Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Claude Peugeot.

J’ai lu ce roman grâce à la blogo­sphère, je mettrai les liens si, sur un commen­taire, je recon­nais celui où celle qui aime cet auteur. ( J’ai perdu la réfé­rence du blog où j’ai noté ce nom, c’était au début de l’été 2017.)

Le titre améri­cain est « I know this much is true ». Ces deux titres révèlent une vérité du roman mais pas exac­te­ment la même, le titre améri­cain insiste sur la tension qui sous tend tout le roman. On sent que Domi­nick, le narra­teur qui essaie de sauver son frère Thomas, schi­zo­phrène, des griffes d’une insti­tu­tion psychia­trique répres­sive après qu’il s’est tran­ché la main dans les locaux de la biblio­thèque, va dévoi­ler peu à peu une enfance terrible qui cache des drames qui l’empêchent aujourd’hui de reprendre pied dans sa vie. Le titre fran­çais repré­sente le point final du roman, on ne peut construire sa vie qu’en accep­tant les diffé­rents aspects de sa propre person­na­lité. Thomas le fragile, le malade, le protégé de la mère des deux jumeaux est fina­le­ment plus fort que le bouillant et toujours en colère Domi­nick, enfin c’est une façon de parler car Thomas est du côté du malheur et la répres­sion s’abat sans pitié sur lui, la soit-disant force des vain­cus est de savoir recon­naître en chacun de nous cette part de faiblesse, c’est alors que « les vain­cus sont puis­sants » .

Wally Lamb nous plonge dans l’histoire d’une famille « dysfonc­tion­nelle » (j’emprunte ce mot à Pat Conroy élevé à la dure lui aussi par un ancien Marine). La diffé­rence est que Ray n’est pas le géni­teur des enfants, il a épousé la mère et reconnu les jumeaux. Durant toute leur enfance, il n’aura pour but que d’en faire de braves petits soldats et les endur­cir pour affron­ter un monde qu’il sait ne faire aucune place aux faibles. Domi­nick s’en sort à sa façon, il affronte avec bravache cette éduca­tion, mais Thomas réagit par les pleurs. Plus sa mère le protège, plus Ray s’énerve jusqu’à une scène terrible qui arrive après 900 pages. C’est le reproche que je fais à ce roman pour­quoi faut-il à cet auteur 976 pages pour accou­cher de cette souf­france qui dévore toute une vie ? Bien sûr ce roman nous permet de visi­ter les bas-fonds des hôpi­taux psychia­triques améri­cains, de parta­ger les tensions de l’arrivée des immi­grants italiens, de revivre le racisme ordi­naire contre les indiens et les noirs, et de comprendre que la peur d’avoir du sang noir dans les veines a provo­qué bien des secrets, que rien n’est pire que statut de fille mère … Bref nous sommes avec les vain­cus souvent et il est vrai que nous mesu­rons qu’eux aussi on fait la force de ce grand pays. Mais j’aurais aimé un peu plus de conci­sion, même si je comprends que le rythme de cette écri­ture vient du dévoi­le­ment progres­sif que Domi­nick réalise grâce à une théra­pie très doulou­reuse. Au bout de tant d’horreurs, la fin heureuse a mis un peu de baume sur mon cœur telle­ment meur­tri surtout quand je lis pendant des pages et des pages les souf­frances que l’on peut faire subir à des gens sans défense dans les hôpi­taux psychia­triques.

Citations

La dernière phrase

L’amour gran­dit dans le riche terreau du pardon ; les bâtards font de bons chiens ; La preuve de l’existence de Dieu réside dans la pléni­tude des choses.

Le sens du roman avec le titre français

Je suis profes­seur d’histoire américaine(.….)mes élèves tirent, je l’espère, la leçon que j’ai moi même tirée : l’abus de pouvoir nuit à l’oppresseur autant qu’à l’opprimé.

L’amitié entre garçons

« Comment peux-tu fréquen­ter le trou du c… le plus notoires de tout le lycée ? » me deman­dait constam­ment Thomas l’été ou Léo et moi étions ensemble au rattra­page d’algèbre. Certes, Léo était un vrai trou du cul, je le savais. Mais, je le répète, il était aussi tout ce que mon frère et moi n’étions pas : sans complexe, insou­ciant, et hyper drôle. Son toupet phéno­mé­nal nous avait fait accé­der à toutes sortes de plai­sirs inter­dits que mon béni-oui-oui de fran­gin aurait désap­prouvé, et qui m’aurait valu des rossées de mon beau-père : les films clas­sés X du drive-in de la route 165, le champ de courses de Narra­gan­sett, un maga­sin de vins, spiri­tueux sur la route de Pachaug Pond qui accor­dait aux mineurs le béné­fice du doute. Ma première cuite magis­trale, je l’ai prise dans la voiture de la mère de Léo, à la Cascade en fumant des ciga­rettes et en faisant circu­ler une bouteille de Bali Hai. J’avais 15 ans.

Les expérimentations sur les malades mentaux

Les années 70 et 78 avaient été fastes. À cette époque-là, consi­dé­rant qu’en fin de compte Thomas n’était pas maniaco-depres­sif, on avait arrêté le lithium pour le rempla­cer par de la stela­zine. Puis le Dr Brad­bury avait pris sa retraite, et ce connais de Dr Shoo­ner, ce nabot qui suivait désor­mais mon frère, avait décrété que, si ça marchait avec six milli­grammes de stela­zine par jour, ça marche­rait d’autant mieux avec dix-huit. Il me semble encore tenir ce petit char­la­tan par les revers de son veston de tweed comme le jour où j’ai trouvé Thomas assis, para­lysé, l’oeil vitreux, la langue pendante, bavant sur sa chemise.

Les bibliothèques

Autre­fois, le métier de biblio­thé­caire était un métier agréable -après tout elle aimait bien les gens. Mais à présent, les biblio­thèques étaient à la merci des lais­sés-pour-compte et des sans-abris du quar­tier. Des gens qui se fichaient éper­du­ment des livres et de l’information. Qui venaient s’asseoir là comme des légumes ou se préci­pi­taient aux WC toutes les cinq minutes. 

Le destin et l’amour d’un fils pour sa mère

J’étais celui qui en voulait le plus au destin de l’avoir grati­fiée d’abord d’un mari incons­tant, puis d’un fils schi­zo­phrène, avant de reve­nir lui taper sur l’épaule pour lui filer le cancer. Or je prou­vais seule­ment que j’étais celui qui refu­sait le plus obsti­né­ment de se rendre à l’évidence. Si je me donnais tant de mal et si je faisais les frais de lui offrir une cuisine neuve, elle avait inté­rêt à vivre assez long­temps pour en profi­ter.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.


J’ai beau­coup aimé de cette auteure deux de ses romans histo­rique « L’adieu à la reine » que j’ai lu avant Luocine et « Le testa­ment d’Olympe  ». Son livre de souve­nirs était proposé à notre club de la rentrée, je l’ai donc commencé avec un a priori favo­rable. De plus les jeux d’enfant sur les plages me sont fami­liers ainsi que les ambiances de ville balnéaires en saison comme hors saison. Mais malgré ma bonne volonté, je n’ai rien reçu en lisant ce livre, qui n’est ni déplai­sant ni plai­sant. Je me disais sans cesse que si cette auteure n’était pas connue, peu de gens liraient ce livre qui est, je le recon­nais, élégant et déli­cat. Chan­tal Thomas,( pour moi c’est une qualité), n’est pas de la veine des femmes qui aiment avec courage mais souvent trop d’impudeur étaler la moindre de leurs souf­frances, elle reste mesu­rée et par touches très fines nous fait vivre une enfance bercée par les embruns et les odeurs d’estran et une mère fantasque. Elle raconte ses châteaux sur le sable, ses pêches mira­cu­leuses dans les rochers, des grands parents qui pallient l’absence d’une mère plus inté­res­sée par son propre bonheur que celui de ses proches. Je sais que j’oublierai ce livre aussi vite que la marée défait les œuvres éphé­mères des enfants sur la plage.

