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Livre offert par les éditions Kero

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Un livre éton­nant que je n’aurais jamais lu sans Babe­lio qui attend donc de moi une critique. Je sais qu’en vous révé­lant le sujet beau­coup d’entre vous vont se dire :« très peu pour moi ! » Il me reste donc à vous donner envie. Grâce à l’auteur peut-être , puisque son premier roman que je lirai certai­ne­ment , a été encensé par la critique (« le Fils » prix Goncourt du premier roman) ?

Le sujet : un homme de théâtre et musi­cien, décide de monter un spec­tacle autour de l’accordéoniste Yvette (Odette dans le roman ) Horner. Yvette Horner ! ! ! ! Je la croyais morte depuis long­temps , elle repré­sente exac­te­ment tout ce que je déteste : la télé de Guy Lux , les arri­vées du tour de France , les reprises du petit vin blanc après les repas trop arro­sés. Bref ! Je la trouve « vulgaire » … Le mot est lâché.

Le roman raconte cette curieuse rencontre entre un metteur en scène plus habi­tué à la musique contem­po­raine et cette artiste très âgée , au début son juge­ment sur Odette n’est pas très loin du mien. Sauf que lui, il connaît la scène et d’emblée, il sait que, si elle a eu, et a encore, autant de succès c’est qu’elle possède « quelque chose » qu’il veut montrer encore une fois au public. Et là, j’avoue que le roman m’a diable­ment inté­res­sée. Je me suis deman­dée pour­quoi Yvette Horner et sa musique était aussi popu­laire . Je n’ai pas la réponse , il y a là un mystère d’une rencontre d’un style de musique et d’une femme avec un public, son public ! à qui elle donne tout.

Le deuxième inté­rêt de ce roman c’est de se rendre compte à quel point le désir de monter sur scène peut doper l’énergie d’une très vieille femme. Et comme le metteur en scène, j’ai été fina­le­ment triste que l’âge l’emporte sur l’énergie.

Au début du livre , l’auteur m’a pas mal éner­vée en ne mettant pas de noms à ses person­nages et en parlant de lui à la troi­sième personne. Je ne suis pas tota­le­ment conquise par son style mais j’ai bien aimé son récit. C’est triste, et je me demande encore pour­quoi il a voulu faire ce spec­tacle. Ma réponse, mais ce n’est que mon point de vue : pour comprendre ce qui rend une artiste popu­laire ! Il n’aurait pas eu sa réponse, même s’il avait réussi à la faire jouer une dernière fois, car, selon moi, la popu­la­rité d’Odette est celle d’une époque dépas­sée. Cette France-la n’existe plus sauf dans les banquets du quatrième âge à la campagne ou dans les maisons de retraite.

Citations

Les moments après les spectacles

Ensuite , il y a l’ivresse de tous les après-spec­tacles , quand les artistes cherchent âpre­ment à prolon­ger les vertiges du jeu, entre scène et resto, entre dieux et cham­pagne, entre adré­na­line et aban­don.

Les deux mondes culturels qui se croisent

Le metteur la tenait d’ailleurs pour cela une vieille légende hasbeen et de mauvais goût , un cliché d’art popu­laire. Si elle passait à la radio ou à la télé il zappait .

Il sautait machi­na­le­ment tout article la concer­nant , sauf que, pas de risque, Odette était bien trop popu et trop people pour appa­raître souvent sur Arte, Mezzo, France-culture, France-musique. Ou dans les colonnes de son libé et de son Monde quoti­dien.

Les lueurs d’étoiles

Quand une étoile se dégrade, elle émet dans le désordre, avec par moments des silences et à d’autres de très violentes émis­sions d’énergie. On y est. Après la musique sans son, après les soli­loques incer­tains et les préludes indé­cis , une énorme bouf­fée d’harmonies et rythmes jaillit.

La fin

Il ne reste plus rien en elle de l’artiste éche­ve­lée de tout à l’heure pendant le raccord. Odette n’est plus qu’une vieille affreu­se­ment vieille.

On en parle

Mot à mot qui a reçu ce livre par le mmême canal que moi.

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