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Je me suis accro­chée comme une déses­pé­rée à ce livre ; c’était pour moi, il devait me plaire. Gérard Oberlé invente les mémoires d’un érudit du 16e siècle fran­çais qui a connu Montaigne, Ronsard et tous les poètes de la pléiade. Son style imite fort bien le style de l’époque et la vie de tous ces gens est pour le moins gaillarde !

Mais, je m’ennuie terri­ble­ment, et pour éviter de le parcou­rir en diago­nal, je vais le refer­mer sans l’avoir terminé. J’espère qu’une membre de notre club de lecture saura le défendre à notre prochaine réunion, car l’auteur a effec­tué un travail vrai­ment sérieux, même s’il ne m’a pas touchée.

Citation

Le vin délie la langue et rend l’esprit prompt et hardi. Une ancienne sentence grecque dit qu’il est le grand cheval des poètes.

97820707639625
Je ne pouvais pas imagi­ner mon blog sans les livres de Bena­quista, je n’avais pas la patience qu’il en écrive un nouveau pour le mettre sur mon blog, alors j’ai relu celui-là pour dire à quel point j’aime bien cet auteur. Lors d’un pari fou, deux hommes se donne rendez-vous trois plus tard au même endroit. Leur but : deve­nir quelqu’un d’autre. Le roman suit donc la trajec­toire de Thierry Blin et de Nico­las Gred­zinski dans leur nouvelle vie. Comme à la première lecture, j’ai beau­coup plus de sympa­thie pour Nico­las Gred­zinski que pour Thierry Blin, d’abord parce qu’il va vivre une belle histoire d’amour et qu’il est plein de tendresse pour le humains.

Ce que j’apprécie le plus dans ce livre, c’est la façon dont Bena­quista sait racon­ter des petits moments de vie de notre époque. Les conver­sa­tions à la café­té­ria sonnent telle­ment vraie. Son humour est déca­pant tonique, Bref un livre dont l’histoire est bien fice­lée, et qui fait sourire : ça fait du bien.

Citations

Une de ses premières clientes avait été cette petite dame et de ses « douze Klimt » à enca­drer.
– Douze Klimt ! Gustave Klimt ? Vous êtes sûre ?
– Oui, douze dessins.

– Des origi­naux ?
– Je ne sais pas.

– Ils sont signés ? Ce sont des oeuvres sur papier ?
– Non, sur un calen­drier.

Les arro­gants seront serviles un jour. En d’autre termes, plus on marche sur la tête des faibles, plus on est enclin à lécher les bottes des forts.

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Au programme du club de lecture, ce livre se lit faci­le­ment. Un père a voulu se donner une stature de héros aux yeux de sa fille. L’écrivain chargé de racon­ter sa vie, n’a pas su faire parler son propre père qui était lui, un véri­table héros de la résis­tance. L’intérêt du roman, vient de cette rencontre et du tête à tête entre ce vieil homme digne mais qui a construit sa vie sur un énorme mensonge et le jour­na­liste écri­vain qui sent ce mensonge.

Je n’ai vrai­ment pas été passion­née.

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La lecture des blogs m’a amenée à lire ce roman, et je n’ai pas regretté. C’est un roman vivant et très atta­chant. Le person­nage prin­ci­pal est un adoles­cent fou de lecture , il s’attire tout de suite la sympa­thie des lecteurs et lectrices bouli­miques, il est le fils d’un couple qui va mal, d’une mère venant de la bour­geoi­sie commer­çante qui se croit supé­rieure à son mari, fils d’émigré Italien. L’époque les années 60 est vrai­ment bien rendue, la guerre d’Algérie, le lycée où on s’ennuie, l’arrivée du rock et de la télé, le baby-foot les cafés. (Je me suis demandé si on disait déjà en 1960 bac plus ou moins six pour parler du nombre des années d’études)

Mais le plus impor­tant c’est la gale­rie de portraits des immi­grés des pays de l’est rassem­blés et désunis par des secrets que le roman dévoi­lera peu à peu. J’ai beau­coup appré­cié qu’un roman­cier fran­çais prenne autant de soin à nous faire décou­vrir des person­nages et les rendre crédibles même dans leurs outrances. Jusqu’au bout , ces person­nages sont vivants et plein de contra­dic­tions , le livre refermé on aime­rait en savoir encore plus sur chacun d’eux.