Citations

Parce que je connais des amoureux du tandem

Si aimer ce n’est pas se regar­der l’un l’autre c’est regar­der ensemble dans la même direc­tion, alors le tandem et le véhi­cule par excel­lence de l’amour. L’un derrière l’autre, péda­lant de concert dans la même direc­tion, ils avale­ront des kilo­mètres.

Les châteaux de sable

Le château conti­nue de crou­ler. Vous auriez dû le construire dans le sable sec, là où la marée ne monte pas, ponti­fie un père qui ignore l’attrait des causes perdues et l’empire des ruines. C’est parce que le château s’écroule, c’est dans l’intervalle où, quoique déla­bré, il garde des traces de sa gloire passée, que soudain il s’anime et devient habité. Il est traversé de voix, on entend des appels au secours, des histoires se nouent, et une grande tris­tesse nous abat.

La maladie d’Alzheimer

Ma mère a telle­ment travaillé dans le sens de l’oubli, telle­ment voulu oublier, que main­te­nant que l’oubli lui arrive de l’extérieur, en forme de patho­lo­gie, elle a une supé­rio­rité sur ceux qui ne s’étaient pas entraî­nés, ceux que l’oubli frappent de plein fouet. Elle est étran­ge­ment à l’aise avec le proces­sus mysté­rieux et actif en train d’effacer certaines de ses données exis­ten­tielles. Elle est à l’aise, elle n’est pas complice. Elle sent que quelque chose la dépasse, qui ne s’agit plus d’une amné­sie sous contrôle des noms de personnes et de lieu rayés de son monde comme porteur de mauvaises ondes, d’images désa­gréables et doulou­reuses. Un enfouis­se­ment réussi. Chez-elle les gens, les lieux, les noms, béton­nés sous une couche de silence, n’émergent plus jamais dans un espace vivant de conver­sa­tion, de rires, de larmes, ni même par une allu­sion, une soudaine tris­tesse où se fige l’expression. Le nom de mon père n’a aucune chance de fran­chir la barrière de ses lèvres, pas plus que celui d’Arcachon.

Cet auteur fait partie de ceux que je lis avec grand plai­sir. Brize était enthou­siaste, mais Aifelle avait un peu refroidi mon envie, pas assez tout de même pour que je ne le réserve pas à ma média­thèque. Tous les lecteurs de ce roman constatent que le récit de la catas­trophe de Liévin en 1974 rend parfai­te­ment compte de l’horreur de cette acci­dent qui aurait pu être évité, et raconte très bien la vie des mineurs et les terribles consé­quences de la sili­cose. J’ai relu quelques archives de l’époque, qui permettent de se rendre compte que Sorj Chalan­don n’a pas exagéré. Oui, cette catas­trophe était évitable et oui, ces hommes sont morts au nom du rende­ment du char­bon, alors que les mines avaient déjà perdu leur renta­bi­lité, elles allaient bien­tôt fermer les unes après les autres. Sorj Chalen­don, en ancien jour­na­liste, a sûre­ment véri­fié la véra­cité des détails révol­tants comme le fait que les houillères retiennent sur le salaire du mineur mort au fond de la mine, les deux jours qu’il n’a pas pu faire pour finir son mois, et encore plus sordide le prix de la tenue qu’il n’a pas pu rendre.…

L’autre centre d’intérêt c’est le destin person­nel de Michel, le petit frère survi­vant et tota­le­ment hanté par cette catas­trophe. On ne peut sans divul­gâ­cher l’intrigue, en dire trop sur ce person­nage. Pour Aifelle il n’est pas crédible et cela enlève du poids au roman. Je dois être une véri­table incon­di­tion­nelle de cet auteur, car si comme elle j’ai des doutes sur la vrai­sem­blance du person­nage, j’ai trouvé que grâce à lui, Sorj Chalen­don avait réussi à nous rendre présent l’horreur des acci­dents dans les mines. Et puis cela permet de tenir en haleine le lecteur jusqu’à la dernière page. Lors du procès final, j’ai beau­coup appré­cié le réqui­si­toire et la plai­doi­rie de la défense. Tout est dit dans ces quelques pages. À la fois un pays qui, en 2014, ne comprend plus la vie des mineurs, l’absurdité des destins qui finissent dans des râles de respi­ra­tions étouf­fées par les pous­sières de char­bon, ou dans des acci­dents d’une violence inima­gi­nable, et les gens qui eux sont restés à Lens ou à Liévin et qui se sentent marqués à jamais par les tragé­dies du char­bon.

C’est donc une quatrième fois que Luocine accueille un roman de cet auteur et même si j’ai un peu plus de réserves que pour « Retour à Killy­berg » , « le quatrième mur  » prix Goncourt lycéen 2013,et « Profes­sion du père » il m’a quand même beau­coup plu.

Citations

Tous les bricoleurs de mobylettes se reconnaîtront

À vingt sept ans, mon frère avait aussi aban­donné son vieux vélo pour le cyclo­mo­teur.

- La Rolls des gens honnête, disait-il aussi.

Une tragédie évitable

La presse l’avais compris, le juge Pascal l’avait décou­vert. Rien n’avait été dégazé. Le système pour mesu­rer le grisou n’était pas achevé. La machine qui servait à dissi­per les poches de méthane fonc­tion­nait dans un autre quar­tier. Les gaziers n’avaient pas mal travaillé. Pas leur faute, les pauvres gars. Ils n’étaient que deux mineurs à effec­tuer des mesures manuelles .Un seul, pour inspec­ter des kilo­mètres de gale­ries. Par mesure d’économie, les Houillères avaient pris le risque de l’accident.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

Prix Renau­dot 2017 . Féli­ci­ta­tions !


Quel livre ! La biblio­thé­caire nous avait prévenu, ce roman est inté­res­sant à plus d’un titre, ce n’est pas seule­ment un livre de plus sur l’horreur d’Auschwitz. Olivier Guez commence son récit lorsque Josef Mengele débarque en Argen­tine sous le nom d’Helmut Gregor, après avoir passé trois ans à se cacher dans une ferme en Bavière non loin de Günz­burg sa ville natale où son père occupe des fonc­tions très impor­tantes à la fois, indus­triel pros­père, et maire de sa ville. Toute sa vie de fuyard, Mengele sera soutenu finan­ciè­re­ment par sa famille. Deux périodes très distinctes partagent sa vie d’après Ausch­witz, d’abord une vie d’exilé très confor­table en Argen­tine. Sous le régime des Peron, les anciens digni­taires Nazis sont les bien­ve­nus et il devient un indus­triel reconnu et vend aussi les machines agri­coles « Mengele » que sa famille produit à Günz­burg.

Tout le monde tire profit de la situa­tion, l’industrie alle­mande prend pied en Amérique latine et Josef s’enrichit. Son père lui fait épou­ser la veuve de son frère pour que l’argent ne sorte pas de la famille. Et la petite famille vit une période très heureuse dans un domaine agréable, ils parti­cipent à la vie des Argen­tins et se sentent à l’abri de quel­conques repré­sailles.

