Traduit de L’italien par Natha­lie Bauer.
3
Je suis un peu déçue par ce livre dont j’avais lu des critiques très posi­tives sur les blogs. La première partie sur le mal-être de deux adoles­cents est vrai­ment inté­res­sante et proche de ce que vivent certains jeunes. Mais lorsqu’ils deviennent adultes, ils ne trouvent guère de solu­tions, même si on le comprend (dans la vie ça se passe parfois comme ça) cela rend le roman très triste. La fin est frus­trante car on a l’impression que l’histoire ne se termine pas.

On en parle

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Traduit de l’anglais par Florence Levy-Paoloni.

4
Ni l’Irlande des années révo­lu­tion­naires, ni l’église catho­lique, ne sortent indemnes de cette œuvre ! Il s’agit d’un roman à deux voix : celle de Roseanne et de son psychiatre le docteur Grene. Cette femme de cent ans, ou presque, essaie, dans un cahier qu’elle rédige jour après jour, de retra­cer les drames de sa vie. Le docteur Grenen essaie, dans son jour­nal person­nel, de trou­ver les raisons de l’enfermement si long de cette femme.

Sur tout le roman plane l’ombre de la vengeance d’un prêtre, puis évêque, irlan­dais : le terrible Gaunt qui n’aimait pas les femmes ni les pres­by­té­riens. Elle était les deux, sa vengeance sera impla­cable. La recherche de la vérité est très inté­res­sante, car Roseanne se trompe parfois en croyant avoir compris les faits, et puis, elle est si vieille ! Un peu à l’image de la vieillesse le roman est lent et confus, le person­nage du docteur est beau­coup moins crédible que celui de Roseanne. La révé­la­tion finale ne rajoute vrai­ment rien au roman, bien au contraire.

Citations

Ce lieu où je suis né était une ville froide. Même les collines se tenaient à distance. pas plus que moi, elles ne faisaient confiance à ce lieu sombre, ces collines.

La rivière char­riait aussi les ordures vers la mer, ainsi que des frag­ments d’objets qui avaient appar­tenu à des gens et avaient été arra­chés aux rives, des corps aussi, mais rare­ment, oh et de pauvres bébés qui étaient embar­ras­sants. La vitesse et la profon­deur de la rivière consti­tuaient de grandes alliées du secret.

2
Je me suis accro­chée comme une déses­pé­rée à ce livre ; c’était pour moi, il devait me plaire. Gérard Oberlé invente les mémoires d’un érudit du 16e siècle fran­çais qui a connu Montaigne, Ronsard et tous les poètes de la pléiade. Son style imite fort bien le style de l’époque et la vie de tous ces gens est pour le moins gaillarde !

Mais, je m’ennuie terri­ble­ment, et pour éviter de le parcou­rir en diago­nal, je vais le refer­mer sans l’avoir terminé. J’espère qu’une membre de notre club de lecture saura le défendre à notre prochaine réunion, car l’auteur a effec­tué un travail vrai­ment sérieux, même s’il ne m’a pas touchée.

Citation

Le vin délie la langue et rend l’esprit prompt et hardi. Une ancienne sentence grecque dit qu’il est le grand cheval des poètes.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Josée Kamoun.

5
Livre éton­nant, boule­ver­sant qui ne vous lâche pas une fois que vous êtes entré dedans. Les person­nages vous hante­ront long­temps après avoir refermé le livre, un peu comme ceux de : Le temps où nous chan­tions de Richard Powers. On y retrouve le problème du métis­sage aux USA. Ici le person­nage prin­ci­pal a décidé de se faire passer pour blanc et réussi une carrière univer­si­taire presque parfaite. Un jour, il prononce un mot malheu­reux « zombie » pour parler d’étudiants qui se révèlent être noirs et le « poli­ti­que­ment correct » va l’obliger à démis­sion­ner.