Citations

Long­temps, j’ai vécu dans l’ignorance la plus totale de l’histoire de ma famille. Tout était parfait ou presque dans le meilleur des mondes. On ne raconte pas aux enfants ce qui s’est passé avant eux ? D’abord ils sont trop petits pour comprendre, ensuite ils sont trop grands pour écou­ter, puis ils n’ont plus le temps, après c’est trop tard. C’est le propre de la vie de famille. On vit côte à côte comme si on se connais­sait mais on ignore tous des uns et des autres. On espère des miracles de notre consan­gui­nité : des harmo­nies impos­sibles, des confi­dences abso­lues, des fusions viscé­rales. On se contente des mensonges rassu­rants de notre parenté.

Le cinéma ça fait oublier. C’est le meilleur remède contre la déprime. De préfé­rence un film qui finit bien, qui rend meilleur, qui donne de l’espoir, avec un héros genou à terre, aban­donné par ses amis, humain, avec de l’humour, au sourire enjô­leur dont le meilleur pote meurt dans es bars, qui encaisse les coups avec une résis­tance incroyable, triomphe des méchants et de leurs complots, rend justice à la veuve et aux oppri­més, retrouve sa bien-aimée, une superbe blonde aux yeux bleus, et sauve la ville ou le pays au son d’une musique entraî­nante.

Tu nous emmerdes avec tes problèmes. Tu es vivant, profites-en pour vivre.

Des drôles d’accents qui leur faisaient manger la moitié des mots, conju­guer les verbes à l’infinitif, les mettre en début de phrase, bouf­fer les pronoms, confondre les homo­nymes, igno­rer le mascu­lin et le fémi­nin ou les acco­ler dans des asso­cia­tions hasar­deuses.

Quand un homme accom­plit son rêve, il n’y a ni raison ni échec ni victoire. Le plus impor­tant dans la Terre promise, ce n’est pas la terre, c’est la promesse.

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3
L’auteur présente son livre comme une fable. Fable, autour du destin de trois femmes, violées ou soumises à des hommes pervers ou violents. Cette fable se passe dans une Amérique latine imagi­naire, avec des dicta­teurs imagi­naires.

Ce livre est un coup de cœur dans de nombreux blogs de lectrices et le sera sans doute à mon club de lecture jeudi prochain. Je suis plus réser­vée, le côté fable a fait que je ne suis rentrée qu’à moitié dans le roman, j’ai bien aimé mais je suis loin de parta­ger l’enthousiasme que je lis sur d’autres blogs. Je n’ai pas trouvé dans l’écriture la force poétique de Le Cœur Cousu de Carole Marti­nez, qui raconte aussi le destin tragique des femmes bafouées par la vie trop dure et la violence des hommes.

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4
C’est vrai­ment un très bon roman dont le thème est l’amitié. Je pense que les adoles­cents adore­ront (mais je ne connais pas bien ce public). J’ai beau­coup appré­cié la descrip­tion du plai­sir que donne le jeu du basket. Cet écri­vain raconte bien les diffi­cul­tés de vie des femmes en parti­cu­lier celles qui sont seules pour élèver un enfant, la vie dans les cités défa­vo­ri­sées et la force de l’amitié.

Le récit a pour trame la sépa­ra­tion, la dépres­sion d’une mère, les diffé­rences sociales aujourd’hui, le lycée et le basket

Citations

Encore qu’ « amis », c’est un drôle de mot.
C’est comme « amour ».
Ce sont des mots que je n’ai pas l’habitude d’employer.
J’utilise « copain », « camarde », « pote » jusqu’à « cousin » ou jusqu’au verlan – mais « ami », c’est trop bizarre. C’est un mot adulte. J’espère que je vais m’en servir plus tard – et beau­coup- mais pour l’instant, je le tiens à distance.