Tout s’effondre en 1960, quand le Mossad s’empare d’Eichmann et le juge à Jéru­sa­lem. Mengele ne connaî­tra plus alors de repos, toujours en fuite, de plus en plus seul et traqué par les justices du monde entier. Mais jusqu’en février 1979, date de sa mort, sa famille alle­mande lui a envoyé de l’argent. On aurait donc pu le retrou­ver, pour infor­ma­tion l’entreprise fami­liale Mengele n’a disparu qu’en 1991 et le nom de la marque en 2011.

La person­na­lité de ce méde­cin tortion­naire tel que Olivier Guez l’imagine, est assez crédible, jusqu’à la fin de sa vie, il se consi­dé­rera comme un grand savant incom­pris et il devien­dra au fil des années d’exil un homme insup­por­table rejeté de tous ceux qui se faisaient gras­se­ment payer pour le cacher. La plon­gée dans cette person­na­lité est suppor­table car Mengele n’a plus aucun pouvoir et même si on aurait aimé qu’il soit jugé on peut se réjouir qu’il ait fini seul et sans aucun récon­fort. Ce qui n’est pas le cas de beau­coup d’industriels alle­mands qui ont établi leur fortune sous le régime Nazi. L’aspect le plus éton­nant de ce roman, c’est la complai­sance de l’Argentine de l’Uruguay vis à vis des Nazis. Cette commu­nauté de fuyards Nazis a d’abord eu pignon sur rue et a contri­bué au déve­lop­pe­ment écono­mique de ces pays, puis ces hommes ont peu peu à peu perdu de leur superbe et se sont avérés de bien piètres entre­pre­neurs.

Citations

L’Allemagne nazie

Tout le monde a profité du système, jusqu’aux destruc­tions des dernières années de guerre. Personne ne protes­tait quand les Juifs agenouillés nettoyaient m les trot­toirs et personne n’a rien dit quand ils ont disparu du jour au lende­main. Si la planète ne s’était pas liguée contre l’Allemagne, le nazisme serait toujours au pouvoir.

L’Allemagne d’après guerre

À la nostal­gie nazi les Alle­mands préfèrent les vacances en Italie. Le même oppor­tu­nisme qui les a inci­tés à servir le Reich les pousse à embras­ser la démo­cra­tie, les Alle­mands ont l’échine souple et aux élec­tions de 1953, le Parti impé­rial est balayé.

Les industriels allemands

À Ausch­witz, les cartels alle­mand s’en sont mis plein les poches en exploi­tant la main d’oeuvre servile à leur dispo­si­tion jusqu’à l’épuisement. Ausch­witz, une entre­prise fruc­tueuse : avant son arri­vée au camp, les dépor­tés produi­sait déjà du caou­tchouc synthé­tique pour IG Farben et les armes pour Krupp. L’usine de feutre Alex Zink ache­tait des cheveux de femmes par sacs entiers à la Komman­dan­tur et en faisait des chaus­settes pour les équi­pages de sous-marins ou des tuyaux pour les chemins de fer. Les labo­ra­toire Scher­ring rému­né­raient un de ses confrères pour qu’il procède à des expé­ri­men­ta­tions sur la fécon­da­tion in vitro et Bayer testait de nouveaux médi­ca­ments contre le typhus sur les déte­nus du camp. Vingt ans plus tard, bougonne Mengele, les diri­geants de ces entre­prises ont retourné leur veste. Ils fument le cigare entou­rés de leur famille en siro­tant de bon vin dans leur villa de Munich ou de Franc­fort pendant que lui patauge dans la bouse de vache ! Traites ! Plan­qués ! Pour­ri­tures ! En travaillant main dans la main à Ausch­witz, indus­tries, banques et orga­nismes gouver­ne­men­taux en ont tiré des profits exor­bi­tant, lui qui ne s’est pas enri­chis d’un pfen­nig doit payer seul l’addition.

Description de Mengele à Auschwit par son adjoint

Mengele est infa­ti­gable dans l’exercice de ses fonc­tions. Il passe des heures entières plongé dans le travail, debout une demi-jour­née devant la rampe juive ou arrive déjà quatre ou cinq trains par jour char­gés de dépor­tés de Hongrie. Son bras s’élance inva­ria­ble­ment dans la même direc­tion, à gauche. Des trains entiers sont envoyés au chambre à gaz et au bûcher. Il consi­dère l’expédition de centaines de milliers de Juifs à la chambre à gaz comme un devoir patrio­tique. Dans la baraque d’expérimentation du camp tsigane on effec­tue sur les nains et les jumeaux tous les examens médi­caux que le corps humain est capable de suppor­ter. Des prises de sang, des ponc­tions lombaires, des échanges de sang entre jumeaux d’innombrables examens fati­gants dépri­mants, in-vivo. Pour l’étude compa­ra­tive des organes, les jumeaux doivent mourir en même temps. Aussi meurent-ils dans des baraques du camp d’Auschwitz dans le quar­tier B, par la main du docteur Mengele.


Apres Homo Sapiens, je savais que je lirai ce livre qui fait tant parler de lui et de son auteur. On retrouve l’esprit vif et peu conven­tion­nel de Yuval Noah Harari mais c’est moins agréable à lire. Car, si de nouveau, il remet en cause la façon dont Homo Sapiens, (c’est à dire nous) a conquis la planète, au détri­ment des animaux et au risque de détruire l’équilibre de la nature, il projette dans le futur les consé­quences de nos récentes décou­vertes. Nous sommes donc, selon lui, au bord de créer l’Homo-Deus qui aura sans doute aussi peu de consi­dé­ra­tion pour Homo Sapiens que celui-ci en a eu pour les animaux. L’auteur consacre de longues pages sur le sort que nous avons réservé à l’espèce animale, c’est terri­ble­ment angois­sant. Les démons­tra­tions sont brillantes et souvent impla­cables. Mais c’est aussi très triste, car cet avenir n’est guère réjouis­sant. Yuval Noah Harari ne veut être ni gourou, ni prophète, il peut se trom­per mais il nous demande de réflé­chir. Il termine son livre en nous lais­sant trois thèmes de réflexions que je vous livre :

Tous les autres problèmes et évolu­tion sont éclip­sés par trois proces­sus liés les uns aux autres :
1/​la science converge dans un dogme univer­sel, suivant lequel les orga­nismes sont des algo­rithmes et la vie se réduit au trai­te­ment des données.
2/ l’intelligence se découple de la conscience.
3/​Des algo­rithmes non conscients mais fort intel­li­gents, pour­raient bien­tôt nous connaître mieux que nous-mêmes.
Ces trois proces­sus soulèvent trois ques­tions cruciales, dont j’espère qu’elle reste­ront présentes à votre esprit long­temps après que vous aurez refermé ce livre : 
1/​Les orga­nismes ne sont-ils réel­le­ment que des algo­rithmes, et la vie se réduit-elle au trai­te­ment des données ? 
2/​De l’intelligence ou de la conscience, laquelle est la plus précieuse ?
3/​Qu’adviendra-t-il de la société, de la poli­tique et de la vie quoti­dienne quand les algo­rithmes non conscients mais haute­ment intel­li­gents nous connaî­trons mieux que nous ne nous connais­sons ?
Ne croyez pas pouvoir sortir de ces ques­tions par une simple boutade, ou par un geste rapide de déné­ga­tion. Même si ces ques­tions ne vous inté­ressent pas sachez que ces problèmes vont venir vers vous que vous le vouliez ou non. Il a fallu 500 pages à l’auteur pour en arri­ver là. Il vous entraî­nera aupa­ra­vant dans l’histoire humaine avec beau­coup d’humour et de sagesse. Vous verrez Homo Sapiens conqué­rir, domes­ti­quer et domi­ner complè­te­ment la planète et après avoir vaincu les trois fléaux qui l’ont occupé des millé­naires durant, à savoir : la famine, la mala­die et les guerres, s’il suit les tendances actuelles, il se pren­dra pour Dieu et voudra vivre une vie augmen­tée de tous les services rendus par les nouvelles tech­no­lo­gies. Vous croyez qu’il délire, et pour­tant entre le Bitcoin, les blok­schains et les big-data , dites moi un peu où se trouvent l’individu, le pouvoir poli­tique ou les nations. Que deviennent nos concep­tions de l’humanisme ?
J’ai annoté ce livre au fur et à mesure de ma lecture et si je mets toutes mes notes dans mon article c’est que parfois elles me font sourire mais surtout elles me permettent de mieux me souve­nir des raison­ne­ments de cet auteur, Yuval Noah Harari : juif, athée, végé­ta­rien, homo­sexuel et surtout incroya­ble­ment intel­li­gent. Il a déclaré que le fait de n’être pas dans le moule de l’Israélien clas­sique lui avait permis d’être libre dans son mode de pensée.
Un livre impla­cable donc, vous le lirez sans doute mais avec moins de jubi­la­tion que son précé­dent ouvrage.