Philip Roth n’épargne dans ce roman, ni le manque de courage de ses collègues univer­si­taires, ni la culture fran­çaise, mise à mal à travers une norma­lienne frus­trée qui sera à l’origine de sa perte, ni la pudi­bon­de­rie améri­caine sous la prési­dence de Clin­ton. J’ai pour­tant failli passer à côté de ce roman, à cause du style, les accu­mu­la­tions de mots, le four­mille­ment des idées me fati­guaient, et j’ai commencé à tour­ner trop vite les pages. J’en ai repris la lecture de façon atten­tive et en ralen­tis­sant mon rythme de lecture. Plus l’auteur allait vite, plus je lisais lente­ment et le charme a joué : j’ai passé huit jours complè­te­ment ailleurs dans les trans­ports pari­siens, grâce à ce livre.

Citations

Cet été là, chacun ne pensait plus qu’au sexe du président : la vie, dans toute son impu­reté impu­dente, confon­dait encore une fois l’Amérique.

Mais en Amérique en géné­ral ce fut l’été du mara­thon de la tartuf­fe­rie : le spectre du terro­risme qui avait remplacé celui du commu­nisme comme menace majeure pour la sécu­rité du pays, lais­sait place au spectre de la turlute.

Seule­ment le danger avec la haine, c’est que quand on commence il en monte cent fois plus qu’on en aurait voulu. Je ne connais rien de plus diffi­cile à brider que la haine. Il est plus facile de renon­cer à la bouteille que de jugu­ler la haine, et ça n’est pas peu dire.

La boutique d’antiquité mori­bonde, le restau­rant infâme, l’épicerie de survie, le débit de bois­son cambrou­sard, le coif­feur péque­not, la maga­sin de vête­ments pour homme d’un autre âge, la librai­rie au fond étique, la phar­ma­cie mal éclai­rée, le salon de thé cucul, la taverne dépri­mante, le marchand de jour­naux sans jour­naux, la boutique de magie énig­ma­tique et vide – tous avaient cédé la place à des établis­se­ments où l’on pouvait manger conve­na­ble­ment, boire un bon café, ache­ter des médi­ca­ments sur ordon­nance, trou­ver une bonne bouteille, un livre trai­tant d’autre chose que des Berk­shires, et faire des achats vesti­men­taires qui ne se limitent pas à des cale­çons bien logs bien chauds pour l’hiver.

On en parle

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La lecture des blogs m’a amenée à lire ce roman, et je n’ai pas regretté. C’est un roman vivant et très atta­chant. Le person­nage prin­ci­pal est un adoles­cent fou de lecture , il s’attire tout de suite la sympa­thie des lecteurs et lectrices bouli­miques, il est le fils d’un couple qui va mal, d’une mère venant de la bour­geoi­sie commer­çante qui se croit supé­rieure à son mari, fils d’émigré Italien. L’époque les années 60 est vrai­ment bien rendue, la guerre d’Algérie, le lycée où on s’ennuie, l’arrivée du rock et de la télé, le baby-foot les cafés. (Je me suis demandé si on disait déjà en 1960 bac plus ou moins six pour parler du nombre des années d’études)

Mais le plus impor­tant c’est la gale­rie de portraits des immi­grés des pays de l’est rassem­blés et désunis par des secrets que le roman dévoi­lera peu à peu. J’ai beau­coup appré­cié qu’un roman­cier fran­çais prenne autant de soin à nous faire décou­vrir des person­nages et les rendre crédibles même dans leurs outrances. Jusqu’au bout , ces person­nages sont vivants et plein de contra­dic­tions , le livre refermé on aime­rait en savoir encore plus sur chacun d’eux.

Citations

Long­temps, j’ai vécu dans l’ignorance la plus totale de l’histoire de ma famille. Tout était parfait ou presque dans le meilleur des mondes. On ne raconte pas aux enfants ce qui s’est passé avant eux ? D’abord ils sont trop petits pour comprendre, ensuite ils sont trop grands pour écou­ter, puis ils n’ont plus le temps, après c’est trop tard. C’est le propre de la vie de famille. On vit côte à côte comme si on se connais­sait mais on ignore tous des uns et des autres. On espère des miracles de notre consan­gui­nité : des harmo­nies impos­sibles, des confi­dences abso­lues, des fusions viscé­rales. On se contente des mensonges rassu­rants de notre parenté.