Seul le frigo faisait son raffut habi­tuel. Il faut le chan­ger, le frigo. Mais on attend qu’il rende complè­te­ment l’âme, parce qu’on est raides. Alors en atten­dant le moment fati­dique, on mange un jour des aliments moitié conge­lés et le suivant, les mêmes, mais pleins de flotte.

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3
Les éditions Perrin m’ont offert ce livre grâce à l’opération Masse Critique de Babe­lio du mois de novembre 2009.J’entends souvent Nico­las Bave­rez à la radio, je le comprends, je le trouve clair et précis et non dépourvu d’humour. Je me suis donc portée candi­date, pour faire une critique de son livre, avec cette idée en tête : est-ce qu’une réfrac­taire à la compré­hen­sion des phéno­mènes écono­miques, comme je le suis, peut mieux comprendre la crise que nous venons de vivre, grâce au livre de Nico­las Bave­rez.
En d’autres termes, ce livre est-il grand public ? La réponse est : oui et non ! Oui, j’ai mieux compris. Non, ce n’est pas un livre très acces­sible : j’ai dû ramer comme une malade pour en comprendre à peu près un tiers. C’est grâce à ce tiers que je comprends mieux la crise. Certains petits détails seraient vrai­ment faciles à chan­ger et cela aide­rait beau­coup la compré­hen­sion : l’explication des sigles FED , BRIC, BCE,OMC …, des notes en bas de page sur des noms qui parlent aux écono­mistes mais pas à moi : Breton Woods, Yuan renminbi, Smoot-Hawley .. Le méca­nisme de la bulle finan­cière est bien expli­qué, on se demande si les krachs sont évitables.Ce n’est pas un livre opti­miste car il décrit une France très affai­blie par la dette publique, et les protec­tions sociales qui ne servent qu’à masquer la réalité de la crise. Je ne recom­mande cet ouvrage qu’à ceux et celles qui s’y connaissent un peu en écono­mie.

Citations

Voici une jolie phrase

L’économie mondiale n’a tenu qu’au fil de soie de la poli­tique écono­mique.

Une des phrases que je ne comprends pas

L’innovation finan­cière s’est déployée au croi­se­ment de la titri­sa­tion …

Une image de la bourse et des banques que j’ai découverte dans ce livre

Loin d’être ration­nels et guidés par la juste évalua­tion de la valeur des actifs, les marchés cotent au premier chef les opinions et les pulsions collec­tives, encou­ra­geant les compor­te­ments mouton­niers des épar­gnants et des inves­tis­seurs à la hausse comme à la baisse. Surtout, les banques, large­ment reca­pi­ta­li­sées et restruc­tu­rées, béné­fi­ciant d’une courbe des taux favo­rables, fortes de la garan­tie d’être sauvées par le contri­buable, ont renoué avec leur stra­té­gie à risque.

Une phrase où j’ai trouvé un peu d’humour

La banque demeure la seule acti­vité où il faut passer par la le casino et jouer pour avoir le droit d’accéder à la boulan­ge­rie

Et fina­le­ment j’ai appris que « cala­mi­teux » est l’adjectif qui décrit tout ce qui est mauvais pour l’économie

On en parle

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3
Comme le titre l’indique l’historienne spécia­liste de la révo­lu­tion fran­çaise, Mona Ozouf raconte son enfance bretonne, sa double appar­te­nance :

  • à la lutte pour la recon­nais­sance à l’identité bretonne à travers le combat de son père.
  • à l’école publique et répu­bli­caine par sa mère et son propre plai­sir d’être une bonne élève.

Ces deux premières parties sont très inté­res­santes et agréables à lire. Ensuite elle explique son enga­ge­ment intel­lec­tuel, ses lectures et sa compré­hen­sion des idées poli­tiques qui ont construit la France. La lecture devient alors beau­coup plus diffi­cile, les idées sont inté­res­santes mais ce n’est plus du tout le même livre, on quitte le récit pour un débat d’idées un peu long et froid.