Citation

la fin des famines

En 2012, autour de 56 million de personnes sont mortes à travers le monde. ; 620000 ont été victimes de la violence humaine, (la guerre en a tué 120000, le crime 500 000). En revanche, on a dénom­bré 800 000 suicides, tandis que 1,5 million de gens mouraient du diabète. Le sucre est devenu plus dange­reux que la poudre à canon.

Une formule et un exemple frappant : l’art de convaincre de cet auteur

Le mot « paix » a pris un sens nouveau. Les géné­ra­tions anté­rieures envi­sa­geaient la paix comme l’absence tempo­raire de guerre. Aujourd’hui, la Paix, c’est l’invraisemblance de la guerre. En 1913, quand les gens parlaient de la paix entre la France et l’Allemagne, ils voulaient dire : » pour l’instant, il n’y a pas de guerre entre les deux pays, et qui sait ce que l’année prochaine nous réserve ? » Quand nous disons aujourd’hui que la paix règne entre la France et l’Allemagne, nous voulons dire que, pour autant que l’on puisse prévoir, il est incon­ce­vable qu’une guerre puisse écla­ter entre elles.

La fin des masses

De surcroît, malgré toutes les percées médi­cales, nous ne saurions être abso­lu­ment certain qu’en 2070 les plus pauvres joui­ront de meilleurs soins qu’aujourd’hui. L’État et L’élite pour­raient se désin­té­res­ser de la ques­tion. Au 20e siècle, la méde­cine a profité aux masses parce que ce siècle était l’ère des masses. Les armées avaient besoin de millions de soldats en bonne santé, et les écono­mies de millions de travailleurs sains. Aussi les États ont-ils mis en place des services publics pour veiller à la santé et à la vigueur de tous. Nos plus grandes réali­sa­tions médi­cales ont été la créa­tion d’installation d’hygiène de masse, de campagne massive de vacci­na­tion et l’éradication des épidé­mies de masse. En 1914, l’élite japo­naise avait tout inté­rêt à vacci­ner les plus pauvres, et à construire des hôpi­taux et le tout-à-l’égout dans les taudis : pour que le pays deviennent une nation forte à l’armée puis­sante et à l’économie robuste, il lui fallait des millions de soldats et d’ouvriers en bonne santé. 

L’ère des masses pour­rait bien être termi­née et, avec elle, l’âge de la méde­cine de masse. Tandis que soldats et travailleurs humains laissent place aux algo­rithmes, certaines élites au moins en concluent peut-être qu’il ne rime à rien d’assurer des niveaux de santé amélio­rés ou même stan­dards aux masses pauvres, et qu’il est bien plus raison­nable de cher­cher à augmen­ter une poignée de surhommes hors norme.

Victoire du libéralisme économique sur le totalitarisme communiste

Si le capi­ta­lisme a vaincu le commu­nisme, ce n’est pas parce qu’il était plus éthique, que les liber­tés indi­vi­duelles sont sacrées où que Dieu était en colère contre les commu­nistes païens. Le capi­ta­lisme a gagné la guerre froide parce que le trai­te­ment distri­bué des données marche mieux que le trai­te­ment centra­lisé, du moins dans les périodes d’accélération du chan­ge­ment tech­nique. Le comité central du Parti commu­niste ne pouvait tout simple­ment pas faire face au chan­ge­ment rapide du monde à la fin du 20e siècle. Quand la tota­lité des Data s’accumule dans un seul bunker secret, et qu’un groupe de vieux appa­rat­chiks prend toutes les déci­sions impor­tantes, ils peuvent certes produire des bombes nucléaires à la pelle, mais ni Apple ni Wiki­pé­dia. 
On raconte une anec­dote proba­ble­ment apocryphe, comme toutes les bonnes anec­dotes, lorsque Michael Gorbat­chev tenta de ressus­ci­ter l’économie sovié­tique mori­bonde, il envoya à Londres un de ses prin­ci­paux colla­bo­ra­teurs pour voir ce qu’il en était du that­ché­risme et comment fonc­tion­nait réel­le­ment un système capi­ta­liste. Ses hôtes guiderent le visi­teur sovié­tique, à travers la City, la bourse de Londres et la London School of Econo­mics, où il discuta avec des direc­teurs de banque, dès entre­pre­neurs et des profes­seurs. Après de longues heures, l’expert sovié­tique ne plus se rete­nir : » Un instant, je vous prie. Oubliee toutes ces théo­ries écono­miques compli­quées. Cela fait main­te­nant une jour­née que nous parcou­rons Londres en long et en large, il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre. À Moscou nos meilleurs esprits travaillent sur le système de four­ni­ture du pain, et pour­tant il y a des queues inter­mi­nables devant les boulan­ge­ries et les épice­ries. Ici, à Londres, vivent des millions de gens, et nous sommes passés aujourd’hui devant quan­tité de maga­sin et de super­mar­ché, je n’ai pas vu une seule queue pour le pain. Je vous en prie, condui­sez-moi auprès de la personne char­gée de ravi­tailler Londres en pain. Il faut que je connaisse son secret. » Ses hôtes se grat­terent la tête, réflé­chirent un instant, et dirent : » Personne n’est chargé de ravi­tailler Londres en pain. »
Tel est le secret de la réus­site capi­ta­liste. Aucune unité centrale de trai­te­ment ne mono­po­lise toutes les données concer­nant la four­ni­ture en pain de la capi­tale.

L’avenir de l’internet

les gouver­ne­ment et les ONG pour­suivent en consé­quence des débats intenses sur la restruc­tu­ra­tion d’internet , mais il est beau­coup plus diffi­cile de chan­ger un système exis­tant que d’intervenir à ses débuts. De plus, le temps que la pesante bureau­cra­tie offi­cielle ait arrêté sa déci­sion en matière de Cyber-régu­la­tion, Inter­net ce sera méta­mor­phosé dix fois. La tortue gouver­ne­men­tale ne saurait rattra­per le lièvre tech­no­lo­gique. Les data la submergent. La NSA (Natio­nal Secu­rity Agency) peut bien espion­ner chacun de nos mots, à en juger d’après les échecs répé­tés de la poli­tique étran­gère améri­caine, personne, à Washing­ton, ne sait que faire de toutes les données. Jamais dans l’histoire on en a su autant sur ce qui se passe dans le monde, mais peu d’Empires ont gâché les choses aussi maladroi­te­ment que les États-Unis contem­po­rains. Un peu comme un joueur de poker qui c’est quelles cartes détiennent ses adver­saires mais se débrouille pour perdre à chaque coup.

