Traduit de L’italien par Natha­lie Bauer.
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Je suis un peu déçue par ce livre dont j’avais lu des critiques très posi­tives sur les blogs. La première partie sur le mal-être de deux adoles­cents est vrai­ment inté­res­sante et proche de ce que vivent certains jeunes. Mais lorsqu’ils deviennent adultes, ils ne trouvent guère de solu­tions, même si on le comprend (dans la vie ça se passe parfois comme ça) cela rend le roman très triste. La fin est frus­trante car on a l’impression que l’histoire ne se termine pas.

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Au programme du club de lecture, ce livre se lit faci­le­ment. Un père a voulu se donner une stature de héros aux yeux de sa fille. L’écrivain chargé de racon­ter sa vie, n’a pas su faire parler son propre père qui était lui, un véri­table héros de la résis­tance. L’intérêt du roman, vient de cette rencontre et du tête à tête entre ce vieil homme digne mais qui a construit sa vie sur un énorme mensonge et le jour­na­liste écri­vain qui sent ce mensonge.

Je n’ai vrai­ment pas été passion­née.

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L’auteur présente son livre comme une fable. Fable, autour du destin de trois femmes, violées ou soumises à des hommes pervers ou violents. Cette fable se passe dans une Amérique latine imagi­naire, avec des dicta­teurs imagi­naires.

Ce livre est un coup de cœur dans de nombreux blogs de lectrices et le sera sans doute à mon club de lecture jeudi prochain. Je suis plus réser­vée, le côté fable a fait que je ne suis rentrée qu’à moitié dans le roman, j’ai bien aimé mais je suis loin de parta­ger l’enthousiasme que je lis sur d’autres blogs. Je n’ai pas trouvé dans l’écriture la force poétique de Le Cœur Cousu de Carole Marti­nez, qui raconte aussi le destin tragique des femmes bafouées par la vie trop dure et la violence des hommes.

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Les éditions Perrin m’ont offert ce livre grâce à l’opération Masse Critique de Babe­lio du mois de novembre 2009.J’entends souvent Nico­las Bave­rez à la radio, je le comprends, je le trouve clair et précis et non dépourvu d’humour. Je me suis donc portée candi­date, pour faire une critique de son livre, avec cette idée en tête : est-ce qu’une réfrac­taire à la compré­hen­sion des phéno­mènes écono­miques, comme je le suis, peut mieux comprendre la crise que nous venons de vivre, grâce au livre de Nico­las Bave­rez.
En d’autres termes, ce livre est-il grand public ? La réponse est : oui et non ! Oui, j’ai mieux compris. Non, ce n’est pas un livre très acces­sible : j’ai dû ramer comme une malade pour en comprendre à peu près un tiers. C’est grâce à ce tiers que je comprends mieux la crise. Certains petits détails seraient vrai­ment faciles à chan­ger et cela aide­rait beau­coup la compré­hen­sion : l’explication des sigles FED , BRIC, BCE,OMC …, des notes en bas de page sur des noms qui parlent aux écono­mistes mais pas à moi : Breton Woods, Yuan renminbi, Smoot-Hawley .. Le méca­nisme de la bulle finan­cière est bien expli­qué, on se demande si les krachs sont évitables.Ce n’est pas un livre opti­miste car il décrit une France très affai­blie par la dette publique, et les protec­tions sociales qui ne servent qu’à masquer la réalité de la crise. Je ne recom­mande cet ouvrage qu’à ceux et celles qui s’y connaissent un peu en écono­mie.

Citations

Voici une jolie phrase

L’économie mondiale n’a tenu qu’au fil de soie de la poli­tique écono­mique.

Une des phrases que je ne comprends pas

L’innovation finan­cière s’est déployée au croi­se­ment de la titri­sa­tion …

Une image de la bourse et des banques que j’ai découverte dans ce livre

Loin d’être ration­nels et guidés par la juste évalua­tion de la valeur des actifs, les marchés cotent au premier chef les opinions et les pulsions collec­tives, encou­ra­geant les compor­te­ments mouton­niers des épar­gnants et des inves­tis­seurs à la hausse comme à la baisse. Surtout, les banques, large­ment reca­pi­ta­li­sées et restruc­tu­rées, béné­fi­ciant d’une courbe des taux favo­rables, fortes de la garan­tie d’être sauvées par le contri­buable, ont renoué avec leur stra­té­gie à risque.

