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Traduit de l’anglais britan­nique par Nelly PERONNY.

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Excellent roman, on est bien avec Jack et Sally autant quand ils se disputent que lorsqu’ils s’entendent bien. Ce roman nous fait rire, sourire et nous émeut souvent. Je pense que ceux qui peuvent lire en anglais ont beau­coup de chance car ils doivent être, plus que nous, sensibles aux maladresses de langue. La traduc­trice essaie de nous en donner un peu l’idée mais c’est toujours compli­qué ce genre de jeux de mots, évidem­ment !

Donc voilà, Jack veut deve­nir Anglais, mais alors un Anglais pur jus ! Il a quelques handi­caps, il est juif d’origine alle­mande, il s’appelle Rosen­blum, quand il est vrai­ment en colère les jurons sortent en alle­mand, sa femme Sadie adore parler alle­mand et surtout cuisine parfai­te­ment des spécia­li­tés qui lui viennent de sa mère et grand-mère et qui n’ont rien à voir (heureu­se­ment !) avec la cuisine britan­nique. Le pire de tout : il n’est pas admis dans les clubs de golf où les juifs ne sont pas les bien­ve­nus. C’est oublié que Jack ne s’arrête jamais à des détails d’aussi piètre impor­tance, puisqu’on ne l’admet pas sur les terrains de golf, il construira le sien.

J’ai tout aimé dans de livre, l’évocation de la campagne anglaise, la pein­ture des habi­tants du Dorset, les animaux dont-il faut avoir peur (le cochon laineux par exemple !), et par-dessus tout la façon dont l’auteur rend compte des diffi­cul­tés d’assimilation de la première géné­ra­tion d’immigrés. Sadie ne peut pas oublier les siens empor­tés par la Shoa mais grâce à ses talents de cuisi­nière le village finira par l’adopter, elle et sa mémoire à jamais meur­trie. Jack veut deve­nir plus Anglais que n’importe quel Anglais il rédige un code de 151 règles. Fina­le­ment, il forcera, grâce à son courage -celui de creu­ser seul la terre du Dorset pendant un mois- l’admiration des villa­geois et lui permet­tra de deve­nir un des leurs.

J’aime que l’antisémitisme anglais soit épin­glé sans que cela devienne lourd ni tragique, je trouve que c’est encore plus effi­cace : le fameux humour britan­nique ! Lisez le passage où Jack vend sa maison de Londres sans aver­tir sa femme pour réali­ser son rêve, c’est savou­reux.

Citations

Si vous ne pouviez pas traire la vache du voisin, il vous suffira de possé­der une vache. Aucun club de golf ne voulait de lui, il n’aurait qu’à construire le sien.

Cette boîte conte­nait tout ce qui lui restait de l’avant : une demi-douzaine de photographies…un vieux livre de prières … ainsi que le livre de recettes de sa mère et une serviette en lin blanc pliée avec soin.

« Sadie tâche donc d’être heureuse. »

Il n’avait pas compris. Malgré les années, il n’avait toujours pas compris. « Je ne veux pas être heureuse »

« Mein Gott ! Constam­ment de bonne humeur ! Ce n’est pas normal. Tu ne pour­rais être un peu malheu­reux, une fois de temps en temps ? Nous aurions peut-être enfin des choses à nous dire après tant d’années !

- La colère affleu­rait dans sa voix, à l’immense satis­fac­tion de Sadie ? Enfin elle le tenait. « Tu es comme un rayon de soleil à un enter­re­ment. »

Jack eu un petit rire nerveux. « Et alors, où est le mal ? »

- Tout le monde veut du beau temps pour un mariage, mais, pour un enter­re­ment, le ciel devrait au moins la décence de se couvrir. Juste par respect. »

Jack finit son pain, déco­cha un regard las à sa femme et sortit de la cuisine »

Sadie lut la recette à voix haute : « Mélan­gez les œufs, la bonne dose de sucre, de la farine en quan­tité suffi­sante et juste ce qu’il faut de vanille »

Voyez, voyez ! C’est pour cette raison que l’Angleterre est un grand pays. Dieu vous a donné les meilleures terres de golf au monde. C’est la provi­dence. »

On en parle

Chez la souris jaune , je sais où elle a trouvé ce roman !

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