Connais-toi toi même.…

Vous voulez savoir quoi ? Payez à « 23andMe » la modique somme de 99 dollars, et on vous enverra un petit paquet dans lequel vous trou­ve­rez une éprou­vette. Vous crachez dedans, vous la fermez hermé­ti­que­ment et vous la renvoyer à Moun­tain View, en Cali­for­nie. Là, l’ADN de votre salive est lu, et vous rece­vez les résul­tats en ligne. Vous obte­nez une liste des problèmes de santé qui vous guettent et le bilan de vos prédis­po­si­tions géné­tiques a plus de quatre-vingt-dix traits et condi­tions, de la calvi­tie à la cécité. « Connais-toi toi-même ? » Cela n’a jamais été plus facile ni meilleur marché. Puisque tout repose sur des statis­tiques, la taille de la base de données de la société est la clé pour des prédic­tions exactes Aussi la première société à construire une base de données géné­tiques géante four­nira-t-elle à la clien­tèle les meilleures prédic­tion et acca­para-t-elle poten­tiel­le­ment le marché. Les socié­tés améri­caines de bio-tech­no­lo­gie redoutent de plus en plus que la rigueur des lois sur la vie privée aux États-Unis, alliée au mépris chinois pour l’intimité, n’apporte à la Chine sur un plateau le marché géné­tique.

Fin de l’humanisme

Les hommes sont mena­cés de perdre leur valeur écono­mique parce que l’intelligence est décou­plée de la conscience. 
Jusqu’à aujourd’hui, la grande intel­li­gence est toujours allée de pair avec une conscience déve­lop­pée. Seuls des êtres conscients pouvaient accom­plir des tâches qui néces­si­taient beau­coup d’intelligence, comme jouer aux échecs, conduire une voiture, diag­nos­ti­quer une mala­die ou iden­ti­fier des terro­ristes. Toute­fois, nous mettons au point de nouveaux types d’intelligences non conscientes suscep­tibles d’accomplir ses tâches bien mieux que les êtres humains. Toutes ces tâches sont en effet fondées sur la recon­nais­sance de forme, il est possible que, bien­tôt, des algo­rithmes non conscients surpassent la conscience humaine en la matière.

Justification de la guerre

L’humanisme évolu­tion­niste soutient que l’expérience de la guerre est précieuse, et même essen­tielle. Le film « le troi­sième homme » a pour cadre la ville de Vienne au lende­main de la Seconde Guerre mondiale. Réflé­chis­sant au conflit récent, le person­nage Harry Lime observe : « Après tout, ce n’est pas si terrible… En Italie, sous les Borgia, ils ont eu trente années de guerre, de terreur, de meurtre et de bain de sang, mais ils ont produit Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renais­sance. En Suisse, ils ont eu l’amour frater­nel, cinq siècles de démo­cra­tie et de paix, et qu’ont-ils produit ? Le coucou. » Il a tort sur presque tous les points, au début des temps modernes, la Suisse a proba­ble­ment été la région d’Europe la plus assoif­fée de sang et expor­tait surtout des merce­naires, et le coucou est en fait une inven­tion alle­mande.

Humour en Israël

De nos jours, il est assez inté­res­sant de le consta­ter, même les fana­tiques reli­gieux adoptent ce discours huma­niste quand ils veulent influen­cer l’opinion publique. Chaque année depuis une décen­nie, par exemple, la commu­nauté israé­lienne LGBT
(lesbiennes,gays, et trans­genres) orga­nise une Gay Pride dans les rues de Jéru­sa­lem : un jour d’harmonie unique dans cette ville déchi­rée par les conflits, parce que c’est la seule occa­sion où les juifs reli­gieux, les musul­mans et les chré­tiens trouvent soudain une cause commune ; tous se déchaînent contre la parade. Ce qui est vrai­ment inté­res­sant, cepen­dant, c’est l’argument qu’ils invoquent. Ils ne disent pas : » Ces pêcheurs doivent être privés de parade parce que Dieu inter­dit l’homosexualité. » Mais, devant tous les micros et camé­ras de télé­vi­sion, ils expliquent que « voir une parade gay dans les rues de la ville sainte de Jéru­sa­lem blesse notre sensi­bi­lité. Les gays nous demandent de respec­ter leurs senti­ments, qu’ils respectent les nôtres. ».

Humour

Alors que les prêtres du Moyen-Âge dispo­saient d’une hotline avec Dieu et pouvaient distin­guer le bien du mal à notre inten­tion, les théra­peutes modernes, nous aident simple­ment à entrer en contact avec nos senti­ments intimes.

Importance du crédit

Les Temps Modernes finir par casser ce cycle du fait de la confiance crois­sante des gens en l’avenir et au miracle du crédit qui en est résulté. Le crédit est la mani­fes­ta­tion écono­mique de la confiance. De nos jours, si je souhaite mettre au point un nouveau médi­ca­ment, et que je manque d’argent, je peux obte­nir un prêt à la banque, ou me
tour­ner vers des inves­tis­seurs privés et des fonds de capi­taux à risque. Quand Ébola est apparu en Afrique de l’Ouest à l’été 2014, que croyez-vous qu’il advint des actions des socié­tés phar­ma­ceu­tiques qui travaillait à des médi­ca­ments et des vaccins contre ce virus ? Elle s’envolèrent. Les actions de Tekmira augmen­tèrent de 50 %, salle de BioCryst, de 90 %. Au Moyen-Âge, quand une épidé­mie se décla­rait, les gens tour­naient les yeux vers le ciel et priaient Dieu de leur pardon­ner leurs péchés. Aujourd’hui, quand les gens entendent parler d’une nouvelle épidé­mie mortel, ils prennent leur télé­phone mobile et appellent leur cour­tier. Sur le marché bour­sier, même une épidé­mie est une occa­sion de faire des affaires.

L’humour

En vérité, aujourd’hui encore, quand ils prêtent serment, les prési­dents améri­cains posent la main sur une Bible. De même dans bien des pays à travers le monde, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, les témoins, à la cour, posent la main sur une Bible en jurant de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Il est para­doxal qu’ils jurent de dire la vérité sur un livre débor­dant de fictions, de mythes et d’erreurs. 

Une partie des problèmes de l’Afrique

Sur une table bien asti­quée de Berlin, ils dérou­lèrent une carte à moitié vide de l’Afrique, esquis­sèrent quelques traits ici ou là, et se parta­gèrent le conti­nent.
Quand, le moment venu, les Euro­péens s’y aven­turent munis de leur carte, ils décou­vrirent que nombre des fron­tières tracées à Berlin rendaient mal justice à la réalité géogra­phique, écono­mique et ethnique de l’Afrique. Toute­fois, pour éviter de réveiller des tensions, les enva­his­seurs s’en tinrent à leurs accords, et ces lignes imagi­naires devinrent les fron­tières effec­tives des colo­nies euro­péennes. Dans la seconde moitié du XXe siècle, avec la désin­té­gra­tion des empires euro­péens, les colo­nies accé­dèrent à l’indépendance. Les nouveaux pays acce­ptèrent alors des fron­tières colo­niales, redou­tant de provo­quer sinon une chaîne sans fin de guerres et de conflits. Beau­coup de diffi­cul­tés que traversent les pays afri­cains actuels viennent de ce que leurs fron­tières ont peu de sens. Quand les écrits fantai­sistes des bureau­cra­tie euro­péenne se heur­tèrent à la réalité afri­caine, ce fut la réalité qui dut céder.

