l’intrigue avance au rythme de l’enquête. Je me suis même demandé si l’auteur ne s’était pas senti obligé à prendre cette forme de récit pour nous sensi­bi­li­ser à cette civi­li­sa­tion qui a à peu près entiè­re­ment disparu. Parce que je dois le dire je n’ai aucune réserve sur tout ce que nous appre­nons sur cette région et les habi­tants. La nuit et le froid polaires rendent la vie à peu près impos­sibles mais les Sami ont su pendant des siècles s’adapter au climat et à la géogra­phie. La reli­gion est venue leur ôter des croyances fondées sur la nature puis les fron­tières des séden­taires ont réduit à presque rien le noma­disme et enfin le « progrès » les a ruinés de l’intérieur .

L « enquête permet de suivre les diffé­rences attaques dont ont été victimes les Samis et la façon dont il leur est impos­sible de s’en sortir. Malheu­reu­se­ment pour eux, ils ne sont pas orga­ni­sés en nation – j’ai pensé aux Kurdes- et leur sous-sol est riche en mine­rai. Face à l’attrait de béné­fices consé­quents les pensées chari­tables vis à vis d’ethnie qui veulent garder un mode de vie nomade en respec­tant la nature ont bien peu de poids. Cet écri­vain a vrai­ment du talent pour nous racon­ter tout cela et comme tous ceux qui aiment les poli­ciers ont salué ses quali­tés je comprends le succès « du dernier lapon ».

Citations

La transmission orale

Le cri d’Aslak pétri­fia le jeune garçon lapon dans sa barque. Il recon­nut , fasciné , terri­fié, la voix de gorge d’un chant lapon. Il était le seul ici à pouvoir en saisir les paroles. Ce chant, lanci­nant , guttu­ral, l’emmenait hors de ce monde. Le joïk deve­nait de plus en plus haché , préci­pité. Le Lapon condamné aux feu de l’enfer voulait dans un dernier élan trans­mettre ce qu’il devait trans­mettre.
Puis la voix se tut. Le silence s’imposa. Le silence s’imposa. Le jeune lapon aussi resta silen­cieux. Il avait fait demi tour , voguant la tête pleine des râle­ments du mourant. Son sang avait été telle­ment glacé qu’il avait été saisi d’une évidence. Il savait ce qu’il devait faire. Et ce qu e, après lui , son fils devrait faire. Et le fils de son fils.

La nuit polaire

Demain, entre 11h14 et 11h41, Klemet allait rede­ve­nir un homme, avec une ombre. Et, le jour d’après, il conser­ve­rait son ombre quarante deux minutes de plus. Quand le soleil s’y mettait, ça allait vite.

Les frontières

Mon grand-père a dû arrêté l « élevage (des rennes) parce que la route de la trans­hu­mance avait été coupée par ces fichues fron­tières. Et les trou­peaux ont été concen­trés de part et d’autre des fron­tières . Des tas de conflits ont commencé comme ça. Et si tu veux mon avis, ces fron­tières ont tué beau­coup d’éleveurs.

Les conflits entre les éleveurs et les autres

Les utili­sa­teurs veulent pouvoir se bala­der dans les montagnes quand ils ont des congés, comme pour le week-end de pâques, qui est l’un des plus beaux week-end de la région , avec encore beau­coup de neige partout et beau­coup de soleil Les Norvé­giens de la côte partent en famille en scoo­ter pour trois ou quatre jours dans leur petit caba­non sur la toun­dra , le long du fleuve. Mais c’est l’époque où les femelles rennes mettent bas, et le s trou­peaux ne doivent abso­lu­ment pas être déran­gés, sinon les femelles peuvent aban­don­ner leur faon et ça occa­sionne de grosse perte pour les éleveurs . Donc conflits.

Le progrès

Aslak leur avait dit . Vous avez trop de rennes . C’est pour ça qu’il vous faut de si grands pâtu­rages.. Et qu il y a tant de conflits. Mai sils répon­daient qu’il fallait beau­coup de rennes pour payer les frais, les scoo­ters, les quads, les voitures , le camion abat­toir, la loca­tion de l « héli­co­ptère. Tu ne comprends pas , disaient-ils , toi tu as à peine deux cents rennes.
Aslak les regar­dait . Et il disait :j ai deux cent rennes et je vis.

On en parle

« à sauts et à Gambades  » et encore une fois avec de belles images et chez Hélène lectu­ris­sime

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