Une phrase où j’ai trouvé un peu d’humour

La banque demeure la seule acti­vité où il faut passer par la le casino et jouer pour avoir le droit d’accéder à la boulan­ge­rie

Et fina­le­ment j’ai appris que « cala­mi­teux » est l’adjectif qui décrit tout ce qui est mauvais pour l’économie

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Comme le titre l’indique l’historienne spécia­liste de la révo­lu­tion fran­çaise, Mona Ozouf raconte son enfance bretonne, sa double appar­te­nance :

  • à la lutte pour la recon­nais­sance à l’identité bretonne à travers le combat de son père.
  • à l’école publique et répu­bli­caine par sa mère et son propre plai­sir d’être une bonne élève.

Ces deux premières parties sont très inté­res­santes et agréables à lire. Ensuite elle explique son enga­ge­ment intel­lec­tuel, ses lectures et sa compré­hen­sion des idées poli­tiques qui ont construit la France. La lecture devient alors beau­coup plus diffi­cile, les idées sont inté­res­santes mais ce n’est plus du tout le même livre, on quitte le récit pour un débat d’idées un peu long et froid.

Citations

Les hommesselon lui (Jules Ferry) , doivent être lais­sés libres d’errer, car la liberté, fût-elle payée par l’erreur, est plus dési­rable que le bien.

Jamais sans sa coiffe. L’attacher est son premier geste du matin, bien avant l’éveil de la maison­née.

Son souci constant est la dignité .. sa règle morale essen­tielle est de ne jamais se mettre dans une situa­tion telle qu’on puisse en avoir honte. « Gand var vez » , « avec la honte » est l’expression qui, pour elle englobe tout ce qu’il est incon­ve­nant de faire et même de penser.

Trois péle­ri­nages, donc, qui résu­maient assez bien les trois lots de croyances avec lesquelles il me fallait vivre : la foi chré­tienne de nos ancêtres, la foi bretonne de la maison, la foi de l’école dans la raison répu­bli­caine.

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Emma­nuel Carrère est un auteur étrange qui se plaît à décrire le malheur absolu des autres. J’avais été très déran­gée par son livre sur Roman, ce faux méde­cin qui a assas­siné toute sa famille pour cacher qu’il n’avait jamais réussi ses examens de troi­sième année de méde­cine. D’autant plus déran­gée, que cet écri­vain est d’un sérieux et d’une objec­ti­vité redou­tables, dans ce roman là aussi, mais c’est beau­coup plus agréable car il met son talent au service d » émotions qui me touchent. « D’autres vie que la mienne » commence par le récit du Tsunami de 2003. Malgré moi, je me suis dit : encore ! Je n’étais pas convain­cue par son récit.

L’autre vie qui n’est pas la sienne mais qui le touche de près, est celle de Juliette la sœur de sa compagne, jeune femme qui meurt d’un cancer. L’évocation de cette femme à travers les regards de ceux qui ont accom­pa­gné sa vie est d’une rare sensi­bi­lité et déli­ca­tesse. Comme elle est juge, l’auteur se trans­forme en jour­na­liste d’investigation pour expli­quer le suren­det­te­ment et son travail pour enle­ver des griffes des nouveaux usuriers (les compa­gnies de crédit à la consom­ma­tion) le justi­ciable trop naïf. Il est aidé par le témoi­gnage du collègue de Juliette : Etienne qui est amputé d’une jambe à la suite d’un cancer des os. C’est un person­nage inté­res­sant et émou­vant qui dira de Juliette « c’est un grand juge ».