Le cinéma ça fait oublier. C’est le meilleur remède contre la déprime. De préfé­rence un film qui finit bien, qui rend meilleur, qui donne de l’espoir, avec un héros genou à terre, aban­donné par ses amis, humain, avec de l’humour, au sourire enjô­leur dont le meilleur pote meurt dans es bars, qui encaisse les coups avec une résis­tance incroyable, triomphe des méchants et de leurs complots, rend justice à la veuve et aux oppri­més, retrouve sa bien-aimée, une superbe blonde aux yeux bleus, et sauve la ville ou le pays au son d’une musique entraî­nante.

Tu nous emmerdes avec tes problèmes. Tu es vivant, profites-en pour vivre.

Des drôles d’accents qui leur faisaient manger la moitié des mots, conju­guer les verbes à l’infinitif, les mettre en début de phrase, bouf­fer les pronoms, confondre les homo­nymes, igno­rer le mascu­lin et le fémi­nin ou les acco­ler dans des asso­cia­tions hasar­deuses.

Quand un homme accom­plit son rêve, il n’y a ni raison ni échec ni victoire. Le plus impor­tant dans la Terre promise, ce n’est pas la terre, c’est la promesse.

On en parle

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97820707639625
Je ne pouvais pas imagi­ner mon blog sans les livres de Bena­quista, je n’avais pas la patience qu’il en écrive un nouveau pour le mettre sur mon blog, alors j’ai relu celui-là pour dire à quel point j’aime bien cet auteur. Lors d’un pari fou, deux hommes se donne rendez-vous trois plus tard au même endroit. Leur but : deve­nir quelqu’un d’autre. Le roman suit donc la trajec­toire de Thierry Blin et de Nico­las Gred­zinski dans leur nouvelle vie. Comme à la première lecture, j’ai beau­coup plus de sympa­thie pour Nico­las Gred­zinski que pour Thierry Blin, d’abord parce qu’il va vivre une belle histoire d’amour et qu’il est plein de tendresse pour le humains.

Ce que j’apprécie le plus dans ce livre, c’est la façon dont Bena­quista sait racon­ter des petits moments de vie de notre époque. Les conver­sa­tions à la café­té­ria sonnent telle­ment vraie. Son humour est déca­pant tonique, Bref un livre dont l’histoire est bien fice­lée, et qui fait sourire : ça fait du bien.

Citations

Une de ses premières clientes avait été cette petite dame et de ses « douze Klimt » à enca­drer.
– Douze Klimt ! Gustave Klimt ? Vous êtes sûre ?
– Oui, douze dessins.

– Des origi­naux ?
– Je ne sais pas.

– Ils sont signés ? Ce sont des oeuvres sur papier ?
– Non, sur un calen­drier.

Les arro­gants seront serviles un jour. En d’autre termes, plus on marche sur la tête des faibles, plus on est enclin à lécher les bottes des forts.

3
Au programme du club de lecture, ce livre se lit faci­le­ment. Un père a voulu se donner une stature de héros aux yeux de sa fille. L’écrivain chargé de racon­ter sa vie, n’a pas su faire parler son propre père qui était lui, un véri­table héros de la résis­tance. L’intérêt du roman, vient de cette rencontre et du tête à tête entre ce vieil homme digne mais qui a construit sa vie sur un énorme mensonge et le jour­na­liste écri­vain qui sent ce mensonge.

Je n’ai vrai­ment pas été passion­née.

4
C’est vrai­ment un très bon roman dont le thème est l’amitié. Je pense que les adoles­cents adore­ront (mais je ne connais pas bien ce public). J’ai beau­coup appré­cié la descrip­tion du plai­sir que donne le jeu du basket. Cet écri­vain raconte bien les diffi­cul­tés de vie des femmes en parti­cu­lier celles qui sont seules pour élèver un enfant, la vie dans les cités défa­vo­ri­sées et la force de l’amitié.

Le récit a pour trame la sépa­ra­tion, la dépres­sion d’une mère, les diffé­rences sociales aujourd’hui, le lycée et le basket

Citations

Encore qu’ « amis », c’est un drôle de mot.
C’est comme « amour ».
Ce sont des mots que je n’ai pas l’habitude d’employer.
J’utilise « copain », « camarde », « pote » jusqu’à « cousin » ou jusqu’au verlan – mais « ami », c’est trop bizarre. C’est un mot adulte. J’espère que je vais m’en servir plus tard – et beau­coup- mais pour l’instant, je le tiens à distance.