Citations

Les hommesselon lui (Jules Ferry) , doivent être lais­sés libres d’errer, car la liberté, fût-elle payée par l’erreur, est plus dési­rable que le bien.

Jamais sans sa coiffe. L’attacher est son premier geste du matin, bien avant l’éveil de la maison­née.

Son souci constant est la dignité .. sa règle morale essen­tielle est de ne jamais se mettre dans une situa­tion telle qu’on puisse en avoir honte. « Gand var vez » , « avec la honte » est l’expression qui, pour elle englobe tout ce qu’il est incon­ve­nant de faire et même de penser.

Trois péle­ri­nages, donc, qui résu­maient assez bien les trois lots de croyances avec lesquelles il me fallait vivre : la foi chré­tienne de nos ancêtres, la foi bretonne de la maison, la foi de l’école dans la raison répu­bli­caine.

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La BD, ce n’est pas toujours ma passion, le plai­sir de lecture n’a rien à voir avec celui procuré par un bon texte. Mais j’ai appré­cié les dessins, l’humour et la nostal­gie qui se dégagent de ces 18 nouvelles, mises en images par des dessi­na­teurs talen­tueux. J’aime bien , Le View-Master de Jordi Sempere, un homme confronté à l’Alzheimer de sa mère. Ma préfé­rée , surtout pour le dessin , Les Brûlures de Simon Hureau. Pour cette nouvelle, la qualité du graphisme ajoute beau­coup à l’histoire de la rencontre dans une piscine d’un poli­cier noir et d’une jolie fille qui cache un secret doulou­reux. Le sous-titre du livre « autres nouvelles qui font du bien » est tout à fait vrai : c’est une lecture qui fait du bien.

Citations

- Vous avez raison patron. je dois être le seul chauf­feur qui de fasse conduire par son patron.
– Le coup de la voiture avec chauf­feur, ça épate beau­coup les coréens.
– Et vous patron, qu’est ce qui vous épate ?
– Que vous soyez parvenu à vous faire enga­ger comme chauf­feur sans même possé­der votre permis de conduire !

On en parle

Voici le site qui m’a donné envie de lire cette BD : link.

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Emma­nuel Carrère est un auteur étrange qui se plaît à décrire le malheur absolu des autres. J’avais été très déran­gée par son livre sur Roman, ce faux méde­cin qui a assas­siné toute sa famille pour cacher qu’il n’avait jamais réussi ses examens de troi­sième année de méde­cine. D’autant plus déran­gée, que cet écri­vain est d’un sérieux et d’une objec­ti­vité redou­tables, dans ce roman là aussi, mais c’est beau­coup plus agréable car il met son talent au service d » émotions qui me touchent. « D’autres vie que la mienne » commence par le récit du Tsunami de 2003. Malgré moi, je me suis dit : encore ! Je n’étais pas convain­cue par son récit.

L’autre vie qui n’est pas la sienne mais qui le touche de près, est celle de Juliette la sœur de sa compagne, jeune femme qui meurt d’un cancer. L’évocation de cette femme à travers les regards de ceux qui ont accom­pa­gné sa vie est d’une rare sensi­bi­lité et déli­ca­tesse. Comme elle est juge, l’auteur se trans­forme en jour­na­liste d’investigation pour expli­quer le suren­det­te­ment et son travail pour enle­ver des griffes des nouveaux usuriers (les compa­gnies de crédit à la consom­ma­tion) le justi­ciable trop naïf. Il est aidé par le témoi­gnage du collègue de Juliette : Etienne qui est amputé d’une jambe à la suite d’un cancer des os. C’est un person­nage inté­res­sant et émou­vant qui dira de Juliette « c’est un grand juge ».

Citations

Il n’empêche qu’il est prison­nier de ce que les psychiatres appellent un double bind, une double contrainte qui le fait perdre sur les deux tableaux. Pile tu gagnes, face je perds. Être rejeté parce qu’on a une jambe c’est dur, être désiré pour la même raison c’est pire.

Ça fait toujours plai­sir une visite si ce n’est pas à l’arrivée, c’est au départ. (Paroles de Béatrix Becq)

On en parle

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