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J’aime bien lire à propos de la guerre 1418 . Je crois qu’on ne comprend bien l’Europe qu’en partant de cette guerre là. J’ai lu des livres d’historiens qui m’ont fait une très forte impres­sion comme la grande guerre des fran­çais de Jean-Baptiste Duro­selle.

Le travail d’un roman­cier qui prend cette guerre comme sujet n « est pas si simple , quoi dire sur un sujet que nous connais­sons si bien. Eche­noz prend le parti de la sobriété et du déta­che­ment , je suppose pour mieux faire ressor­tir l’horreur brutale de la guerre. En choi­sis­sant quatre destins, il nous offre , un mort, deux handi­ca­pés à vie, un fusillé. Et à l’arrière un enfant sans père et une usine de chaus­sures qui profite bien la guerre

J « ai trouvé que l’auteur semblait peu convaincu par son sujet et donc son roman ne m’a pas beau­coup touchée. On y retrouve, pour­tant tout ce qu’on a entendu sur cette période.

Citations

Le tocsin

Le tocsin, vu l’état présent du monde, signi­fiait à coup sûr la mobi­li­sa­tion. Comme tout un chacun mais sans trop y croire, Anthime s’y atten­dait un peu mais n’aurait pas imaginé que celle-ci tombât un samedi.

Genre de discours du début de la guerre, il sonne vrai

Vous revien­drez tous à la maison, a notam­ment promis le capi­taine Vats­sière en gonflant sa voix de toute ses forces. Oui, nous revien­drons tous en Vendée. Un point essen­tiel, cepen­dant. Si quelques hommes meurent à la guerre, c’est faute d’hygiène. Car ce ne sont pas les balles qui tuent , c’est la malpro­preté qui est fatale et qu’il vous faut d’abord combattre. Donc lavez-vous, rasez-vous, peignez-vous et vous n’avez rien à craindre.

L’équipement et les abérations des décisions de la hiérarchie militaire

… Un casque censé proté­ger l’homme plus sérieu­se­ment, mais dont les modèles initiaux étaient peints en bleu brillant. Quand on les a coif­fés, on s’est d’abord bien amusés de ne plus se recon­naître tant ils étaient couvrants. Quand ça n’a plus fait rire personne et qu’il est apparu que les reflets du soleil produi­saient d’attrayantes cibles, on les a enduits de boue comme on l’avait fait l’an passé pour les gamelles.

L’horreur de la guerre

Canon tonnant en basse conti­nue, obus fusants et percu­tants de tous calibres, balles qui sifflent, claquent , soupirent ou miaulent selon leur trajec­toire, mitrailleuses, grenades et lance-flammes, la menace est partout : d’en haut sous les avions et les tirs d’obusiers, d’en face avec l’artillerie adverse.…. Dans l’air empesté par les chevaux décom­po­sés la putré­fac­tion des hommes tombés puis du côté de ceux qui tiennent encore à peu près droit dans la boue, l’odeur de leur pisse et de leur merde et de leur sueur, et de leur crasse et de leur vomi.….

Et Eche­noz conclue, c’est ce genre de phrase où on sent son déta­che­ment

Tout cela ayant été décrit mille fois , peut-être n’est-il pas besoin de s’attarder encore sur cet Opera sordide et puant.

On en parle

Jostein, par exemple

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