Seul le frigo faisait son raffut habi­tuel. Il faut le chan­ger, le frigo. Mais on attend qu’il rende complè­te­ment l’âme, parce qu’on est raides. Alors en atten­dant le moment fati­dique, on mange un jour des aliments moitié conge­lés et le suivant, les mêmes, mais pleins de flotte.

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3
L’auteur présente son livre comme une fable. Fable, autour du destin de trois femmes, violées ou soumises à des hommes pervers ou violents. Cette fable se passe dans une Amérique latine imagi­naire, avec des dicta­teurs imagi­naires.

Ce livre est un coup de cœur dans de nombreux blogs de lectrices et le sera sans doute à mon club de lecture jeudi prochain. Je suis plus réser­vée, le côté fable a fait que je ne suis rentrée qu’à moitié dans le roman, j’ai bien aimé mais je suis loin de parta­ger l’enthousiasme que je lis sur d’autres blogs. Je n’ai pas trouvé dans l’écriture la force poétique de Le Cœur Cousu de Carole Marti­nez, qui raconte aussi le destin tragique des femmes bafouées par la vie trop dure et la violence des hommes.

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3
Les éditions Perrin m’ont offert ce livre grâce à l’opération Masse Critique de Babe­lio du mois de novembre 2009.J’entends souvent Nico­las Bave­rez à la radio, je le comprends, je le trouve clair et précis et non dépourvu d’humour. Je me suis donc portée candi­date, pour faire une critique de son livre, avec cette idée en tête : est-ce qu’une réfrac­taire à la compré­hen­sion des phéno­mènes écono­miques, comme je le suis, peut mieux comprendre la crise que nous venons de vivre, grâce au livre de Nico­las Bave­rez.
En d’autres termes, ce livre est-il grand public ? La réponse est : oui et non ! Oui, j’ai mieux compris. Non, ce n’est pas un livre très acces­sible : j’ai dû ramer comme une malade pour en comprendre à peu près un tiers. C’est grâce à ce tiers que je comprends mieux la crise. Certains petits détails seraient vrai­ment faciles à chan­ger et cela aide­rait beau­coup la compré­hen­sion : l’explication des sigles FED , BRIC, BCE,OMC …, des notes en bas de page sur des noms qui parlent aux écono­mistes mais pas à moi : Breton Woods, Yuan renminbi, Smoot-Hawley .. Le méca­nisme de la bulle finan­cière est bien expli­qué, on se demande si les krachs sont évitables.Ce n’est pas un livre opti­miste car il décrit une France très affai­blie par la dette publique, et les protec­tions sociales qui ne servent qu’à masquer la réalité de la crise. Je ne recom­mande cet ouvrage qu’à ceux et celles qui s’y connaissent un peu en écono­mie.

Citations

Voici une jolie phrase

L’économie mondiale n’a tenu qu’au fil de soie de la poli­tique écono­mique.

Une des phrases que je ne comprends pas

L’innovation finan­cière s’est déployée au croi­se­ment de la titri­sa­tion …

Une image de la bourse et des banques que j’ai découverte dans ce livre

Loin d’être ration­nels et guidés par la juste évalua­tion de la valeur des actifs, les marchés cotent au premier chef les opinions et les pulsions collec­tives, encou­ra­geant les compor­te­ments mouton­niers des épar­gnants et des inves­tis­seurs à la hausse comme à la baisse. Surtout, les banques, large­ment reca­pi­ta­li­sées et restruc­tu­rées, béné­fi­ciant d’une courbe des taux favo­rables, fortes de la garan­tie d’être sauvées par le contri­buable, ont renoué avec leur stra­té­gie à risque.

Une phrase où j’ai trouvé un peu d’humour

La banque demeure la seule acti­vité où il faut passer par la le casino et jouer pour avoir le droit d’accéder à la boulan­ge­rie

Et fina­le­ment j’ai appris que « cala­mi­teux » est l’adjectif qui décrit tout ce qui est mauvais pour l’économie

On en parle

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