Pourquoi les religieux détestent la théorie de l’évolution

La théo­rie de la rela­ti­vité ne met personne en colère parce qu’elle ne contre­dit aucune de nos croyances chérie. La plupart des gens se fichent pas mal que l’espace et le temps soit absolu ou rela­tif. Si vous croyez possible de cour­ber l’espace et le temps, eh bien, faites donc ! Allez-y, pliez-les. Je n’en ai cure. En revanche, Darwin nous a privé de notre âme. Si vous compre­nez plei­ne­ment la théo­rie de l’évolution, vous compre­nez qu’il n’y a pas d’âme. C’est une pensée terri­fiante pour les chré­tiens et musul­mans fervents, mais aussi pour bien des esprits sécu­liers qui n’adhèrent clai­re­ment a aucun dogme reli­gieux, mais n’en veulent pas moins croire que chaque humain possède une essence indi­vi­duelle éter­nelle qui reste inchan­gée tout le long de la vie et peut même survivre intacte à la mort.

Le charme de l’éducation britannique

John Watson, qui faisait auto­rité en la matière dans les années 1920, conseillait sévè­re­ment aux parents : » Ne serrez jamais vos enfant dans vos bras, ne les embras­sez pas, ne les lais­sez jamais s’asseoir sur vos genoux. S’il le faut, donnez-leur un baiser sur le front quand ils vous disent bonne nuit. Le matin, serrez leur la main. »

Genre d’anecdote qu’on aime répéter

Une anec­dotes célèbres, proba­ble­ment apocryphe, rapporte la rencontre en 1923 du prix Nobel de litté­ra­ture Anatole France et d’Isadora Duncan, la belle et talen­tueuse danseuse. Discu­tant du mouve­ment eugé­niste alors en vogue, Duncan observa : « .Imagi­nez un peu un enfant qui aurait ma beauté et votre intel­li­gence ! ». Et France de répondre : « Oui, mais imagi­nez un enfant qui ait ma beauté et votre intel­li­gence ! »

La vie, le sacré et la mort

La Décla­ra­tion univer­selle des droits de l’homme adop­tée par les Nations unies au lende­main de la dernières guerre – qui est ce qui ressemble sans doute le plus à une consti­tu­tion mondiale- déclare caté­go­ri­que­ment que le « droit à la vie » est la valeur la plus fonda­men­tale de l’humanité. Puisque la mort viole clai­re­ment ce droit, la mort est un crime contre l’humanité. Nous devons mener contre elle une guerre totale.
Tout au long de l’histoire, les reli­gions et les idéo­lo­gies n’ont pas sanc­ti­fié la vie elle-même, mais autre chose au-delà de l’existence terrestre. Elles ont donc parfai­te­ment toléré la mort. Certaines ont même montré beau­coup d’affection pour la Grande Faucheuse. Pour le chris­tia­nisme, l’islam et l’hindouisme, le sens de notre exis­tence dépen­dait de notre destin dans l’au-delà ; pour ces reli­gions, la mort était donc un élément vital et posi­tif du monde.

Traduit de l’anglais (Irlande) par Isabelle D. Philippe. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard thème : « en chan­tant ».

Pour une fois, je crois qu’il vaut mieux voir le film que lire le livre qui l’a inspiré.

Film d’Alan Parker.


Le film est très drôle, visi­ble­ment, j’admire le talent des cinéastes qui savent à partir d’un tel livre faire un excellent film. On sent bien cepen­dant toute la vie qui jaillit des dialogues mais c’est très très pénible à lire. Pour vous faire une idée je vous reco­pie un passage, tout le roman est écrit sous cette forme là. J’ai fini par survo­ler plus que vrai­ment le lire.

Citation

Création du groupe

-Tous ces trucs à la noix sur l’amour, la campagne et les rendez-vous avec les meufs dans les super­mar­chés ou au McDo­nald, c’est fini, à la masse. C’est malhon­nête, déclara Jimmy.C’est bour­geois…
-Merde !
-C’est des trucs ringards, Dieu merci !
-Qu’est ce qui marche alors ? lui demanda Outs­pan
-Je vais te le dire. Le sexe et la poli­tique.
-Quoi ?
-Le vrai sexe. Pas le genre senti­men­tal « Je te tien­drai la main jusqu’à la fin des temps » Baiser, foutre… tu vois ce que je veux dire ?
-Je crois.
-Mais on ne peut pas dire « foutre » dans une chan­son objecta Derek…

Je suis mort. C’est pas le pire qui pouvait m’arriver.


J’ai besoin de cet auteur, j’ai besoin de son humour, il me fait telle­ment de bien depuis sa « Gram­maire imper­ti­nente » jusqu’à « Mon autop­sie ». Il me fait écla­ter de rire même si je suis seule, et dans mon blog, peu de livres ont eu ce pouvoir. Evidem­ment, après, je partage les extraits de son livre avec tous ceux et toutes celles qui ont ri avec Pierre Desproges, un exemple des grands amis de cet auteur.

Dans « Mon autop­sie », Jean-Louis Four­nier répond à la critique qu’on lui a sans doute faite de s’être moqué de toute sa famille sauf de lui. Dans ce livre, il se passe donc lui-même sur le grill de son esprit caus­tique, il ne s’épargne guère, après son père alcoo­lique, sa mère du Nord , ses deux enfants handi­ca­pés, sa fille reli­gieuse, sa femme qu’il a tant aimé, le voilà, lui l’écrivain. Lisez ce roman vous saurez tout sur Jean-Louis Four­nier, dissé­qué par une jeune étudiante en méde­cine. Évidem­ment, l’auteur a besoin que cette jeune femme soit belle et émou­vante. Au fur et à mesure qu’elle s’arrête sur telle ou telle partie de son corps, des souve­nirs lui reviennent. Il cherche aussi à comprendre cette jeune femme et sa vie amou­reuse. Les dialogues sont savou­reux. Le livre ne se raconte pas vrai­ment, j’ai reco­pié quelques passages pour vous donner envie de l’ouvrir. Il réus­sit même à nous faire accep­ter que lui aussi va mourir et que ce n’est peut-être pas si triste (person­nel­le­ment son humour me manquera).

