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Traduit de l’espagnol par Fran­çois Maspero.

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Le mois de septembre, c’est le mois de mon anni­ver­saire donc le mois où je reçois des livres souvent merveilleux. L’an dernier, ma sœur m’a offert « l’ombre du vent ». Étant donné ce que j’en avais lu sur les blogs, je me suis préci­pi­tée mais voilà, parfois je lis mal et trop vite et je me suis perdue dans les méandres de cette histoire. Cette année, j’avais plus de temps et j’ai abso­lu­ment été capti­vée du début jusqu’à la dernière page. J’aurais voulu que le plai­sir dure encore… Je me deman­dais pour­quoi il ne m’avait pas séduit tout de suite. C’est simple on ne peut pas le lire trop vite. L’intrigue est complexe les histoires très imbri­quées les unes dans les autres. En prenant mon temps tout s’est éclairé, en plus c’est un tel hymne à la lecture au plai­sir des livres que tous les lecteurs se retrouvent à un moment ou à un autre dans les person­nages. Ma sœur avait raison ce livre ne pouvait que me plaire.

En toile de fond, les violences de la guerre civile espa­gnole avec toutes ses horreurs ! Si le livre est souvent sombre et tragique, il est aussi plein d’humour, le person­nage de Firmin et de son immense amour pour toutes les femmes est à la fois tendre et drôle. Les histoires d’amour sont très belles et passion­nées (nous sommes en Espagne !) La tendresse des pères pour leur enfant est émou­vante.

Bref un très beau roman qui suit les méandres complexes de la litté­ra­ture, on y retrouve beau­coup de clins d’œil litté­raires, ce qui ne rend pas le roman pédant pour autant.

Citations

L’un des pièges de l’enfance est qu’il n’est pas néces­saire de comprendre quelque chose pour le sentir. Et quand la raison devient inca­pable de saisir ce qui se passe autour d’elle, les bles­sures du cœur sont déjà trop profondes.

Ces gens qui voient le péché partout ont l’âme malade, et si tu veux vrai­ment savoir, les intes­tins aussi. La condi­tion de base du bigot ibérique est la consti­pa­tion chro­nique.

Elle a même appris à broder et on m’a dit qu’elle ne s’habille plus en Simone de Beau­voir

Le problème, c’est que l’homme, pour en reve­nir à Freud et utili­ser une méta­phore, fonc­tionne comme une ampoule élec­trique : il s’allume d’un coup et refroi­dit aussi vite. La femme, elle, s’est scien­ti­fi­que­ment prouvé, s’échauffe comme une casse­role. Peu à peu, à feu lent, comme la bonne fricas­sée. Mais quand elle est chaude, personne ne peut plus l’arrêter.

La femme, c’est Babel et Laby­rinthe. Si vous la lissez réflé­chir, vous êtes perdu. Souve­nez-vous-en : cœur chaud, tête froide. L’a b c du séduc­teur.

La vie dans la rue est brève. Les gens vous regardent avec dégoût, même ceux qui vous font l’aumône, mais ce n’est rien comparé à la répu­gnance qu’on s’inspire à soi-même. C’est comme vivre atta­ché à un cadavre qui marche, qui a faim, qui pue et qui refuse de mourir.

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