Citations

Il n’empêche qu’il est prison­nier de ce que les psychiatres appellent un double bind, une double contrainte qui le fait perdre sur les deux tableaux. Pile tu gagnes, face je perds. Être rejeté parce qu’on a une jambe c’est dur, être désiré pour la même raison c’est pire.

Ça fait toujours plai­sir une visite si ce n’est pas à l’arrivée, c’est au départ. (Paroles de Béatrix Becq)

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Lors de la lecture de ce roman, on ne cesse de penser que l’auteur a vécu très souvent cette situa­tion. Il s’agit d » un dîner parmi les puis­sants du si petit monde des pari­siens friqués et bran­chés, avec une surprise l’invitation à table de la bonne, une beurette qui ne corres­pond pas aux clichés de la bonne société de gauche pari­sienne. Les scènes sont souvent drôles, le roman se lit vite. Le ton est parfois très caus­tique surtout à propos de la bonne société qui se croit ouverte. Le démar­rage est un peu long. (normal : il faut camper les person­nages). « Mada­medu » Sophie du Vivier et monsieur Thibaut du Vivier reçoivent George Banon qui doit signer un gros contrat avec Monsieur. Ils reçoivent :

  • Sybil Costière et Erwan Costière des jeunes qui réus­sissent et qui aiment l’argent ce seront les seuls person­nages qui seront anti­pa­thiques tout au long du roman
  • Stanis­las Stevil­lano homme lettré et homme de goût.
  • Adrien Le Chate­lard avocat et Chris­tina Le Chate­lard ne dit rien (leucé­mique ?) mais attire le regard de tout le monde créera le roman par sa super­sti­tion : jamais 13 à table.
  • Marie Do « minique » dit tout ce qu’elle pense femme de Stanis­las odieuse et sympa­thique à la fois
  • Stanis­las raté du quai d’Orsay
  • José­phine appar­te­nant au monde des médias « toujours prête à aider les puis­sants dans le besoin en authen­tique petite sœur des riches »
  • Dandieu acadé­mie fran­çaise et son épouse biolo­giste
  • Sonia la bonne maro­caine sympa et pas du tout la beurette de service qui ne s’appelle pas Sonia mais Oumeil­kheir.

Le repas va être mouve­menté !

Critique du monde

Pierre Assou­line ne cesse de tour­ner autour de la table, pour nous offrir une savou­reuse et cruelle gale­rie de portraits. Voici Sybil Corbières, person­nage insi­gni­fiant, abon­née à la chirur­gie esthé­tique : « Elle était ainsi faite et refaite que même ses cordes vocales sonnaient comme un piano accordé de la veille. » Voici Dandieu, l’écrivain, membre de l’Académie fran­çaise, qui se garga­rise de phrases creuses : « Il se voulait si répu­bli­cain qu’il se disait laïque et obli­ga­toire tout en regret­tant de ne pouvoir être égale­ment gratuit. » Et Marie-Do, l’épouse de l’ambassadeur au placard, « celle qui dit tout haut ce que tout le monde n’osait même pas penser plus bas, encore que la bassesse soit égale­ment parta­gée ». Quant à maître Le Chate­lard, spécia­liste des divorces («Il avait le génie de la sépa­ra­tion»), c’est un bavard impé­ni­tent. À écou­ter les silences de son épouse, « on compre­nait vite qu’elle avait plusieurs fois divorcé de lui sans même qu’il s’en aper­çoive ».

Le cruel Assou­line n’y va pas avec le dos de la cuillère. Par moments, il donne l’impression de forcer inuti­le­ment le trait. Les convives, à deux ou trois excep­tions près, méri­te­raient d’être jetés par la fenêtre, alors que la char­mante – trop char­mante ? – Sonia, alias Oumel­kheir Ben Saïd, nous éblouit par sa finesse. Elle n’est pas spécia­liste du cous­cous, mais termine une thèse de docto­rat à la Sorbonne sur un mouve­ment archi­tec­tu­ral assez complexe qui s’était épanoui en Europe au début du XVIIIe siècle…

Ce monde n’est pas le sien, mais, à force de l’observer, elle en connaît les codes et les usages. Ayant « le goût des autres », elle n’arrive pas à détes­ter cette faune. Quoique née à Marseille, elle restera toujours en France « une invi­tée ». Comme les juifs, fina­le­ment, remarque Pierre Assou­line : ils ont derrière eux un tel passé d’exclusion, de persé­cu­tion et de noma­disme « que ce sont eux, les invi­tés perma­nents, en dépit des appa­rences»… Le titre du roman, qui parais­sait bien banal, prend soudain une autre dimen­sion.