Citations

Un chapitre entier pour vous

Lais­sez moi rire
Égoïne a décou­vert sur mon torse un tatouage au niveau du cœur, » S’il vous plaît ne me rani­mer pas do not disturb ».
Il était destiné à mon dernier méde­cin, il a compris le message. Elle a ri. Toute ma vie j’ai voulu faire rire. Le faire encore, après ma mort, m’est déli­cieux.
Petit, je me dégui­sais, j’improvisais des sketchs. À l’école, mon goût de faire rire m’a coûté cher. En rete­nue tous les dimanches, j’étais le mauvais exemple de la classe. Pour me faire remar­quer je n’étais jamais à cours d’idées, jusqu’à mettre une statue de la Sainte Vierge plus grande que moi dans les chiottes. Là, je fus mis à la porte. Mais j’avais fait rire ma mère.
Pour un bon mot, j’étais prêt à tout. Pour éviter des pour­suites judi­ciaires, j’ai même utili­ser l’humour. Pour­suivi pour avoir stationné dans la cour des départs de la gare du Nord, j’ai reçu un cour­rier m’enjoignant de payer pour arrê­ter les pour­suites. J’ai écrit à Madame la SNCF que je refu­sais l’arrêt des pour­suites, je tenais à être châtier pour expier. Je lui deman­dais une dernière faveur, être déchi­queté par le Paris Lille en gare d’Arras.
Les pour­suites se sont arrê­tées.
Pour moi l’humour était un déra­page contrôlé, un antal­gique, une parade à l’insupportable, une écri­ture au second degré, une arme à double tran­chant, un déter­gent. Il nettoie, comme la pyro­lyse, brûle les sale­tés, efface les tâches, les préju­gés, les rancœurs et les rancunes.
Plus tard, dans mes livres, j’ai essayé de rire de tout.
De la gram­maire, de l’alcoolisme de mon père, de l’hypocondrie de ma mère, de mes enfants handi­ca­pés, de ma vieillesse et j’ai voulu rire de ma mort…

J’en connais d’autres, tous élevés chez les curés

Quand j’étais petit, un curé, à la confes­sion, avant de me donner l’absolution, m’avait dit que la nuit il fallait prier avec ses mains, ça évitait de tripo­ter ses « parties honteuses ».
Ça ne m’a pas empê­ché de conti­nuer.
Je me sorti­rais. Les pensées impures étaient-elles des péchés mortels ? Évidem­ment, je n’osais le deman­der à personne.
Ma jeunesse a été empoi­son­née par le péché mortel, et la peur d’aller en enfer.

Si drôle

Plus de mille fois j’ai récité » Ne nous lais­sez pas succom­ber à la tenta­tion ».

Heureu­se­ment, Dieu ne m’a jamais exaucé

On pleure quand on arrive sur terre, pour­quoi on râle quand on doit partir ?

Jamais content.

J’appelais pour donner des nouvelles, rare­ment pour en deman­der, et il ne fallait pas que ça dure long­temps.

» Ce qui m’intéresse le plus chez les autres c’est moi » a écrit Fran­cis Pica­bia.
Cette phrase me va comme un gant.

Et pour vous faire « mourir » de rire son ami si drôle

Plon­gée dans des œuvres très longues et trop sérieuses, j’ai eu besoin de lire un livre qui me fasse sourire. Ce pauvre petit Icare, qui préfère (et de loin) qu’on l’appelle Cour­gette, a réussi à me faire passer une excel­lente soirée. J’ai reco­pié le début du livre pour donner l’idée du ton et de la façon de racon­ter. Derrière ce qui n’est qu’une fable autour de l’enfance malheu­reuse, appa­raissent aussi tous les récits des enfants qui sont broyés par des parents injustes et violents. J’ai quand même été un peu agacée par le côté « tout finira bien » pour notre petite « Cour­gette » qui voulait voir la vie en couleurs. La vie de cet enfant avait tout pour finir en tragé­die, une mère alcoo­lique et violente, un père tota­le­ment absent. Le roman commence alors que, par malheur, il tue sa mère croyant « tuer » le ciel que sa mère invoque sans cesse pour expli­quer tous ses malheurs. Un gendarme au grand cœur, va être touché par ce petit bonhomme et va faire de son mieux pour l’aider à sortir de ce marasme.

Le charme du roman vient du style, l’enfant ne comprend aucune image ni cliché, si son père est parti avec une poule, c’est pour lui une poule comme celle qui sont dans la cour de ses voisins paysans. Le procédé est assez répé­ti­tif et j’ai du mal à croire qu’un enfant de 9 ans soit aussi peu capable de compré­hen­sion au deuxième degré de sa propre langue. Ensuite, sa naïveté est trop totale et trop pure. J’ai donc des réserves sur ce roman, mais cela ne m’a abso­lu­ment pas empê­ché de le lire avec grand inté­rêt. Comme je l’ai dit, c’est une fable et je souhaite qu’elle vous fasse autant de bien qu’elle m’en a fait et je souhaite aussi que les enfants mal-aimés trouvent tous un homme ou une femme qui les aimera assez fort pour les remettre sur le chemin de l’espoir et de la vie.

Le début

Depuis tout petit, je veux tuer le ciel à cause de maman qui me dit souvent :

- Le ciel, ma cour­gettes, c’est grand pour nous rappe­ler qu’on est pas grand-chose dessous.
- La vie, ça ressemble en pire à tout ce gris du ciel avec ces salo­pe­ries de nuages qui pissent que du malheur.
-Tous les hommes ont la tête dans les nuages. Qu’ils y restent donc, comme ton abruti de père qui est parti faire le tour du monde avec une poule.
Des fois, maman dit n’importe quoi.
J’étais trop petit quand mon papa est parti, mais je vois pas pour­quoi il aurait emmené une poule au voisin pour faire le tour du monde avec. C’est bête une poule : ça boit la bière que je mélange aux graines et après ça titube jusqu’au mur avant de s’écrouler par terre.
Et c’est pas sa faute si maman raconte des bêtises pareilles. C’est à cause de toutes ces bières qu’elle boit en regar­dant la télé.
Et elle râle après le ciel et elle me tape dessus alors que j’ai même pas fait de bêtises.
Et je finis par me dire que le ciel et les coups ça va ensemble.
Si je tue le ciel, ça va calmer maman je pour­rais regar­der tran­quille la télé sans me prendre la raclée du ciel.

L’amour

La petite fille s’appelle Camille.
Je pense à elle, même quand elle est là.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Hœpff­ner avec la colla­bo­ra­tion de Cathe­rine Goffaux.


Le récent article de Keisha m’a amenée à relire ce roman que j’avais aban­donné, il m’a fallu toute la force de sa convic­tion pour que je le termine. J’ai failli plus d’une fois faire comme Sandrine renvoyer ce roman aux oubliettes. Il est construit autour d’un texte perdu, caché, présenté comme « unique » et « superbe », il donne, donc, au lecteur une seule envie : le lire à son tour pour parta­ger et comprendre ce plai­sir mais les extraits qui sont donnés sont (pour moi) des flops, cette décep­tion a entraîné une partie de mon désa­mour pour ce ce livre.

Extrait du livre présenté comme un chef d’oeuvre

Pendant l’age du verre, chacun pensait qu’une partie de son corps était extrê­me­ment fragile. Pour certains c’était une main, pour d’autres un fémur, et d’autres encore pensaient que c’était leur nez qui était en verre. L’âge du verre avez suivi l’âge de la pierre en tant que proces­sus évolu­tif de correc­tion, avait intro­duit un senti­ment nouveau de fragi­lité dans les rela­tions humaines qui encou­ra­geait la compas­sion.

Pour­quoi autant de mystère autour d’un texte aussi inin­té­res­sant ! Mais le pire n’est pas là, le côté abso­lu­ment insup­por­table de ce roman c’est sa construc­tion. Les person­nages sont reliés entre eux par des fils qui sont si emmê­lés que l’on ne sait pas ce qui les rapproche. Il y a cepen­dant de très beaux passages, les évoca­tions des diffé­rents aspects de l’extermination des juifs de Pologne et d’Europe centrales. Le poids de tous ces morts et les souve­nirs qui ne peuvent plus être ravi­vés par les vivants mais qui se sont arrê­tés alors que les parents, les frères les sœurs, les amants et amantes avaient encore le reste de leur vie à parta­ger avec la fratrie ; cela finit par étouf­fer les survi­vants. J’aurais tant voulu appré­cier ce livre, je suis bien triste de ne pas y être parve­nue.

Citations

Une mère envahissante

Quand je disais que j’allais dans ma chambre elle m’appelait : « Que puis-je faire pour toi, je t’aime telle­ment », et j’avais toujours envie de dire,mais sans jamais le faire : Aime- moi moins.

Le grand amour

Et si l’homme avait autre­fois été un garçon qui avait promis qu’il ne tombe­rai jamais amou­reux d’une autre fille tant qu’il vivrait a tenu promesse, ce n’est pas parce qu’il était têtu ni même loyale. Il ne pouvais pas faire autre­ment. Et, après s’être caché pendant trois ans et demi, caché son amour pour un fils qui ne savait même pas qu’il exis­tait ne parais­sait pas impen­sable. Pas si c’était ce que la seule femme qu’il aime­rait jamais lui deman­de­rait de faire. Après tout, quelle impor­tance si un homme doit cacher une chose de plus lorsqu’il a complè­te­ment disparu ?

Un juif réfugié au Chili et le poids de la découverte du sort de ceux qui sont restés en Pologne.

La guerre s’acheva. Petit à petit, Livi­nov apprit ce qu’était devenu sa soeur Myriam, et de ses parents, et de quatre autres frères et sœurs (ce qui était arrivé à son frère aîné André, il ne put le devi­ner qu’à partir de proba­bi­lité). Il apprit à vivre avec la vérité. Pas à l’accepter, mais vivre en sa compa­gnie. C’était comme s’il vivait avec un éléphant. Sa chambre était minus­cule et, chaque matin, il devait se glis­ser le long de la vérité simple­ment pour se rendre à la salle de bains. Pour atteindre l’armoire et sortir des sous-vête­ments, il lui fallait passer à quatre pattes sous la vérité, en priant qu’elle ne choi­sisse pas ce moment précis pour s’asseoir sur son visage. La nuit, quand il fermait les yeux, il la sentait planer au-dessus de lui.

La bande annonce pour vous mettre dans l’ambiance…

https://​www​.youtube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​M​e​b​w​G​f​3​pcS

Ce festi­val permet de voir deux sortes de films. Les films en compé­ti­tion qui sont des films de jeunes réali­sa­teurs et qui ont le mérite d’être auda­cieux et permettent de se rendre compte que même sans gros budget on peut réali­ser des films qui ont beau­coup d’intérêt.
Depuis quelques années je parti­cipe à ce festi­val avec ma sœur, et c’est impor­tant de le faire à deux car parfois au bout d’une dizaine de films, on se décou­rage et à deux on se remo­tive.

Pour les films en compé­ti­tion un film que nous avons adoré a eu le Hitch­cock d’or du jury

Seule la terre

Un film de Fran­cis Lee.

Film qui a pour sujet central, l’homosexualité dans une ferme anglaise. Mais qui est surtout un éveil au senti­ment amou­reux. Très beau film très sensible. Aucun person­nage n’est dans la cari­ca­ture, tout est plau­sible et filmé avec beau­coup de déli­ca­tesse.

Notre film préféré qui n’a eu aucune récom­pense.

Jawbone

Un film de Thomas Napper.

Nous avons pleuré et été très émues par le person­nage prin­ci­pal un ancien boxeur. Son combat le plus diffi­cile n’est pas celui où il reçoit le plus de coups. C’est un alcoo­lique et cet homme qui a un courage incroyable se laisse domi­ner par l’alcool. Ce film est servi par des person­nages secon­daires très émou­vants.

Pili ‚ Hitchcock du public

Film docu­men­taire de Leanne Welham.

Les femmes afri­caines portent beau­coup sur leur dos. Et cette maman Pili, conta­mi­née par le Sida que son mari lui a trans­mis avant de l’abandonner a touché le cœur des festi­va­liers. Ce film a été tourné par les femmes du village qui jouent leur propre rôle et cela donne un accent de vérité à ce film qui se passe en Tanza­nie.


Trois films en compé­ti­tion, nous ont moins plu :

Une prière avant l’aube

D’un fran­çais Jean Stéphane Sauvaire qui raconte le parcours d’un jeune drogué anglais dans les prisons thaï­lan­daises . C’est encore la boxe qui lui permet­tra de s’en sortir mais que de violence avant la lueur d’espoir ! C’est tiré d’une histoire vraie.

Daphné

De Peter Mackie Burns, une très jolie actrice pour un film dont nous n’avons pas du tout compris l’intérêt. En revanche la prési­dente du Jury Nicole Garcia aurait aimé récom­pen­ser ce film , il a obtenu le prix du scéna­rio alors que juste­ment, je n’ai pas vu qu’il y en avait un, de scéna­rio.

England is mine

De Mark Gill, un film qui raconte l’adolescence du chan­teur Morris­sey avant qu’il ne soit célèbre. Un person­nage odieux que le film n’arrive pas à rendre inté­res­sant.


Dans les avant-premières nous n’avons pas pu tout voir mais ne ratez surtout pas dès qu’il passera :

À l’heure des souvenirs

De Ritesh Batra.

Nous avons eu la chance que l’acteur prin­ci­pal Jim Broadbent vienne nous présen­ter son film. C’est un petit chef d’oeuvre, on ne peut abso­lu­ment pas le racon­ter sans risquer de ce faire trai­ter de divul­gâ­cheuse, et pour une fois je suis abso­lu­ment d’accord. Tout l’intérêt du film vient de ce que l’on se prend de sympa­thie pour certains person­nages et que peu à peu la réalité trans­forme notre opinion. Peut-être, en ai-je trop dit déjà !

Une belle rencontre

De Lone Sher­fig.

J’ai adoré ce film, même si j’ai trouvé la fin un peu longuette, mais c’est sans doute l’effet festi­val : le rythme s’accélère qu’on le veuille ou non. L’histoire : les anglais décident en 1942, de tour­ner un film pour remon­ter le moral des Britan­niques. Un film dans un film, avec en toile de fond la guerre c’est vrai­ment passion­nant. Le numéro d’acteur de Bill Nighly est génial.

In Another life

De Jason Wingard.

C’est trop dur les films sur l’immigration actuelle, cela passe par Calais et et tout me boule­verse dans ce genre de film. J’ai juste une remarque, je n’arrive pas à comprendre pour­quoi la Grande Bretagne semble pour eux un Eldo­rado et la France un enfer.

Patrick’s day

De Terry Mc-Mahon.

Les rapports entre la mère et son fils schi­zo­phrène sont poignants et la souf­france de cet homme très bien rendu. Nous avons toutes les deux (ma sœur et moi)été très émues par ce film.

Final portrait

De Stan­ley Tucci.

C’est toujours un peu compli­qué les films sur la créa­tion artis­tique, ici on suit bien les évolu­tions du peintre et sculp­teur Giaco­metti mais quel odieux person­nage !

La mort de Staline

De Armando Lanucci.

Ce film respecte bien la vérité histo­rique mais fait des hauts digni­taires sovié­tiques : des marion­nettes abso­lu­ment creuses, lâches, stupides qui veillent simple­ment à sauver leur peau . Le film ne choi­sit pas entre humour et tragé­die et c’est un peu gênant.

Un docu­men­taire, culpa­bi­li­sant et pas très bien fait à notre avis.

Douleur de la mer

De Vanessa Redgrave.

Une séance de courts métrages

À boire et à manger mais c’est assez normal le genre veut ça.


et enfin nous avons eu la chance de voir aussi…

Confident Royal

De Stephen Frears.

Un clas­sique dans le genre des films britan­niques. Que tous ceux et toutes celles qui aiment Down­ton Abbey se préci­pitent !

Tout cela en 5 jours ! Pas mal les sœurs !