Traduit de l’anglais ( États Unis ) par Cécile Arnaud.
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Récit des purges stali­niennes de 1934 à 1937. Le person­nage prin­ci­pal, Ossip Mandel­stam est arrêté pour avoir écrit un pamphlet contre Staline sous forme d’une ode. Le récit suit plusieurs person­nages qui ont, pour leur malheur, croisé ou partagé la vie du poète .C’est un livre éprou­vant comme souvent les livres décri­vant cette époque, la réalité est sans doute pire que le roman. C’est mieux d’avoir un bon moral avant de se plon­ger dans cette lecture. Je préfère toujours les témoi­gnages, ou les études histo­riques à la créa­tion roma­nesque sur des sujets si sensibles et pour lesquels ils existent encore des témoins vivants.

Citation

Étrange prière pronon­cée par la femme du poète avant de se rendre à une convo­ca­tion à la Loubianka.
Notre père qui êtes aux cieux
S’il a encore une muse et une érec­tion
Faites que le soleil oublie tout simple­ment
De se lever demain matin
Amen

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Contrai­re­ment à Marie-Aude Murail, je ne suis pas une grande lectrice de Dickens, j’avais lu un article élogieux sur cette biogra­phie. Je l’ai lue avec grand inté­rêt. Il s’agit d’un livre pour la jeunesse , il se lit donc très vite . Il a le grand avan­tage de donner envie de relire Dickens. Je savais que cet auteur avait puisé son œuvre dans ce qu’il avait vécu. On sent dans ce livre l’angoisse de Charles Dickens à l’idée de connaître à nouveau la misère de son enfance. Toute sa vie, il s’intéressera à la grande pauvreté à Londres et cher­chera à aider les autres, la clé de son oeuvre est peut être dans le sous-titre de cet ouvrage « Ouvrier à douze ans, célèbre à vingt-quatre ».

Citations

On envoie parfois Charles chez « mon oncle » parent peu recom­man­dable comme l’est « ma tante » en France

Il vient d’être arrêté. John Dickens doit la somme consi­dé­rable de quarante livres au boulan­ger. Il a été emmené dans la maison de déten­tion provi­soire qu’on appelle la « presse-éponge » … avant d’être incar­céré à la Maré­chaus­sée, la prison pour dettes.

Urania Cottage n’est pas la seule entre­prise philan­thro­pique à laquelle Charles se consacre.

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Ce roman se lit très vite en quelques heures, cela ne l’empêche pas d’être une bonne approche du problème des SDF et de comprendre le parcours des jeunes qui se retrouvent à la rue. Il est écrit sans complai­sance. On peut l’offrir à des ados parce que le person­nage prin­ci­pal est une adoles­cente, cela leur permet­tra de réflé­chir à ce qu’on peut, ou ne pas, faire pour des SDF On y trouve tous les thèmes qui hantent les adoles­cents, la mort, le lycée, l’alcool, la dépres­sion.

L’histoire : une jeune ado surdouée et malheu­reuse décide de sauver une SDF et elle y réus­sit presque, mais on voit à quel point c’est diffi­cile pour tout le monde, pour la jeune SDF et pour ceux qui essaient de sauver et de sortir « no » (Nolwenn) de la rue.

Citations

Noël est un mensonge qui réunit les familles autour d’un arbre mort recou­vert de lumières, un mensonge tissé de conver­sa­tions insi­pides, enfoui sous des kilos de crème au beurre, un mensonge auquel personne ne croit.

Certains secrets sont comme des fossiles et la pierre est deve­nue trop lourde pour la retour­ner.

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